‹ Archives de parasitologie (volume 3)Chapitre 92 sur 127 · MANIFESTE · texte numérisé non relu

MANIFESTE

La France a, depuis vingt ans, conquis un domaine colonial considérable. Quelques-unes des maladies qui sévissent sur ces territoires, dont les climats sont si divers, n'existent pas en Europe. Par suite,^ les modes de leur transmission et de leur traitement sont mal connus des médecins appelés à les traiter.

La responsabilité de la France est moralement engagée vis-à-vis des populations qu'elle a placées sous son autorité et vis-à-vis des Français qui s'expatrient pour mettre en valeur ces régions nouvelles. La prospérité de leurs entreprises est intimement liée à la préservation de leur santé et de celle des indigènes. Enfin, les colons, à leur retour, rapportent en France les germes de maladies tropicales, dont les noms figurent à peine dans nos traités de médecine.

Les savants français, Pasteur, Calmette, Yersin, etc., ont spécifié les germes d'un grand nombre de ces maladies d'origine microbienne; Laveran a déterminé l'agent. des maladies paludéennes.

Ce sont les peuples étrangers qui ont bénéficié de ces découvertes. Grâce au concours des Compagnies coloniales et de navigation, grâce à celui de généreux donateurs, la (irande Bretagne a fondé à Londres et à Liverpool deux Écoles de médecine tropicale. Elles sont prospères et recrutent leurs élèves parmi les étudiants du monde entier; elles font même appel h ceux de la Faculté de Paris.

L'Allemagne a organisé, a Hambourg et à l'Oftice Impérial de Berlin, un enseignement spécial pour les médecins qui se destinent à exercer dans les colonies.

La Faculté de Médecine de Paris considère qu'il est de son devoir de créer cet enseignement. Par la valeur de ses maîtres, par le nombre de ses élèves, elle peut lui donner le développement nécessaire.

Il appartient à ceux que préoccupe la prospérité de nos colonies, si intimement liée à la santé de ses habitants, de réunir les ressources nécessaires pour Fui permettre de mènera bien cette œuvre d'intérêt national.

M. Berthelot, de r Académie Française, Secrétaire perpétuel de r Académie des sciences,

P. Broiiardel, Membre de l'Institut, Doyen de la Faculté de médecine de Paris.

0. Gréard, de l'Accuiémie Française, Vice-Hecteur de l'Université de Paris,

E. Perrier, Membre de rinstitut, Directeur du Muséum d'histoire naturelle.

R. Rorx , Membre de l'Institut . Sous - Directeur de l'Institut Pasteur.

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