Stegomyia calopus (Meigen
Synonymie (d'après R. Blanchard). — Ctilex fasciutus Fabricius, 1903; Wiedemann, 1828. — C. calopus Meigen, 1818. — C. fratcr, C. mosquito Bobineau-Desvoidy, 1827. — C. tœniatus W'iedemdiun, 1828. — C. kounoupi l^ruWé, 1832. — C. annulitarsifi Macquart, 1846. — C. viridifrons, C. formosus, C. excitans, C, inexorabilis Walker, 1848. — C. cxagitans Walker, 18;)6. — C. impatibilis Walker, 1860.
— C. zonatipcs Walker, 1861. — C. BancrofH Skuse, 1888. — C. elegans Ficalbi, 1889. — C. mosquito Arribalzaga, 1891. — C. Rossi Giles, 1899. — Stegomyia fasciatus Theobald, 1901. — S. fasciata Theobald 1901 -, Giles, Neveu-Lemaire, Dyé, 1902.
Bibliographie, — R. Blanchard, Les Moustiques, p. 249.
Description. — Dans les deux sexes : « Thorax brun foncé ou brun rouge avec deux lignes médianes parallèles pâles et une ligne courbe argentée de chaque côté; il existe une autre ligne étroite entre les deux médianes Abdomen noir avec des bandes basales blanches et des taches latérales. Pattes noires avec des anneaux blancs à la base des articles; dernier article du tarse des pattes postérieures d'un blanc pur. » — Theobald (1).
cf. Antennes plumeuses, plus courtes que la trompe. Palpes maxillaires un peu plus longs que la trompe, mesurant 2™»", formés de trois articles, le premier plus long que les deux autres réunis, le second un peu plus grand que le troisième; ce dernier présente quelques poils à son extrémité. Ils sont bruns et couverts en partie d'écaillés, celles-ci manquant sur les parties blanches disposées de la façon suivante: il existe un anneau blanc au milieu du premier article et un autre plus petit à la base du second article ; la base du troisième article est à peine plus claire que le reste. On remarque aussi une touffe d'écaillés blanches à la base des palpes. Trompe mesurant l"»"», 90, brune, plus foncée à son extrémité qui est presque noire, couverte de nombreuses écailles et de petits poils.
Ailes petites, transparentes, ne dépassant pas l'abdomen; leur nervation est la môme que chez la" 9. Balanciers fauves, plus foncés à leur partie renflée.
Pattes annelées de blanc comme chez la Ç . La première paire présente des ongles inégaux dont le plus grand possède une griffe, le plus petit étant simple; la seconde paire a des ongles simples et inégaux, la troisième paire des ongles égaux et simples. Formule unguéalr : 1. 0 --^ 0. 0 — 0,0.
Longueur totale du c/ : 6 '""^, y compris la trompe.
$. Antennes un peu plus courtes que la trompe, mesurant 1"»'", 71; de couleur brune. Palpes maxillaires plus courts que le
(l) Theobald (F. V.), .1 Monograph of ihe CuIicidsB of the World. London, 1901; cf. vol. I, p. 289.
tiers de la trompe, mesurant 0"»*", 47, bruns et formés de trois articles sensiblement égaux, le troisième article est couvert d*écailles blanches. Trompe mesurant i™™,92, brune, un peu plus claire vers sa partie médiane et plus foncée à son extrémité qui est presque noire, entièrement couverte d'écaillés et de petits poils.
Ailes dépassant un peu l'abdomen, transparentes, mais présentant une accumulation d'écaillés vers le milieu de la nervure costale, tie l'auxiliaire et de la première longitudinale. La première cellule submarginale est plus longue et plus étroite que la deuxième postérieure, mais ces deux cellules sont petites; la nervure transverse postérieure est située beaucoup plus près de la basedeTaile que la transverse moyenne, elle en est éloignée d'une distance d'environ une fois et demie sa longueur. La troisième nervure longitudinale se continue dans la première cellule basale, partant du point d'union entre la transverse surnuméraire et la transverse moyenne. Les écailles diffèrent peu de celles des Cukx. Balanciers fauves et bruns à leur partie renflée.
