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Argas Latreille

Des deux genres de la sous-famille des Argasinae, seul le genre Argas est représenté en France. Le corps des Argas est aplati, à contour généralement ovalaire, rétréci en avant ; les bords sont minces et presque tranchants. Les téguments sont chagrinés par des plis irréguliers en zigzag et portent les petites cupules d^s insertions musculaires, disposées radialement autour de l'ouverture génitale. Tous les Argas sont dépourvus d*yeux.

Les OmifAorforws Koch (second genre de la sous-famille) ne vivent pas en France ; ils diffèrent des Argas par leur corps à bords épais, leur tégument mamelonnéet la présence de plis et de sillons à la face ventrale, correspondant aux lignes d'insertions musculaires.

Argas reflexus (Fabricius).

Le corps ovale, largement arrondi en arrière, est rétréci en avant. La surface dorsale, plane à l'état normal, se surélève légèrement

Fig. 10. — Argas reflexus face ventrale.

lorsque l'animal est gorgé de sang. Tout autour du corps se trouve une bordure mince à plis radiés (fig. 1 et fig. 10).

Les cupules des insertions musculaires forment des lignes rayonnantes, dont une médiane impaire dans la moitié postérieure du corps, accompagnée de chaque coté de six autres séries alternativement longues et courtes. Vers le milieu du corps, deux séries se dirigeant latéralement, une en avant, l'autre en arrière ; à la partie antérieure deux autres lignes légèrement^ incurvées en dedans. Entre ces principales cupules d'insertion s'en trouvent un grand nombre d'autres plus ou moins grosses, disposées irrégulièrement.

Les peritrèmes sont en croissant allongé transversalement. Rostre relativement court, large dans son ensemble. Hypostome arrondi en avant, avec quatre rangées de fortes dents à son tiers antérieur. Palpes recourbés sur le rostre à l'état normal, pourvus de longs poils (fig. 6). Pattes à hanches contiguës plissées; tarses de toutes les pattes pourvus d'une bosse subterminale.

Dimensions. — Mâle 4"*™, femelle S à S^^,

Habitat.— L'ilr^a^re/Iearus vit principalement dans les pigeonniers et les poulaillers, où il attaque de préférence les jeunes Oiseaux. Quoique ce parasite ne soit pas considéré comme rare, on ne le rencontre pas fréquemment ; il paraît vivre surtout en Auvergne et dans le Plateau Central. Quelquefois très abondant dans les pigeonniers mal tenus, les Argas peu vent devenir un véritable fléau, car, par leurs saignées répétées, ils épuisent et tuent les jeunes Pigeons.

Argas vespertilionis (Latreille) .

Cet Argas n'est connu que par sa larve et sa nymphe. Le corps est à peu près régulièrement circulaire chez la nymphe, et ovalaire chez la larve.

Fig. 11. — Tarse d'Argas reflexus.

Habitat. — Cette espèce, mal connue et provisoire tant qu'on n*en connaîtra pas l'adulte, vit en parasite sur les Chauves Souris (Vesperugo, Plecotus, Myotus^ Rhinolophus).

Izodinae.

Chez les Lrodinae le rostre est terminal; il est encastré par sa base dans un écusson dorsal rigide (fig. 2 et 3). Les palpes sont formés de quatre articles ; le premier est assez réduit ; le deuxième et le troisième plus grands sont creusés d'une gouttière à leur face interne ; le quatrième tçès court est logé dans une dépression subterminale du Fig.i2.-Tar8ed'Hya- troisième et joue le rôle d'un organe tactile lomma syriacum (fj„ 4 ^^ 5, l^ ^^jg^ ^gg chélicères porte deux avec sa caronculo, " , . ^ ^ '' ^

vue de côté. apophyses, une interne et une externe. Les

pattes sont à peu près égales; le tarse présente

une fausse articulation et porte à son extrémité une caroncule

en forme de ventouse, située à la face inférieure des ongles (fig. 12

et 13). Les téguments sont coriaces, élastiques et ornés de fortes

stries onduleuses et parallèles ; ces téguments sont

renforcés par un écusson rigide dorsal, accompagné

souvent chez les mâles d'écussons ventraux.

