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OUVERTURE D'UNE SOUSCRIPTION

Telle est l'œuvre qu'il s'agit de créer dans le plus bref délai : elle est patriotique entre toutes et est la conséquence inévitable des entreprises coloniales dans lesquelles notre pays se lance avec tant d'ardeur.

Forte des encouragements et de l'approbation qui lui sont venus de la presse politique, de la presse médicale et d'un très grand nombre de ses adhérents; soutenue dans son initiative par les vœux si éloquents qui ont été adoptés récemment par les deux grands Congrès internationaux de médecine et d'hygiène, ainsi que par la résolution prise, à la date du 22 novembre 1900, par le Conseil de la Faculté de médecine de Paris, l'Union Coloniale française adresse au public un pressant appel et ouvre une sous-

km CRÉATION A PARIS

rriptîon destinée a recueillir les fonds, sans lesquels l'œuvre projetée ne saurait aboutir.

Toute somme, si minime qu'elle soit et d'où qu'elle vienne, sera reçue avec reconnaissance; les nombreux amis de la colonisation sont priés instamment d'apporter leur pierre à Tédifice, c'est-àdire de nous adresser leur souscription.

Les Colonies recevront désormais des médecins plus instruits et verront leur état sanitaire s'améliorer et leur prospérité s'accroître : elles ne manqueront donc pas d'inscrire à leur budget une subvention annuelle pour notre Institut. C'est à elles que notre appel s'adresse en premier lieu.

Il s'adresse d'une façon toute aussi pressante aux Conseils généraux de tous' les départements et de nos colonies, à toutes les Municipalités de France et des colonies, aux Chambres de commerce, aux Compagnies de navigation, aux Sociétés industrielles ou agricoles, aux Etablissements de crédit dont les relations avec les colonies vont chaque jour en augmentant, ainsi qu'aux favorisés de la fortune et à tous ceux qui veulent la grandeur du pays, le progrès de la science française, l'amélioration des conditions d'existence dans les pays chauds pour nos soldats et nos colons. La presse politique et médicale, qui a accueilli avec tant de sympathie nos premières tentatives, ne nous refusera pas son puissant concours : elle encouragera notre souscription, pour le succès de laquelle elle peut tant.

Le Parlement sera prochainement saisi de la question par M. le Député Etienne : sans aucun doute, il fera bon accueil à la proposition qui lui sera soumise. Mais qu'on sache bien que l'œuvre qu'il s'agit de fonder est grandiose, qu'elle nécessite, tant pour son établissement que pour son fonctionnement régulier, des sommes considérables, et que l'Etat ne peut en assumer à lui seul toute la charge. En pareille matière, les intérêts privés sont engagés d'une façon trop directe pour que les particuliers ou les collectivités s'en désintéressent ou se bornent à donner une approbation platonique.

On est peu habitué en France à fonder, par l'initiative privée, des établissements scientifiques ; on lègue plus volontiers aux Académies des sommes parfois importantes, en vue de la fondation de prix dont le principal, souvent même l'unique mérite est de porter le nom du donateur. Nous croyons sincèrement faire œuvre

Utile en disant que, dans la grande majorité des cas, de pareilles fondations sont éminemment regrettables : ou bien les conditions imposées par le donateur sont inapplicables, ou bien la donation ne répond aucunement aux besoins de la science. Les personnes qui veulent encourager le progrès scientifique doivent savoir qu'il existe à présent des moyens plus efficaces, et que le meilleur usage qu'on puisse faire des sommes auxquelles on attribue une semblable destination est de subventionner les laboratoires, de mieux doter les bibliothèques, de créer des bourses de voyage pour les étudiants et surtout pour les savants déjà éprouvés. Pour nous en tenir à la question des maladies tropicales, il est incontestable qu*on peut faire beaucoup dans nos hôpitaux et nos laboratoires d'Europe; mais il est une foule de problèmes d*une importance capitale, qui sont en intime connexion avec les conditions de Tacclimatement des Européens et de la colonisation, et dont l'étude ne peut être poursuivie que sur place.