Pattes brunes et en partie annelées de blanc, couvertes d'écailles; hanches fauves; fénmrs blanchâtres à leur base, brunsà leur partie terminale, ceux de la troisième paire sont renflés à leur extrémité; tibias bruns; tarses delà première paire bruns, ceux de la deuxième sont bruns, sauf à la base des deux premiers articles qui ont un anneau blanc peu marqué; ceux de la troisième paire sont brun plus foncé avec une bande blanche à la base des deuxième, troisième et quatrièmearticles; cette bande est plus grande au troisième article (fu'au second, au quatrième qu'au troisième puisqu'elle occupe déjà les trois quarts du quatrième article, enfin le cinquième article est entièrement blanc, sauf au niveau de l'implantation des ongles. Ongles des deux premières paires égaux et possédant chacun une griffe, ceux de la dernière égaux et simples. Formule unguéale : 1. 1 — 1. i — 0. 0.
Abdomen brun sur la face dorsale, avec quehjues écailles blanches basales et des bandes jaunes à l'extrémité apicale des quatre avant derniers segments ; face ventrale également brune avec d'étroites bandes apicales jaunes. Latéralement se trouvent des taches d'un blanc pur, produites par accumulation d'écaillés.
Longueur totale de la Ç : 1^^, y compris la trompe.
Larve à siphon respiratoire court, large et de couleur noire;
ÉTUDE DES CULICIDES AFRICAIiNS 261
tête plus ou moins quadran^ulaire et parfois aussi grande et aussi large que le thorax. (Neveu-Lemaire) (i).
Habitat, — Stegomyia calopus est un des Moustiques les plus répandus à la surface du globe. On le trouve dans le sud de TËurope (Portugal, Espagne, Gibraltar, Italie méridionale et îles voisines), en Afrique (Maroc, Algérie, Egypte, côtes occidentale et orientale), à Madagascar, à la Réunion et à Maurice. On le rencontre en Asie (Palestine, Inde, Indo-Chine, Annani, Japon), en Océanie (partie orientale de l'Australie, Célèbes, Nouvelle-Guinée, Tahiti, Nouvelle-Calédonie), enfin en Amérique, au sud des Etats-Unis (Géorgie, Louisiane, Floride), dans l'Amérique centrale, aux Antilles (Cuba, la Jamaïque, Porto-Rico, etc. ) et dans l'Amérique méridionale (Guyanes, Brésil, République Argentine).
Les exemplaires recueillis par Brumpt proviennent des localités suivantes :
3 9 ont été capturées à Djibouti en février.
4 cf^ et 1 Ç à Ambouli, près de Djibouti, et 1 9 ^ Harar, au mois d'avril (en même temps que St. Briiwp(i).
Bien qu'il n'ait recueilli que peu d'échantillons de cette espèce, Brumpt a constaté qu'elle était excessivement commune à Djibouti.
Observations. — Cette espèce présente d'assez grandes variations dans la couleur et l'ornementation, et Theobald (2) distingue trois variétés :
1» Stegomyia fasciata var. mosquito (Robineau-l)esvoidy, 1827).
2<> Stegomyia fasciata var. luciensis Theobald, 1901.
S^ Stegomyia fasciata var. queenslandensis Theobald, 1901.
Je rappellerai que Stegomyia calopus peut transmettre Filaria Bancrofti et que c'est aussi le Moustique qui joue le rôle le plus important dans la propagation de la lièvre jaune.
2. Stegomyia Brumpti Neveu-Lemaire, 1905 (3). Description. — Dans les deux sexes, couleur générale brun foncé,
(1) Neveu-Lemaire (M.), Description de quelques Moustiques de la Guyane. Archives de Parasilologie, VI, 1902, p. 16-20.
(2) Theobald (F.V.), loco cilato, I, p. 297.
(3) Neveu Lemaire (M.), Mission du Bourg de Bozas. Description d'une nouvelle espèce de Stegomyia recueillie par le D' Brumpt à Harar. Bulletin de la Société zoologique de France, XXX, 10 janvier 19ft'î, p. 8-11.
H. NKVEU-LEMAIRB
presque noire. Télc brun foncé, avec quelques écailles blanc d'argenl sur la ligne médiane el autour des yeux. Thorax hrua foncé, avec trois taches circulaires d'un blanc pur, situées dorsalement de cbaque côté de la ligne médiane (lig, 14). Abdomen brun foncé, avec des écailles argentées sur le bord des anneaux el des taches latérales blanches. Pattes noires, annelées de blanc à la base des articles du tarse ; le dernier article du tarse des pattes postérieures entièrement blanc (flg. 15).
d*. Antennes plus courtes que la trompe, très plumeuses, à l'exception des deux derniers articles qui sont presque glabres et allongés. Palpfs ma~iillaires un peu plus longs que la trompe "et formés de trois articles ; le premier, plus long que les deux autres réunis, présente un anneau blanc en son milieu ; le second et le troisième sont annelées de blanc il leur base. Les parties foncées sont presque noires et recouvertes, ainsi que la trompe, de nombreuses écailles brunes. Ailes petites, dépassant à peine l'abdomen ; les écailles son! plus foncées sur la nervure costale que sur les autres. La première cellule Riib-marginale, ou fourchette antérieure, est plus longue et plus étroite que la deuxième cellule postérieure ou fourchette postérieure ; la nervure transverse postérieure est plus près de la ba,se de l'aile que la Iransverse moyenne.