Les stigmates, situés plus postérieurement que chez

les Argasinae, s'ouvrent en arrière des hanches de la

quatrième paire de pattes, au milieu d'un péritrème

Fig.i3.--Tar- à aspect généralement réticulé. L'orifice génital mé-

86 d'Hya- ^jj^jj occupe une situation plus ou moins antérieure,

lomma sy- '^ ^

nacumavec comprise entre les hanches des trois premières paires

sa caron- ^j^ pattes; il est formé par une languette chitineuse

cule, vue de '^ .V

face. chez les mâles,tandis qu'il s'ouvre librement au dehors

chez les femelles. Deux sillons musculaires constants partent de cet orifice et se dirigent en divergeant vers l'extrémité postérieure du corps.

Le dimorphisme sexuel est très prononcé. Le mâle, presque toujours plus petit que la femelle, est entièrement recouvert par Técusson dorsal, sauf sur le bord postérieur du corps, qui est laissé plus ou moins à découvert. Ce bord marginal est généralement divisé en onze festons (fig. 3). La face ventrale présente chez plu-

sieurs genres des écussonschitineux (fig. 15, 2i, et 34). Les dimensions du mâle sont fixes; c*est à peine si, au moment de Taccouplement, son abdomen se gonfle un peu et fait une légère saillie inférieure.

La femelle à jeun n*est guère. plus grosse que le mâle ; son écusson dorsal, plus petit que celui du mâle, atteint à peine le milieu du corps de l'animal; mais lorsque la femelle est gorgée de sang et prête à pondre, elle atteint des dimensions considérables, par suite de l'élasticité de ses téguments. A cet état de pléthore, son écusson qui n'a pas varié de dimension parait proportionellement très petit (fig. 2). Il n'existe jamais d'écussons ventraux chez la femelle ; elle est encore caractérisée par la présence de deux fossettes ponctuées, situéesà la base du rostre(aires poreuses, fig. 18,31, et33).

IL — IxoDEs Latreille.

Le genre Ixodes forme à lui seul, avec ses sous-genres, un groupe isolé parmi les autres Ixodinae. Il est essentiellement caractérisé par les deux sillons anaux, réunis en avant de l'ouverture urinaire, se dirigeant en arrière en divergeant un peu, et par l'absence de sillon médian (fig. 14). Le rostre est long et à base subpentagonale; les yeux font défaut (fig. 18). La face ventrale du mâle est couverte d'écussons : un prégénilal entre le rostre et l'ouverture sexuelle, deux latéraux, un génito-anal entre l'ouverture sexuelle et louverture urinaire et un anal en arrière du précédent (fig. 15 et 17). La face dorsale de la femelle porte trois sillons longitudinaux dans la moitié postérieure ii / de h xa

du corps. nus 9, face ventrale.

Les trois sous-genres des Ixodes sont caractérisés comme suit :

Euixodes : caractères du genre ; palpes creux à la face interne dans les deux sexes ; péritrèmes ovalaires chez le mâle, circulaires chez la femelle.

Eschatoceplialus : pattes ordinairement très longues ; palpes piriformes chez le mâle, claviformes et plats chez la femelle; péritrèmes circulaires dans les deux sexes.

FIg. V6. — Ixodesricinusçf^ face ventrale.

Ceratixodes (ne vit pas en France): palpes à face interne convexe et k extrémité longuement conique chez le mâle, à face interne un peu caniculée et à extrémité renflée chez la femelle.

Euixodes ricinus (Linné).

VIxodesricinus ou redutius est une des formes qui ont été le plus souvent décrites ; il possède, par suite, une riche synonymie.

Mâle.— Le corps est ovale, élargi en arrière ; il mesure 2™™o sur l^^S, de couleur brun roux assez foncé. L'écusson couvre toute la face dorsale, sauf un étroit bourrelet marginal postérieur. Ecusson prégénital un tiers plus long que large ; écusson anal un peu plus long que large, ogival (fig. 15). Le rostre à base trapézoïdale mesure 500 u. : chélicèresIonguesde750iiL,terminéespar un doigt muni de nombreuses pointes ; Thypostome porte de chaque côté une série marginale de six à huitfortes dents, qui, à la face ventrale, sont réduites à des crénelures transversales.

Femelle.— La femelle repue, de teinte blanchâtre ou brunâtre, peut atteindre 11™™ sur 7™™ ; elle porte sur la face dorsale deux sillons musculaires antérieurs courts et trois postérieurs dont les latéraux sont concaves en dedans. L*écusson, relativement petit, est ovale-pentagonal et de teinte brun marron foncé.

