III. — Sous-famille des Aêdein
Cette sous-famille comprend les Moustiques, dont les palpes maxillaires sont beaucoup plus courts que la trompe, aussi bien chez le mâle que chez la femelle.
Les Aëdeinœ ne sont représentés dans la colletion du D' Brumpt que par un seul exemplaire mâle, appartenant au genre Aëdeomyia.
Genre Aédeomyia Theobald, 1901.
Le genre Aëdeomyia se distingue facilement de tous les autres Aëdeinœ par la forme et la dimension des écailles de Taile. Ces écailles sont grandes, très nettement visibles à la loupe, et ont une forme en étendard, comme les écailles de laile des Mansonia,
L'unique exemplaire rapporté par Brumpt est le type d'une espèce nouvelle, à laquelle je donne le nom A' Aëdeomyia africana, pour rappeler son habitat.
Aédeomyia africana nova species.
Description, — Il s'agît seulement du d^, la 9 n'ayant pas été capturée. Coloration générale brun foncé. Tête brune sur les côtés, à écaillure jaune pâle sur la nuque. Antennes brunes, plumeuses, sensiblement plus courtes que la trompe, formées de 15 articles, dont les 2 derniers sont renflés ; touffe d'écaillés à la base de chaque antenne. Trompe plus longue que la tête et le thorax réunis, écailleuse, de couleur brun foncé, avec un étroit anneau blanc vers le milieu; les palpes labiaux qui la terminent sont jaune clair. Palpes maxillaires très courts, beaucoup plus courts que la trompe, brun foncé et recouverts d'écaillés qui empêchent de compter le nombre des articles dont ils sont formés (fig. 25).
Thorax brun foncé sur le dos et sur les côtés, avec de nombreuses écailles jaune clair sur le mésothorax. Ailes densément squa-
Archives de Parasitologie, X n« 2, 1906. 18
M. NEVEU- LEHAIAE
nieuses, écailles em étendard, comme celles des Mansonta, bien qu'un peu plus petites (fig, 26) ; ces écailles sont réparties sur toutes les inirvures sauf en quelques points ; elles sont plus foncées sur la cijstale, le long de laquelle il existe quatre interruptions ; le sommet des fourchettes est également glabre ; le bord marginal présente deux sortes d'écaillés : une rangée d'écaillés en étendard.
FIg. 15. — A'édroiiiyia africann , lAte du iS-
disposées régulièrement mais manquant lii oi!i se terminent les nervures longitudinales, et une rangée de longues écailles filiformes plus claires aux points d'intersection des nervures longitudinales. La nervation de l'aile est semblable à celle des AhUx llij. 27). Pattex brun foncé, parsemées d'écaillés blanches, ce qui leur donne un aspect tigré; touffe décailles foncées au sommet des féinui-s ; tarses annelés de blanc, aux trois paires de pattes, surtout à la troisième, dont le dernier article est entièrement blanc. Firmule v.ntjuéaie ; 1.0 — 1.0 — 0.0.
Abdomen brun foncé, à peine annelé, quelques écailles jaunes à la base des premiers anneaux.
Longueur totale : im™, ij, y compris la trompe.
ETVDE DES OULlCIDES AFRICAINS
Diagnose différentielle. — Aedeomyia africana se difléreQcie très netlement des trois autres espèces d'Aëdeomyta actuellement connues. Chez Aë. squamipennin (Arribâlzaga), la trompe préseote deux étroits anneaux blancs et les palpes sont blancs au sommet ; chez Aë. remislipes (SkuseK les pattes sont cerclées de blanc et non tigrées; endn chez Aë. americana Neveu- Lemaire, les pattes sont brun foncé et ne présentent aucune tache blanche.
Habitat. — Brumpt a recueilli cette espèce au centre de l'Afrique, à Doufilé, durant le mois d'octobre.
Observations. — Aedeomyia africana n'est pas la seule espèce de ce genre qui vive en Afrique; on a également rencontré au Soudan Aë. squamipennis, mais cette dernière espèce est encore répandue en Amérique du Sud, dans l'Inde, la presqu'île de Malacca et à Ceylan. Les autres Aedeomyia n'ont jamais été observés en Afrique : Aë. venustipei^ est une espèce australienne et Aë- americana provient de la Guyane.
Klg, 26. — Aëdeomyiaafricana, écailles de l'aile.
RÉPARTITION DES CULICIDES SVR L£ CONTINENT AFRICAIN ET DANS LES ILES VOISINES
Après avoir étudié la remarquable collection du D' Brumpt, il
Fig 27 — iedeoiiiy ta africana, jiledroito du !f. it semblé intéressant de réunir les différents matériaux relatifs
à la distribution géographique des Culicides africains et d'en donner une liste aussi complète que possible.
Après le nom spécifique nous indiquons le nom de Fauteur qui a décrit l'espèce et la date de cette description, puis toutes les fois que nous le pouvons, nous donnons le nom des personnes qui ont capturé les Moustiques.
Les noms spécifiques précédés d'un astérisque (*) sont ceux des espèces qui n'ont encore été rencontrées qu'en Afrique ou dans les lies voisines; les noms qui ne sont pas précédés de ce signe sont ceux des espèces plus disséminées à la surface du globe et que l'on rencontre à la fois en Afrique et dans d'autres parties du monde.
Lorsqu'une espèce est particulièrement abondante dans une localité, son nom est écrit en caractères gras.