‹ Archives de parasitologie (volume 4)Chapitre 39 sur 169 · DISCUSSION · texte numérisé non relu

DISCUSSION

M. EvEN. — L exposé que vient de nous faire M. Je Professeur Blanchard est, à tous points de vue, intéressant.

La plante dont il nous a entretenus tend heureusement à disparaître dans la République Argentine, devant les progrès immenses de l'agriculture extensîve, dans les régions où cette Stipa abonde, principalement dans le sud de la province de Buenos-Aires, aux environs de Bahia-Blanco.

Si les accidents rapportés sont exacts, ils ne sont pas les seuls, ni les ;^

plus graves.

Les accidents les plus importants sont causés par la pénétration des fkchiUas dans les canaux salivaires, où ils s'accumulent en masses énormes. Ils forment aussi des plaies sous la langue, de chaque côté du frein, et leur accumulation dans ces points rend difficiles les mouvements de l'organe et la préhension des aliments. Ils s'arrêtent aussi quelquefois dans les diverticula du pharynx, où ils causent des désordres sérieux et des tuméfactions de la région parotidienne.

Ces divers accidents ne s'observent pas seulement chez le Mouton. Ils se présentent sur tous les herbivores appelés à vivre dans la région où croit le Siipa Neesiaiia.

Tout en déterminant de graves dommages à l'élevage, les inconvénients de la flechiUa, bien connus en Argentine de tous ceux qui s'occupent de médecine vétérinaire, ne revêtent pas une importance telle qu'ils puissent être considérés comme une grave calamité.

L'amélioration rapide des pâturages par l'agriculture alternante, méthode très employée aujourd'hui, qui substitue aux herbes indigènes de la pampa, des Graminées ou autres plantes de pâture, plus alibiles, a déjà fait disparaître en partie la flechilla, II est à prévoir que dans un avenir prochain cette plante aura cessé d'exister dans les zones Argentines exploitées en pâturages.

(1) Em. Thiehry, Préjugés rclaUfs aux animaux et à leurs maladies. Almanach de la Gazette du village, Vll, p. 143-153, 11)06; cf. p. 147.

Archives de Parasilologie, X, n» 2, 1906. 13

194 R. BLANCBARD

M. Lavalard. — Ainsi que vient de le dire M. le Professeur Blanchard, la Siipa a été signalée, il y a quelques années, sur des Moutons russes. A la suite d accidents qui s'étaient produits au Marché de la Villetle, par la présence des glumelles d'une Stipa dans les toisons et les chairs de Moutons importés de la Russsie méridionale, le Comité consultatif des épizooties dut étudier les diflérentes espèces du genre Stipa, et il fut reconnu que c'était le Stipa capillata ou tortilia qui avait causé les accidents. Je ne reviendrai pas sur les caractères si bien présentés par M. Blanchard, et qui sont les mêmes que nous avons constatés à Paris, quelles que soient les espèces reconnues.

Dans la séance du 21 janvier 1885 du Comité consulatif des épizooties, le regretté Professeur Proust rapporta l'observation d'un ouvrier des abattoirs qui fut atteint d'une double pustule maligne à la suite de la manipulation de viandes provenant de Moutons russes. L'inoculation avait été produite par la graine d'une Graminée du genre Stipa (Stipa capillata ou tortilia), dont ces viandes étaient littéralement farcies. Le malade, soumis à un traitement antiseptique, a pu guérir.

On reconnut en même temps que les toisons des Moutons provenant de la Russie étaient criblées de ces graines aiguës et barbelées, qui traversent aisément la peau et s'enfoncent peu à peu dans l'épaisseur des muscles.

Quelques animaux succombent, les autres ne trouvent acheteurs qu'à bas prix.

Dans cette même séance, M. Tisserand signala qu'en Nouvelle-Calédonie il se produit un fait analogue, les prairies renfermant une herbe piquante qui traverse la peau, pénètre dans les chairs et s'oppose à l'acclimatation des races étrangères; cette particularité a été signalée par le général Martin des Pallières, il y a une trentaine d'années, alors qu'il était question d'y importer des Moutons perfeclionnés.

Il est probable que, dans ce cas, il était aussi question de la Graminée Slipa,

M. Pion. — Lorsque la Russie, il y a un quinzaine d'années, nous amenait des Mérinos vivants à Marseille et à la Villette, nos collègues de l'inspection de boucherie ont constaté les lésions causées par une Siipa toute pareille.

Les Sociétés vétérinaires en ont été saisies, la flèche a été montrée et décrite. En cherchant dans les journaux de l'époque, surtout dans la Presse de M. Garnier, on trouverait des traces de cette constatation. Je crois nie souvenir y\\xQ la coupable était la Stipa tortilia.

PAR

Professeur à l'École vétérinaire de Toulouse.

Grâce à la bienveillance de M. le professeur E. Ray-Lankesteret de M. le D' W. J. Caïman, j'ai pu étudier Tintéressante collection d'Ixodidés du British Muséum, qui comprend environ 1.825 spécimens. Cette étude m'a fourni d'utiles renseignements sur la répartition géographique des espèces connues et sur les hôtes qu'elles infestent ; ces renseignements seront mis en valeur dans un autre travail. Je ne veux, dans celui-ci, que compléter ce que j'ai déjà écrit touchant la systématique de ces Acariens. Je donne donc la description de quelquesespèces nouvelles et je complète ou rectifie celle de plusieurs autres.

Il reste encore beaucoup à faire pour que ce groupe d'Acariens, si longtemps négligé, soit complètement connu. Des recherches faûnistiques locales en fourniront les éléments. Nombre d'espèces ne sont encore représentées que par un seul des deux sexes et souvent, en ce qui concerne la femelle, par des individus gravides, prêts à pondre, qui sont, par certains caractères, bien différents des femelles jeunes.

Je me permettrai d'appeler l'attention des observateurs sur le mode d'accouplement. Il n'a été constaté jusqu'ici que pour quelques espèces d'Ixodes, où Ton a trouvé le mâle fixé à la femelle par son rostre introduit dans la vulve. En raison de l'homogénéité du groupe, on a pu conclure quece mode de fécondation,où le sperme, pris par le rostre du mâle à son pore génital est introduit dans le pore de la femelle, appartient à toutes les formes d'Ixodidés. Cette conclusion ne me paraît pas certaine. Les doutes que j'éprouve me sont inspirés par les considérations suivantes :

1^ J'ai trouvé plusieurs fois, dans les collections, des Ixodes accouplés, quoique les mâles soient bien plus rares que les femelles,

et encore inconnus dans bien desespëces,tandisquedansles autres genres, tels surtout qu Amblyomma, où les mâles sont parfois très abondants, je n'en ai jamais trouvé d'accouplé parmi les milliers d'individus que j'ai maniés.

2^ Le dimorphisme sexuel, dans Ixodes, intéresse particulièrement l'hypostome» qui est Torgane principal de la réunion copulatrice et est, chez le mâle, comparativement à la femelle, plus court et armé d'épines moins nombreuses, mais beaucoup plus grandes, surtout les postérieures ; tandis que, dans les autres genres, le dimorphisme de l'hypostome est nul outrés peu marqué.

Il est possible que cette différence entre Ixodes et les autres genres ait seulement pour conséquence de rendre la réunion copulatrice longue chez Ixodes et fugace chez les autres genres, ce qui expliqueraitqu'on ne l'ait pas encore observée chez ceux-ci. En tout cas, il y a là un petit problème qui mérite d'être résoluetquine paraît pouvoir l'être que sur les individus vivants et, conséquemment, par les observateurs locaux.

Page 1