Pâlies noires et annelées de bhinc. Les fémurs présentent une étroite hiinde blanche, oblique, située vers leur tiers inféiieur ; les tibias présentent une bande blanche, plus large Si la troisième paire qu'aux deux premières, vers leur tiers supérieur. Aux deux premières paires de pattes, les arlicles du tarse ont un anneau blanc à leur base, et ces anneaux deviennent de plus en plus étroits h mesure qu'on se rapproche de l'extrémité, le dernier article est même entièrement noir. A la dernière paire de pattes, la disposition est inverse ; la bande blanche s'élargit à mesure qu'on se rapproche de l'exlréniité et le dernier article du tarse est complètcmeni blanc (lig. 17).
ÉTUDE DES CULIClDIiS AKRICAINS S63
GéDéralemenI les oiigles sont inégaux et munis d'une grifleaux
Fl({. 15. — Stegomyia Brumpti, cf et Ç , deux premières paires de pattes; ils sont égaux et l'un est simple
tandis que l'autre porte une griffe à la troisième paire, disposition indiquée par la formule suivante : 1. 1 — 1.1 — 1.0. Mais cette formule n'est pas constante. A la seconde paire de pat-
Fig. 16. — Stegomyia Brumpti^ ongles du cf ; I, à la i" paire de pattes ; II, à
la 2' ; III, à la 3'.
tes, certains individus présentent deux griffes à Tongle le plus développé et l'on a : 1. 1 — 2. i — 1.0.
Enfin chez d'autres individus, ce sont les ongles de la troisième paire de pattes qui varient et l'on observe parfois deux ongles égaux munis chacun d'une griffe : 1.1 — 1.1 — 1.1, ou deux ongles égaux et simples : 1. 1 — 1. 1 — 0. 0. La figure 16 représente ces différentes dispositions.
Longueur totale du d^ : 5'""\5, y compris la trompe.
Ç . Antennes plus courtes que la trompe. Palpes maxillaires plus courts que le tiers de la trompe comprenant trois articles sensiblement égaux. Trompe très foncée et recouverte d'écaillés brunes.
Ailes plus grandes que celles du cf, dépassant l'abdomen; les nervures sont disposées comme chez le çf, mais on trouve des écailles plus foncées à la base et sur plus de la moitié de la longueur de la nervure costale, ainsi qu'à la base de l'auxiliaire et de la première longitudinale.
Pattes noires avec des anneaux blancs disposés comme chez le cf. Les ongles sont égaux et portent chacun une dent aux deux pre-
miëres paires de pattes; ils sont égaux et simples à la dernière (fig. 17). La formule unguéale est donc : 1. 1 — 1. 1 — 0. 0
Longueur totale de la Ç : 7"^°», y compris la trompe.
Diagnose différentielle. — Deux autres espèces de Stegomyia pré-
in
Fîg. 17. — SiegàmytaBnliupti ; I, pàlle et ongles de la 1" paire ; II, patte et ongles de la 2^ paire ; III, patte et ongles de la 3' paire.
sentent des points blancs^sur le thorax, ce sont : S. îSigeria Tlieabald, 1901 et S. st/jfrï5(VViedemann, 1828). Mais le premier présente
seulement deux taches blanches, le second quatre, tandis que S- Brtimpti en présente six parfaitement nettes. Il est donc impossible de le confondre avec les deux espèces précitées.
Habitat — Les exemplaires rapportés par le D' Brumpt sont au nombre dç 8, dont 6 cf et 2 Ç , plus quelques débris. Us proviennent d'Harar et ont été récoltés au mois d'avril.
Observations. — Stegomyia Brumpti se trouve à Harar en compagnie de Stegomyia calopus. Ces deux espèces ont été capturées à l'état larvaire, et les adultes, que j'ai examinés, proviennent de l'élevage de ces larves. Malheureusement toutes celles-ci s'étant métamorphosées, je ne puis en donner la description.