CAS DE MYCLTOHE EN TUNISIE
- Se W rôle Jeu
Au centre de la sorte de nid qu'elles forment, se trouvent un ou
plusieurs sclérotes sphéri-
ques dont les dimeasions
varient de30à 300f<.
Le» jeunes sclérotes sont
de couleur paille. En vieillissant, ils brunissent et
deviennent noirs.
Appareils conidiens. —
Plus tard apparurent en
quelques points seulement
et surtout en haut du tube,
dansla partie la plusaérée,
de petites taches gris ver-
dâtre, correspondant à la
formation d'appareils conidiens. Ces appareils conidiens appa rtiennent a u type
à'Aspergitlus à basides rami-
^es dont Cramer a fait le
genre Sierigmaiocysiis |fig. 8). Le conidiophore d'une largeur de 4 p et de longueur assez variable, en général 0, 8 """ se termine par une tête de forme conique de 10 n de large sur iâ u de long.
Le sommet du cône se continue avec le pied, tandis que sur la base arrondie reposent des basides d'une longueurde 8;* sur 3fi de large. Ces basides sont surmontées de 2, très rarement 4 stérigmates, mesurant 4 u sur 2 fi 5. Ces stérigmates portent h leur tour une chaîne de conidies.
Ces conidies sphérîques sont petites. La plupart mesurent 3 fi. on en trouve parfois de i fi ht (i Si. Elles sont de couleur pâle, verdîltre. Leur membrane est lisse ou très finement ponctuée.
Autres CULTURES. — Carotte. — Le meilleur milieu de culture pour obtenir le déve- Archivei de Parasitologie, \, n° 3, 1906. £9
FIg. 6. — Appareil conldieo du Sterigmat cystig nidulans Tai mcoilei. X 800.
460 C. NICOLLE ET PINOY
loppement rapide du Champignon est la Carotte. Les tubes de Carottes ensemencés sont mis à l'étuve k31^. La Carotte ne tarde pas à se couvrir d'un gazon blanc, qui devient assez rapidement jaunâtre. Puis il se forme, sur ce gazon, des taches diversement colorées suivant les régions et suivant aussi la plus ou moins grande acidité de la Carotte. Ces taches sont, au début^ ordinairement grises ou saumon et prennent des teintes rouge brun, rouge pourpre, parfois rouge brique. Ces taches sont formées par les amas d'hyphes, terminées par les sortes de chlamydospores avortées que nous avons décrites. Au milieu de ces amas, plongés là comme dans un nid, sont des sclérotes de couleur variant du jaune pâle au noir brunâtre, selon leur état de développement.
Dans certaines cultures, on peut trouver une évolution des sclérotes vers de véritables périthéces. Il se différencie en eflet une membrane externe. Les épaississements des filaments dessinent une sorte de réseau à la surface de la membrane. Les filaments internes, au contraire, se sont détruits, de sorte que la coque ne contient qu'un contenu granuleux qui bleuit par Tammoniaque.
Nos cultures, en observation depuis le mois de juin 1905, ne nous ont jamais donné la forme ascosporée.
Roseau. — Des fragments de roseau, mis en tubes de Roux, avec un peu d*eau et stérilisés à 120<^, constituent un milieu de culture très favorable pour la production rapide des formes conidiennes à la température de 31^, En moins de 48 heures, le fragment ensemencé se montre couvert des houppes glaucescentes des appareils conidiens.
Pomme de terre. — A 36-37o, la culture débute vers la 48® heure sous forme d'un duvet continu très blanc. Elle s'accroit jusqu'au Séjour environ. Les deux surfaces de la pomme de terre sont alors envahies par un tapis blanc à duvet fin et élevé. Si Ton cherche à prélever une partie de la culture, on s'aperçoit que le duvet repose sur une membrane mince, brunâtre. La pomme de terre, elle-même, a pris une teinte foncée. Ultérieurement, l'aspect de la culture se modifie. Certaines parties d*abord, puis la totalité du tapis duveteux s'affaissent, prenant un aspect sale et grisâtre. En quelques pointsapparaissentdes bouquets gris verdâtre, correspondant aux formes conidiennes. Il arrive parfois que le mycélium reste
CAS DE MYCÉTOME ES TUNISIE 4f)l
Stérile. Ceci arrive fréquemment avec la pomme de terre glycérinée.
Milieu de Sabouraud. — Sur gélose de Sabouraud, Taspectestas sez semblable à celui sur agar au thé de foin glycérine et glucose; Le duvet, d^abord blanc, reposant sur une membrane plissée brunâtre, devient peu à peu jaune, mais presque toujours il reste stérile. Quelquefois on obtient des sclérotes noirâtres entourées d'hyphes renflées.
