Abel, Deut. med. Wochensch., 1892, n
5. Straus et Gamaleia, Con/?*t6t/<ion à Cétude du poison tuberculeux. {Arch. de méd. expérim.y 1" novembre 1891, n» 6.)
DE l'Évolution de la tuberculose. 3
la présence de leucocytes et de cellules épithélioïdes. Avec elles se trouvaient les bacilles tuberculeux qui se coloraient parfaitement par la méthode d'Ehrlich ; les cellules géantes étaient absentes. Des résultats analogues ont été obtenus sur les cobayes et les chiens par Tintroduction de bacilles tuberculeux morts dans leur sang. Par Tintroduction intrapéritonéale des bacilles tués chez les cobayes, les lapins et les chiens on déterminait aussi Fapparition des tubercules ; mais elle était plus tardive et restait limitée au péritoine.
L'injection sous-cutanée chez les cobayes de bacilles tués avait pour effet la formation d'un abcès qui s'ouvrait en dehors, mais n'avait qu'une faible tendance à se fermer.
Ces savants arriventjaux résultats suivants :
l' Les bacilles tuberculeux morts introduits dans l'économie animale, y persistent très longtemps, conservant leur aspect et leur faculté spécifique de coloration. 2** Ces bacilles étant morts gardent une grande partie de l'action pathogène des bacilles vivants. Ils provoquent notamment la formation de tubercules, la caséification, l'amaigrissement progressif des animaux, la cachexie et la mort. 3"" Les bacilles morts provoquent les lésions tuberculeuses uniquement à l'endroit de leur introduction et ces lésions ne se généralisent pas comme il arrive avec les bacilles vivants. 4° Les poisons tuberculeux sont intimement|liés aux corps mêmes de bacilles.
Ces recherches si importantes et intéressantes démontrent' que pour lutter contre l'infection tuberculeuse il faut avoir un moyen qui puisse non seulement tuer les bacilles mais encore neutraliser en même temps les substances qui se trouvent dans leurs cadavres.
On pourrait croire que dans la tuberculinc de Koch nous possédons un pareil moyen. Mais les expérimentateurs ne peuvent jusqu'à présent arriver à des résultats concordants en ce qui concerne l'influence de cette substance sur la tuberculose provoquée chez les animaux par les bacilles vivants. D'une part, on croit que la tuberculine est un moyen certain contre cette tuberculose, d'autre part on affirme qu'elle n'a pas d'action favorable chez les animaux.
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Ainsi, par exemple, Dônitz* en injectant les produits tuberculeux dans la chambre antérieure du lapin a observé que les phénomènes inflammatoires s'établissaient dans Tœil vers la fin de la 3* semaine et que vers la fin de la 4* semaine apparaissait le pannus; plus tard les masses tuberculeuses trouvaient leur issue en dehors et Tœil se ramollissait. Mais, dès que Tauteur mettait les lapins infectés sous l'influence de la tuberculine, une réaction plus forte locale et générale avait lieu ; le pannus se développait très vite. Avec le traitement ultérieur Tinflammation de Tœil se modérait, la cornée devenait plus transparente, les tubercules de Tiris diminuaient de volume et disparaissaient. Dônitz est arrivé aux résultats suivants : 1** La tuberculine estun moyen de guérison sûr et certain contre la tuberculose provoquée dans Tœil du lapin. 2"* La tuberculine fait apparaître son influence alors seulement qu'on trouve déjà dans l'œil des tubercules microscopiques (?). 3° Le premier effet de la tuberculine est une forte inflammation transitoire de l'œil . 4° Plus tard, sous l'influence delà tuberculine l'inflammation de l'œil se guérit. S*" Si avant le début du traitement l'œil ne présentait pas des lésions graves, on peut conserver la vue; dans le cas contraire l'œil s'atrophie, ô*» La tuberculine doit être employée à doses croissantes, afin de provoquer toujours une réaction notable. La meilleure dose initiale de la tuberculine est, d'après Dcinitz, 0^%003 ; puis on répète tous les trois jours l'injection en augmentant la dose : 0«',005; 0^,007; 0^01; O^SOIS; 0^',02; 0»^03; 0^04; etc. Mais l'auteur n'indique ni la dose maxima, ni la durée du traitement.
Klebs * a trouvé que la tuberculose intra-péritonéale et inlraoculaire déjà très manifeste est ralentie sous l'influence de la tuberculine ; les bacilles se multiplient moins activement et les éléments du tissu tuberculeux retournent à l'aspect de cellules normales. La môme influence favorable sur le développement du processus tuberculeux était observée pour la tuberculine
1. Dônitz, Uefier die Wir/cung des TubercuUns auf die experhnentelle Augentuberculose des Kaninchens . [Deuis. med. Wochen., 1891, n» 47.)
