LES PONCTIONS DU CERVEAU
miner les centres corticaux K » Les conditions requises pour l'application légitime du critère, telles qu'elles sont nettement indiquées dans ces paroles, sont ainsi énumérées par Luciani et Seppilli : 1** Les observations sur lesquelles porte la comparaison doivent, pour être régulières^ se rapporter à des cas cliniques comparables entre eux à tous égards ; 2^ les lésions rencontrées doivent occuper la même région de Técorce, être superposables au moins en partie, pour pouvoir déterminer le territoire de la lésion minima^ commun à tous les cas particuliers et représentant le centre de la fonction cherchée ; 3^ enfin, il est nécessaire de connaître exactement, dans chaque cas particulier, le cours entier de la maladie, et de savoir si celle-ci a été d'assez longue durée pour qu'on soit certain que la paralysie ou la perte absolue de la fonction du centre considéré était vraiment permanente^ qu'elle ne dépendait pas de phénomèmes collatéraux^ que toute compensation ou suppléance était impossible, et qu'elle n'était point la suite de dégénérations secondaires.
Les cas cliniques de Cbarcot et de Pitres remplissentils ces conditions? Les monoplégies pures d'origine corticale n'ont-elles point la valeur que ces auteurs leur attribuent dans ces paroles mémorables : « En comparant entre elles un nombre suffisant d'observations de ce genre, on doit arriver à déterminer sur le cerveau de l'homme la topographie des centres moteurs corticaux avec autant de précision que cela pourrait être fait sur les animaux par la méthode des
* Chai'cot et Ptlres. Etudes cHligue$ et cliniques de la doctrine^ p, 55.
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vivisections. » Au dire de Luciani et de Seppilli, les cas de monoplégies faciales (et linguales), brachiales et crurales rassemblés par les auteurs français n'auraient point cette portée, c'est-à-dire qu'ils ne répoudraient pas à tout ce que postule le critère des lésious raiaima avec phénomènes de déficit au maximum. D*abord ils ne seraient pas toujours comparables entre eux; la terminaison fatale est survenue souvent après peu de jours ; la marche de l'affection a été souvent obscure; tout enfin conduirait à admettre que la perle des fonctions motrices volontaires n'a atteint le décoré de paralysie observé que par une complication des phénomènes collatéraux. Bref, la tentative d'édifier une doctrine physiologique des centres moteurs de l'écorce sur le critère des lésions minima soulèverait les mêmes objections que le critère des cas négatifs et positifs d'Exner. Avec les méthodes d'Exner, les sphères fonctionnelles sont trop étendues, avec la méthode de Charcot elles sont trop étroites. Il résulte de tout cela, que, pour la détermination, au moins approximative, de ces centres, les observations cliniques auraient moins de valeur que les expériences physiologiques sur le cerveau du singe.
Les études cliniques ont toutefois une importance capitale pour l'interprétation des phénomènes subjectifs qui accompagnent, chez les animaux, les lésions de l'écorce cérébrale. En outre, les maladies du cerveau sont souvent des merveilles d'analyse, qui disjoignent et isolent les différents éléments physiologiques d'une fonction. L'observation exclusive des animaux en expérience est incapable de révéler de pareils faits au physiologiste : il lui faut l'aide et l'appui