L'exemple de l'Angleterre, qui doit à Tinitiative privée ses deux puissantes Ecoles de médecine tropicale de Londres et de Liverpool, est là pour nous montrer dans quelle voie nous devons nous engager. En Angleterre même, nous pourrions citer encore T Institut Jenner de Londres, auquel le lord Irlandais Iveagh a donné en 1899 une somme de 6250000 francs. Aux Etats-Unis, ces libéralités sensationnelles sont plus nombreuses et plus saisissantes encore; en voici quelques exemples, que nous empruntons à la Heofée scientifique (1) :

Donateurs

Institutions

LibêhalitAs

.1. D. Rockefeller Stcphea Gérard Charles Pi-att Johns Hopkitis A. J. Drexel Leland Stanford jun, E/ja Cornell The Vaiiderbllts Scth Low

Université de Chicago Gérard Collège Institut Pratt Université J. Hopklns Institut Drexel Université L. Stanford

— Cornell . — VanderbUt

~ de Columbia

46000000 fr.

Ces jours-ci encore, on annonce que M"« Emmons Blaine vient

(1) Numéro du 9 février 1901.

(le donner un million de dollars (5000000 de francs) à rUniversilé de Chicago.

D'aussi fabuleuses donations sont rares en Europe et ne se voient pour ainsi dire jamais en France, où il y a pourtant encore un grand nombre de millionnaires. Il serait pourtant injuste ée ne pas rappeler ici que la France, bien que tard venue dans cette voie des libéralités universitaires, a déjà à son actif plusieurs fondations de la plus haute importance, en particulier l'Institut Pasteur de Paris et l'Institut Pasteur de Lille.

I/Institut parisien a été fondé par une souscripti<Mk nsrilonale, qui a permis de recueillir une somme d'environ 3000000 de franco Des donations considérables sont venues à diverses reprises s'ajouter à cette première somme : une nouvelle souscription de 2000000 environ, pour la fondation du service de la sérothérapie; un legs de 2500000 francs fait par M™« la baronne de Hirsch, en vue de la ctmstruction de l'Institut de chimie biologique ; une somme énorme, dont le montant n'a pas été officiellement connu, donnée par une personne anonyme, en vue de la création de l'hôpital pour les maladies contagieuses ; une somme de 100000 francs, donnée par M">® de Maillefer pour assurer le service de la consultation externe à ce même hôpital. J'en passe, et des meilleures.

L'Institut Pasteur de Lille a été créé grâce à une souscription exclusivement limitée aux deux départements du Nord et du Pas-de-Calais ; ce magnifique établissement a reçu en outi*e de s<in directeur, M. le Prof. Calmette, un don particulier de 250 000 francs.

Enfin, l'Université de Lyon créait récemment l'œuvie des (( invitations internationales de savants », grâce aUx libéralités de M™« Azoulay, d'Alger.

De tels exemples ne montrent-ils pas que les Français savent, eux aussi, porter intérêt aux institutions scientifiques? Ne nous autorisent-ils pas à compter sur la générosité bien entendue de nos concitoyens? C'est donc en toute confiance que nous leur demandons de répondre à notre appel et de nous envoyer Unir souscription.

Un compte spécial, portant le n» 43.330, est ouvert dès maintenant au CoMPTom National d'Escompte de Paris, 14, me Bergère, au nom de I'Institut de médecine coloniale (efi formation).

Les sommes souvscrites peuvent élre versées : 1® à l'adresse

cî-des$ui>i ; 2® dans toute succursale du Comploir national d'Escompte ; 3^' entre les mains de M. le Président de l'Union Coloniale française, 44, rue de la Chaussée d'Antin, à Paris ; 40 entre les mains de M. le docteur Pupin, Secrétaire de la Faculté de médecine, à Paris.. Les listes de souscription seront publiées périodiquement dans les journaux politiques.

Les souscripteurs sont priés, en efiFectuant leur versement, d'indiquer s'ils entendent verser une somme une fois pour toutes ou s'ils ont l'intention de donner une cotisation annuelle. Une pareille décision serait particulièrement bien accueillie, puisqu'elle assurerait à l'Institut des ressources permanentes.

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