ANATOMIE PATHOLO6I013E DE LA MALADIE DE BASEDOW
du faisceau que dans sa portion longitudinale. Mais on n'y obserre d'ailleurs pas de tubes en voie de dégénérescence. Les corps restiformes ne présentent pas de lésions.
Obs. VI. — Hug..., âgée de 37 ans, lingère, entrée le 28 janvier 1889, salle Louis, n* 9, à rinfirmerie de la Salpêtrière, dans le service de M. Joffroy.
Réglée à i6 ans, la malade eut à 18 ans une suppression des menstrues qui dura neuf mois. Quelque temps après, elle eut un érysipèle de la face qui fut suivi d'une nouvelle suppression des règles. Celles-ci sont normales depuis l'âge de 21 ans. Un an après l'érysipèie la malade remarqua qu'elle engraissait rapidement, qu'elle enflait; en même temps son appétit augmentait.
« A 23 ans, dit M. Hartmann S qui observa la malade quelques années avant nous, les yeux, au dire de la malade et de sa mère, devinrent très saillants ; en même temps le cou augmenta de volume, fut plus gros qu'il ne l'est actuellement, et la malade eut, chose nouvelle, des accès de palpitations. A quatre ou cinq reprises, elle eut des crises nerveuses avec cris, contorsions, perte de connaissance. En même temps, le caractère changea, la malade devint facilement irritable; à cette époque, dit-elle, elle pleurait pour un rien. Le médecin, M. Grestey, qu'elle alla consulter à deux reprises, la traita pour un goitre exophtalmique. Au bout de quelque temps, l'exophtalmie et le volume du cou diminuèrent, mais à la même époque elle fut prise d'une grande faiblesse qui persista depuis. »
Puis apparut une tuméfaction des téguments, localisée primitivementaux pieds et qui progressivement, dansTespace de quelques mois, envahit les cuisses, le tronc, les membres supérieurs et la face. Depuis lors cette tuméfaction myxœdémateuse n'a pas subi de modifications. En même temps la respiration devint un peu plus difficile et la parole se ralentit.
Les fonctions digestives s'accomplissaient normalement, et, à part trois ou quatre crises de petite hystérie qui ont eu lieu dans l'espace de deux années, on ne trouve aucun phénomène saillant dans l'évolution de la maladie*.
État delà malade à son entrée à la Salpétriére. — Le faciès est bouffi et hébété. Les yeux sont sans expression; les paupières font autour d'eux des bourrelets saillants; la paupière supérieure surtout est fortement proéminente. Le nez est épaté, déprimé à la base. La bouche est tombante, les lèvres et les oreilles épaisses, le menton court
i. Hartmann, Observation de myzœdème. (France médicale , 17 et 19 juin 1884, p. 867 et 881.)
2. D'après des renseignementâ complémentaires qui nous ont clé. obligeamment fournis par M. Hartmann, la pression artérielle, mesurée par M. Fr. Franck, était inférieure de 4 ce. de mercure à la normale.