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ÉTUDE DE LA TUBERCULOSE ÀVIAIRE CHEZ LE LAPIN

été sacrifié au bout de quatre mois, Tautre succomba après cinq mois; à Fautopsie on a trouvé dans la cavité abdominale un grand abcès bacillaire; les poumons étaient anémiques, le foie et la rate atrophiés. L'examen histologique des organes a donné des résultats négatifs; dans la rate on a constaté l'accumulation du pigment hématogène. Deux autres lapins ont été inoculés sous la peau du dos. L'un d'eux a péri au bout de cinq mois et demi ; on a constaté un abcès bacillaire à l'endroit de l'injection et l'atrophie de tous les oi^anes internes, dont l'examen histologique est resté négatif. L'autre lapin périt en dix mois, et Tautopsie a révélé à peu près les mêmes phénomènes. D'après Maffucci le tubercule produit chez le lapin par le bacille de la tuberculose aviaire se compose d'une masse caséeuse sans cellules géantes autour de laquelle se disposent les cellules épithélioïdes; à la périphérie de ce foyer siègent un nombre peu considérable d'éléments lymphoïdes ; les bacilles y sont très nombreux.

Dans son livre sur l'inflammation, Metchnikoff^ affirme qu'avec les bacilles de la tuberculose aviaire on peut rapidement provoquer les phénomènesde laformation de tubercules. Cet auteur dit qu'après l'injection de bacilles de la tuberculose aviaire dans les veines des lapins, animaux, comme on sait, très sensibles à cette bactérie, au bout de quelques jours, il se produit déjà des tubercules microscopiques qui peuvent servir de type pour ce genre de formations. Dans le foie les cellules tuberculeuses, épithélioïdes et géantes, se forment uniquement aux dépens des éléments phagocytaires, c'est-à-dire des grands leucocytes mononucléaires et des cellules étoilées de Kupffer, de provenance endothéliale.

Sur la proposition de M. Metchnikoff, nous avons entrepris à rinstitut Pasteur l'étude du développement du tubercule produit par les bacilles de la tuberculose aviaire, en prenant pour objet d'étude la cornée du lapin (infectée au moyen d'injection directe) et le rein (infecté au moyen d'injection intraveineuse). Le but de ces recherches était de déterminer aux dépens de quels éléments se forme le tubercule ; ainsi, les cel-

1. Leçons sur la pathologie comparée de rinflammation. Paris, 1892, p. 189»

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Iules épithélioldes se forment-elles aux dépens des cellules fixes des tissus, qu des éléments leucocytaires, ou enfin de tous ces éléments ensemble?

Dans deux séries d'expériences comprenant plus de trente lapins, nous ne trouvions pas de tubercules dans les organes infectés au bout de quelques semaines après Tinoculation. N'ayant pas pu nous convaincre de l'avantage de la tuberculose aviaire en fait de rapidité d'évolution du processus tuberculeux, nous avons choisi pour nos études principales le développement du tubercule provoqué par les bacilles de la tuberculose humaine. Les méthodes et les résultats ont été exposés dans notre mémoire récemment paru dans ces Archives (novembre 1892).

Plus tard nous sommes revenus sur la tuberculose aviaire de l'œil (cornée, chambre antérieure, iris, corps vitré) et du rein, en appliquant les mêmes méthodes d'expérience dont nous nous sommes servi dans l'étude du développement de la tuberculose humaine. Les résultats que nous publions maintenant compléteront notre travail précédent.

Nous répartissons les expériences en deux séries, à la description desquelles nous passons maintenant.

A. PREMIÈRE SÉRIE d'eXPÉRIENC ES

{^ Dix lapins ont été inoculés dans le centre de la cornée sur un œil et dans la périphérie de cette membrane sur l'autre. Le mode d'inoculation était le suivant : Au moyen d'une aiguille stérilisée (en forme d'une lance), on faisait deux à trois piqûres superficielles dans la cornée ; puis, en frottant, on y faisait pénétrer un petit amas de culture.

2^ Vingt-cinq lapins ont reçu 0,5 ce. d'une faible émulsion de culture dans le sang (injection intraveineuse, veine de l'oreille).

Les premiers jours après l'infection de l'œil on voyait une hyperémie peu considérable de la conjonctive; plus tard cette hyperémie disparaissait complètement. Les contours des piqûres devenaient indistincts ; autour d'elles se formait un trouble circonscrit de la cornée ; puis cette affection cor-

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