Gélatine. — Le développement est très faible. 11 n'y a pas liquéfaction.
Milieuxminéraux, — Dans le liquide de Raulin, il n'y a pas de développement. Dans le liquide de Cohn, le développement mycélien n'est pas très abondant et s'arrête sans que le mycélium ait donné de fructifications.
Température de développement, — Ce Champignon se dévelof^pe très bien à des températures comprises entre 22<> et 40». La température optima est de 37<>.
Pouvoir pathogène chez les animaux. — Les inoculations de spores du Champignon, faites au Singe ou au Lapin, sous la peau, n'ont donné aucun résultat. Par l'insertion sous la peau de la patte de petits fragments de Roseau souillés de spores, nous avons obtenu, chez certains Rats, quelques granulations grosses comme des grains de Millet. Ces granulations, observées au bout de trois semaines, renfermaient des filaments mycéliens de 3 à 4 ,a de large, qu'entouraient de nombreux leucocytes mononucléaires. Ces filaments étaient pour la plupart déjà vides; seules quelques ramifications contenaient encore du protoplasme vivant. Si l'on sacrifie les animaux plus tard, on constate que les granulations, au lieu dégrossir, se sont résorbées.
Les inoculations de spores dans la veine de l'oreille chez le Lapin sont restées sans résultat.
Détermination du Champignon. — D'après la morphologie de l'appareil conidien et l'existence de sclérotes' entourés d'hyphes à extrémité renflée, notre Champignon est, sinon identique, du moins très voisin du Sterigmatocystis nidulans Eidam (1).
Ce Champignon, trouvé pour la première fois dans des nids de
<1) Eidam, Cohn's Beiirdge zur Biologie der Pflanzen^ III, p. 392, 1883.
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Bourdons à Breslau, a été rencontré par Siebenmann dans deux cas d'otomycose chez l'Homme (1). Siebenmann lui rapporte également les organismes décrits par Wreden (2) et par Swan Burnett (3) sous le nom d'Otomyces ptirpureus.
Eidam n'a pas décrit dechlamydospores; il faut tenir compte que ces productions deviennent assez rares dans les cultures successives de noire Sterigmatocystis et qu'elles se montrent sur des milieux différents de ceux que le savant mycologiste employait. Lessclérotes, de morphologie très semblable à celle des périthèces décrits par Eidam, ne nous ont jamais donné d'asques. Or Eidam, qui avait pu étudier d'une façon si précise la formation de l'appareil ascosporé dans ses premières cultures de Sterigmatocystis nidulans, a vu les cultures filles ne plus lui donner de périthèces. Des faits semblables sont bien connus chez les Champignons; mais la cause reste ignorée. Les formes conidiennes.de notre Champignon se rapprochent aussi de celles du Sterigmatocystis vcrsicolor, isolé par M«^^® Mirsky (4) de crachats tuberculeux. Le Sterigmatocystis tersicolor a des spores plus grosses (3 u à 3 [x 5). Il n'a donné ni sclérotes, ni périthèces.
Au point de vue biologique, il y a quelques différences avec le St. nidulans d'une part et le St. versicohr d'autre part. En effet, le Sterigmatocystis du Pied de Madura ne pousse pas ou pousse mal sur les milieux minéraux. Dans le liquide de Raulin, où le St. versicolor se développe si bien, il ne donne pas de culture. Dans le liquide de Cohn, on obtient un mycélium qui reste stérile, tandis que sur ce milieu Eidam obtenait toutes les formes de reproduction de son Champignon.
La température optima de développement (37^) est la même que pour le St. nidulans. Au contraire, le St. rersicolorne pousse pas au delà de 35».
Nous avons vu que la variété du St. nidulans du Pied de Madura
(1) Siebenmann, Die Schimmelmykosen des menschlichen Ohres. Wiesbaden,
(2). Wreden, Die Syringomykosis asperjçilliaa in dcn Jahren 1869-73 nach eigencn und fremden Bcobachtungcn bcsprochcn. Àrchiv fiir Augen- und Ohrenheilkunde, III, 1874.
(3) S. Burnett, Otomyces purpureus im meDscIilichen Ohrc. Zeitschrift fiir OhrenheUk. XI, 1882.
(4) B. Mirsky, Sur quelques causes d'erreur dans la détermination des Àspergillus parasites de l'Homme. Thèse de Nancy, 1903.