Amblyomma LONomosTiiE (C. L. Koch
Cette espèce ma fait passer par des tergiversations diverses. Tant que je n'ai eu en mains que des femelles, je les ai rattachées au genre Amblyomma. L'examen du mâle m'a fait admettre ensuite qu'il y avait lieu de ranger celte forme parmi les Hyalomma, et
c'est ce que j'ai fait dans mon V' mémoire (}fém. de la Soc. ZooL de France, XIV, p. 315, 1901). Je m'y étais décidé, après hésitation, en considération des plaques chitineuses qui se trouvent à la partie postérieure de la face ventrale du mâle.
Mon hésitation tenait à plusieurs raisons. Hyahmma œgyptium oi H. syriacum, qui constituent à peu près exclusivement leur genre, appartiennent à l'ancien continent; H. longirostre serait le seul représentant de ce genre dans l'Amérique, qui est, au contraire, riche en espèces d'AmWj/omma. Déplus, H. longirostre, si caractérisé spécifiquement que Koch en avait fait le genre Hœmalastor, reproduit dans ses traits essentiels le faciès des Amblyomma, 11 est vrai que Koch ne connaissait que la femelle et qu'il l'avait mal vue. Elle a si bien le caractère des Amblyomma que, avant d'avoir reçu des spécimens mâles, j'ai décrit l'espèce, d'après des individus d'âges très différents, sous les noms d' Amblyomma giganteum et A, avicola. De plus, sentant combien les affinités sont grandes, même après avoir rattaché ce type aux Hyalomm/i, j'ai, pour éviter des embarras trop grands de détermination, fait entrer mon H. longirostre dans le tableau synoptique des Amblyomma' 9. Le seul caractère qui justifierait le rattachement de l'espèce aux Hyalomma, c'est la présence, à la face ventrale et dans la région circumanale du mâle, de plaques chitineuses qui rappellent celles de H, œgyptium et H. syriacum et celles des Rhipicephalus.
Une revision des types m'a amené à reconnaître que, dans l'espèce américaine et contrairement à ce qu'on voit dans les Hyalomma, ces plaques chitineuses ne sont pas apparentes dans les individus jeunes et ne le deviennent que chez les sujets de grande taille. Même chez ceux ci, elles ne sont jamais saillantes, jamais libres par leur bord postérieur; elles adhèrent par toute leur étendue à la face ventrale, et elles y sont le plus souvent difficiles à distinguer. De plus, elles sont accompagnées, en dehors de ce qui correspondrait aux écussons accessoires, de deux autres plaques, l'une à droite et l'autre à gauche; de sorte que Ton peut voir en ceci l'accentuation d'un caractère qui se trouve déjà indiqué dans un Amblyomma non douteux. A, Geayi. C'est ce que j'avais fait remarquer (4« Mémoire, p. 315).
En tenant compte de la physionomie Amblyomma de l'espèce en question, de son origine géographique, de la signification ambiguë
(les plaques ventrales du mâle, il me parait aujourd'hui plus logique de rattacher l'espèce au genre Amblyomma, sous le nom de A. longirostre fKoch).