‹ Archives de parasitologie (volume 3)Chapitre 110 sur 127 · DEUX CAS DE BOTRYOMYGOSE OBSERVÉS A ALGER · texte numérisé non relu

DEUX CAS DE BOTRYOMYGOSE OBSERVÉS A ALGER

sur les préparations que j*ai jointes à ma communication, montre qu'il s'agit de Cocci, soit isolés, soit encore réunis deux à deux, ou en grappes. Ces Cocci restent parfaitement colorés par la méthode de Gram.

Observation II. — Quelques semaines plus tard, le 12 mai 1901, j'avais l'occasion d'examiner un nouveau cas.

Il s'agit d'une femme maltaise âgée de 62 ans, n'exerçant plus aucun métier ; la malade n'a pas eu de contact direct avec des Equidés. Elle raconte qu'elle s'est blessée, il y a environ trois semaines, avec une écharde de Roseau, et qu'il lui est survenu un « mal blanc » à l'extrémité du doigt piqué, le pouce de la main gauche. Quelques jours plus tard, en cette même place, apparaissait la tumeur sur laquelle elle désire attirer notre attention (fig. 2).

Cette tumeur arrondie, de la grosseur d'une aveline, est un peu pédiculée, surtout en haut; la chose est moins nette à sa face inférieure ; l'épiderme forme collerette au pourtour; un peu plus bas, on remarque une saillie en forme de plateau ; au centre du néoplasme, un petit pertuis donne un peu de pus bien lié.

Ablation séance tenante, à l'aide d'une pince et d'un bistouri ; sérieuse hémorrhagie en nappe ; cautérisation de la surface d'implantation à la teinture d'iode, pansement épais, compressif , main mise en position élevée dans une écharpe.

La tumeur assez dure, rougeâtre (2), est portée immédiatement à mon laboratoire.

Elle est élastique, arrondie ; nous la cautérisons dans une place et nous y enfonçons une aiguille en platine, qui nous permet de faire nos cultures.

FIg. 2.

(1) C'est à peine si la coloration a été un peu plus marquée au centre de la traînée tsnlolde, le long d'une sorte de relief en marquant le milieu. «-^

(2) Volume à part, elle présente les mêmes caractères que la tumeur rencontrée dans la premlèi*e observation.

Archivés de Parasitologie, IV, n« 4, 1901.

5di J. BRAULT

Uneou deux préparations sont (ailes avec le raclage de la tumeur; on n'y rencontre d'ailleurs que des Mîcrocoques tantôt isolés, tantôt plus ou moins agminés. La pièce est ensuite fixée parle Flemming. La malade, revue plusieurs semaines plus tard, n'a pas eu de récidive (1).

Examen histologique et bactériologique. — Au point de vue de la structure, la tumeur recueillie dans cette deuxième observation est très sensiblement analogue à celle que nous avons décrite dans notre premier cas. Nous devons toutefois faire remarquer que, plus jeune, elle contient l>eaucoup moins de corps mûriformes, ainsi que l'on a pu en juger sur la préparation annexée à l'observation, lors de notre communication à la Société de chirurgie. En dehors des corps mûriformes, on voit également par endroits, mais rarement, des Cocci plus ou moins disséminés.

Cultures. — Comme dans le premier cas, les cultures, absolument identiques, sont très pures.

Gélatine. — Liquéfaction lente, petits grains isolés en boule, le long du trait de piqûre, pellicule à la surface, liquéfaction un peu en forme de calice, mais sans que ce caractère soit d'une netteté parfaite.

Bouillon. — Trouble d'abord, s'éclaircit au bout de quelques jours, dépôt au fond du tube.

Gélose. — Cultures à la température du laboratoire (20*), poussent très lentement. A l'étuve, culture rapide et étendue.

Pas de changement appréciable quand on inverse le milieu thermique.

Pommje de terre. — Belles cultures, arrondies, jaunes, rappelant par leur couleur celle de la Sarcine orange ; pas d'odeur spéciale.

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