DU MAXILLAIRE INFÉRIEUR
PAR
Le D' Emile LBORAIN
Uactinomycose est une atlectioa banale, et si j'appelle l'attention sur le dernier cas que j'ai observé, c'est que les observations d'actinomycome polykystique du maxillaire inférieur sont encore très peu nombreuses. De plus, en raison de l'indocilité de ma malade, qui^ comme tous les indigènes, était incapable de se soumettre à un traitement régulier et long, les lésions ont atteint un degré tel que, sauf le cas de Ducor, il n'en existe guère d'autre semblable dans la littérature médicale.
Tout d'abord, Tactinoraycose n'est pas rare en Kabylie, où je l'ai rencontrée en 1892 et signalée l'année suivante à la Société de dermatologie. Depuis, j'ai eu l'occasion d'en voir une dizaine de cas, dont deux d'actinomycome kystique. J'en ai également observé plusieurs cas chez les Bovidés du pays.
La fréquence notable de l'actinomycose en Kabylie peut s'expliquer par la promiscuité des bétes et des gens dans les gourbis où ils vivent pêle-mêle. D'ailleurs, la notion de la contagion de l'animal à l'Homme existe chez les indigènes, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer (1).
La malade qui fait l'objet de cette communication a été suivie par moi, très irrégulièrement d'ailleurs, pendant cinq ans.
Dès le début, j'ai fait le diagnostic d'actinomycome à forme kystique du maxillaire inférieur et j'ai publié la photographie de la première phase de la maladie dans mon précédent travail (2) ; je
(1) E. Legrain, Sur quelques afleclions parasitaires observées en Algérie. Archives de Parasitologie^ I, p. 148, 1898. (t) Loco citalo, p. 157. tig. 3.