2. Klebs, Ueber die Wirkung des Koch*schen Mittels auf die Tuberculose der Thiere, (Verhandi. des Congres, f. in Medicin, 1891.5
DE l'Évolution de la tuberculose. s
purifiée deKlebs^ou la« tuberculocidine ». Sous son influence, la tuberculose subissait une métamorphose régressive et ne pouvait plus être décelée qu'au moyen du microscope.
Le travail très complet de Pfuhl * mérite une attention particulière.
Dans ses expériences'sur le traitement des cobayes tuberculeux Pfuhl n'a pas eu des résultats aussi brillants que Dônitz et Klebs, mais il conclut néanmoins que la tuberculine a une action favorable sur la tuberculose. Pfuhl inoculait les cobayes sous la peau du ventre par de petites parcelles de culture tuberculeuse. Il se formait à l'endroit de l'inoculation un abcès qui s'ouvrait et donnait issue à un pus caséeux. L'ulcère provenant de l'ouverture de l'abcès ne guérissait jamais sans traitement et persistait jusqu'à la mort de l'animal. Simultanément avec l'ouverture de l'abcès les glandes abdominales s'enflaient, la fièvre se déclarait, les animaux maigrissaient et la mort arrivait, en moyenne, au bout de neuf semaines après l'infection. L'autopsie démontrait que l'endroit infecté ne s'était pas cicatrisé, les poumons étaient attaqués légèrement, mais le foie et la rate avaient subi des lésions tuberculeuses très prononcées. Quant aux animaux qui avaient reçu une ou plusieurs grandes doses de tuberculine, ils survivaient de plusieurs semaines à ceux qui n'avaient pas subi de traitement. Traités par de petites doses de tuberculine, les animaux ne vivaient pas plus longtemps que les animaux qui servaient de contrôle, mais aussi ils ne mouraient pas avant ces derniers.
Les doses de tuberculine de 0*^,001 données tous les deux jours sont inutiles, mais employées tous les jours elles ralentissent le développement de la tuberculose. A l'autopsie des animaux traités par de telles doses, l'auteur a observé que le processus tuberculeux dans les poumons était plus prononcé que chez les animaux de contrôle, mais l'endroit d'infection était cicatrisé et le développement de la tuberculose dans le
1. Klebs, Die Behandfung der Tuberculose mit Tuberculocidin. {DeuL med, Wochens,, 1891, n<» Ao.
2. Pfuhl, Beilrag zur Behandlung tuberculôser Meerschweinchenmit Tuberculinum Kochii. (ZeiUchr, f. Hygiène u. Infectionskrankh., 1891, B. II, H. 2.)]
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foie et dans la rate était retardé. Chez l'un de ces cobayes qui a vécu 14 semaines on ne pouvait pas distinguer, macroscopiquement, de tubercule dans le foie, mais la rate cinq fois plus grande que la rate normale était littéralement criblée de tubercules (p. 250).
Pfuhl avait essayé de traiter les cobayes tuberculeux par de petites doses de tuberculine en combinaison avec différents autres médicaments : mais les résultats ne Tout pas satisfait,quoique l'un des cobayes (n** 15, tabl. III), qui recevait depuis le jour de Tinfection 0,0005, plus tard 0,001 ce. de tuberculine et 2 centimètres cubes d'huile d'olive, ait vécu pendant 21 semaines et demie; à l'autopsie on constata une tuberculose interne dans le poumon tandis que dans le foie et dans la rate son développement avait été en voie de régression. Un autre cobaye (n*" 19), qui recevait journellement 0,001 ce. de tuberculine et 0,02 — 0,01 ce. de créosote vécut 17 semaines ; dans ce cas l'autopsie démontra que l'endroit de l'infection était cicatrisé, mais les organes étaient remplis de tubercules. Passant aux grandes doses de tuberculine, Pfuhl les administra à 7 cobayes, dont 3 succombèrent après 9 à 12 semaines après l'infection; 3 autres sont restés en vie jusqu'au moment de la publication du travail (11-16 semaines après l'infection, et l'endroit lésé s'était cicatrisé) et le 7* (n° 4, tabl. V),qui, 14 semaines après l'infection commença à recevoir 0,01 ; 1,0; 0,5 ce. de tuberculine vécut 19 semaines. A l'autopsie on constata que l'endroit lésé par l'infection était guéri, le foie était cirrhotique mais sans tubercules, la rate quelque peu augmentée, les poumons fortement atteints par la tuberculose.
En s'appuyant sur ces données, Pfuhl arrive aux conclusions suivantes : 1^ Le traitement par de petites doses de tuberculine, seul ainsi que combiné avec d'autres médicaments, est inutile. 2" Au contraire les résultats sont très favorables si, en employant la tuberculine, on augmente graduellement les doses et que l'on continue le traitement avec de grandes doses. 3*" Une métamorphose régressive ne survient qu'au moment où la tuberculine provoque une réaction locale. Plus loin Fauteur ajoute que cette réaction ne doit pas être vio-