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MÉDECINS DE L*ARMÉE DE TERRE

Il n'est nullement hors de propos de comprendre aussi dans notre étude les médecins de l'armée de terre. En principe, ils doivent rester soit en Europe, soit en Algérie et Tunisie; mais les anciennes expéditions de Chine et du Mexique et celles plus récentes du Tonkin et de Madagascar suffisent à montrer qu'en fait ils ont l'occasion de servir dans des contrées lointaines. Il en est précisément ainsi à l'heure présente, puisque l'armée de terre

prend part à Texpédition de Chine au même titre que l'armée coloniale. 11 en est de même encore en Algérie et en Tunisie, puisque ces deux régions, y compris les territoires qui s'étendent jusqu'au Touat et au Tchad, relèvent exclusivement du Service de santé de la guerre.

I^s médecins militaires sont donc fréquemment appelés à servir dans la zone tropicale ou subtropicale. Dès lors, nous sommes en droit de nous demander s'ils ont jamais reçu, au cours de leurs études, un enseignement spécialisé de médecine exotique. La réponse est facile : ni à la Faculté de médecine de Lyon, ni à l'Ecole du Service de santé (à Lyon), ils n'ont suivi de cours théoriques, pratiques ou cliniques, portant sur les maladies des pays chauds. En revanche, un enseignement de celte nature leur est donné à l'Ecole d'application du Val de-Grâce (à Paris). Le cours des maladies et épidémies des armées comprend 13 ou 14 leçons qui portent sur la pathologie générale des contrées tropicales et sur les grandes maladies épidémiques ou endémiques (paludisme, dysenterie, peste, fièvre jaune, suette, scorbut). Les conférences d'épidémiologie militaire ont à leur programme une série de démonstrations sur les principaux parasites (Ténias, Trichine, Filaires, Bilharzie, Ankylostome) et sur diverses maladies parasitaires (lèpre, béribéri, dengue, actinomycose, morve, syphilis, rage). Enfin, 24 conférences théoriques et pratiques de microbie, dirigées par un professeur agrégé, sont faites au laboratoire même : elles constituent un cours complet de bactériologie clinique ; on y consacre plusieurs leçons aux maladies des pays chauds (fièvre récurrente, lèpre, choléra, peste, paludisme).

Au Val-de-Gràce, nos médecins militaires reçoivent donc un enseignement épidémiologique et parasitologique assez complet : la haute valeur de cet enseignement saute aux yeux, puisqu'il a été donné tour à tour par des savants tels que L. Colin, Vallin, Keisch, Laveran, Vaillard, qui sont l'honneur de la science française et la gloire de la médecine militaire contemporaine. Néanmoins, l'extension progressive de notre domaine colonial et la plus grande fréquence des expéditions militaires dans les pays tropicaux vont sûrement avoir pour conséquence prochaine une refonte de ces programmes, qui sont déjà trop restreints.

D*UN INSTITUT DE MÉDECINE COLONIALE 4i9

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