LA MÉTHODE ET LE BUT
L'étude singulièrement large et approfondie que Luciani et Seppilli ont intitulée : Introduction à la méthode expérimentale et clinique des centres fonctionnels du cerveau^ est une véritable logique inductive, contenant les. règles directrices et les lois fondamentales que doivent suivre, dans l'état actuel de la science, les diverses méthodes expérimentales, l'observation clinique et l'interprétation des phénomènes qui servent de base à la doctrine des localisations cérébrales. Ces règles ou critères, au nombre de cinq, ont souvent pour objet de permettre de distinguer les vrais phénomènes de déficit des phénomènes collatéraux ou d'arrêt, dus aux lésions destructives de l'écorce cérébrale, soit expérimentales, soit pathologiques. Voilà, en effet, le premier problème à résoudre. Tant qu'il n'a point reçu de solution, au moins approximative, il est impossible de déterminer la fonction d'une partie quelconque du cerveau. Car si la méthode d'excitation expérimentale de l'écorce, si les lésions irritatives du cerveau réalisées par les maladies peuvent fournir des indications d'une grande valeur, la méthode expérimentale de destruction de l'écorce, ainsi que les lé-
sions destructives de la maladie, ont seules la valeur nécessaire etsuffisaute d'une preuve suivie de contreépreuve. « Les effets de la destruction (ablation) peuvent seuls décider de la nature fonctionnelle d'une aire excitable », écrivaient Luciani etTamburini,eu 1878, dans leur premier mémoire \'
Mais, si ce problème est ici posé dans les termes mêmes de Golts^, il s'en faut bien qu'il reçoive une solution identique. Inutile de signaler, une fois pour toutes^ l'indépendance et l'originalité scientifique des travaux des auteurs italiens dont on expose ici les doctrines. Ainsi Luciani critique les diverses définitions des phénomènes de déficit qu'a données Goltz, Le caractère de persistance attribué à ces phénomènes ne lui parait pas toujours avoir été exact. Dans les cas de lésions corticales unilatérales^ ou même de lésions bilatérales peu étendues, les phénomènes paralytiques de déficit s'amendent et finissent par disparaître, aussi bien que les phénomènes irritatifs collatéraux ou d'arrêt, de nature transitoire. Dans les cas de lésions étendues bilatérales du cerveau, il existe, il est vrai, des phénomènes de déficit qui persistent durant toute -la vie, mais ils ne conservent pas toujours la même intensité : ou ils s'atténuent ou ils s'aggravent. Aussi Goltz a-t-il défini ainsi lui-même ces phénomènes : Ci Par phénomènes de déficit, j'entends le minimum des troubles qu'on observe, en quelque temps et en quelque cas que ce soit, après une lésion déterminée du cerveau. » (V^ Mém., 1884.) Luciani n'est pas encore satisfait de cette nouvelle définition. Le pby-
• ftir. speiim, di fren,, IV (1878), p. 2b^.