Le rostre, plus grand que celui du mâle, atteint 800 f* ; sa base longuement réniforme présente des aires poreuses allongées en travers ; les chélicères, dont les doigts sont fortement dentés, mesurent 1500 jx; Thypostome lancéolé porte six files de dents bien développées. Les pattes, relativement grêles et courtes, sont régulièrement effilées et dépourvues de gibbosité près de l'extrémité du tarse (fig. 16). Les hanches, dont la première paire porte une forte épine rétrograde, presque contiguês à jeun, sont un peu écartées à Tétat de pléthore.

Habitat. — VIxodes ricinus n'est pas rare en France ; on le trouve généralement sur le Mouton, la Chèvre, le Bœuf, moins fréquemment sur le Cerf, le Chevreuil, le Chien et les petits Mam-

Fig. 16. — Tarse dUxodes ricinus.

Fifç. 17. — Txodes hexdgonus çf, face ventrale.

mifères, que parasitent plus souvent les larves et les nymphes.

Euixodes hexagonus (Leach).

Souvent confondu avec l'espèce précédente, il s'en dislingue surtout par une gibbosité très marquée, située à l'extrémité des tarses.

Mâle. —Le corps elliptique, peu élargi en arrière, peut atteindre 4"*" sur 2™°» 3; moins foncé que celui d' Euixodes ricinus, il est recouvert d'un écusson criblé de petites dépressions. Écusson prégénital un peu plus large que long, écusson anal près de deux fois aussi long que large (fig. 17). Le rostre long de 520 ii est à peu près semblable à celui d'Eu, ricinm. L'ouverture génitale, un peu plus antérieure que chez £u. rkinus, s'ouvre à la hauteur de l'espace compris entre les deuxième et troisième paires de pattes.

Femelle. — A peu près semblable à celle d' Eu. ricinus, s'en distingue par son écusson plus losangique (fig. 18) et les sillons anomarginaux à disposition plus ogivale qu'elliptique. Les pattes plus fortes que chez Eu. ricinus sont caractérisées par la gibbosité du tarse (fig. 19). Les hanches de

la première paire de pattes portent également une forte épine rétrograde^ qui s'appuie sur les hanches de la deuxième paire (fig. 20).

Habitat.— Cette espèce très communse trouve princi epalement sur le Chien, le Hérisson, le Lièvre, le Renard, la Fouine, etc. C'est l'une des espèces que l'on trouve le plus souvent sur l'Homme. Les mâles sont assez rares, plus rares même que ceux d'Eu, ricinus;

Fig. 19. — Tarse û'ixodes hexagonus.

Fig. 18. — Écusson cl ros « tre û'Ixodes ricinus ç, face dorsale.

Fig. 20. — Hanches antérieures d*lxodes hexagonus.

au contraire, les femelles et les nymphes sont fréquentes sur les Chiens de chasse, surtout lorsqu'ils ont quêté dans les Genêts et les broussailles.

Variété. — On distingue d'Euixodes hexagonus une variété inchoatus, dont les hanches de la première paire de pattes sont dépourvues d*épine rétrograde. Cette variété parait assez peu commune.

Euixodes frontalis (Panzer).

Mâle. — Inconnu.

Femelle. — Celte espèce, qui à jeun rappelle un peu VEu, rici-

nus, une fois repue est plus courte, plus

ramassée que les espèces précédentes; ses

dimensions peuvent atteindre S"" sur

S"'"'. L*écusson est pentagonal, allongé,

partagé en trois parties par les sillons

cervicaux. Le rostre est à base triangu-

^'^veBd^^od^^^ laire; rhypostome est pointu, lancéolé,

aigu. Les pattes sont relativement courtes

et fortes. Les hanches sont pourvues d'une épine rétrograde située

à Tangle postéro-externe ; la première paire possède par suite deux

épines, une interne forte et longue (comme dans les deux genres

précédents) et une externe supplémentaire (fig. 21).

Habitat. — Cette espèce paraît vivre exclusivement sur les Oiseaux; on la trouve en France sur le Merle, le Crex et quelques petits Passereaux; mais elle paraît assez rare.

Eschatocephalus vespertilionis (C. L. Koch).

Mâle. — Le corps plat ovale mesure 4™™ sur 2™"»7,ilest recouvert par un écusson orné de petits épaississements chitineux, plus ou moins irrégulièrement disposés. L*écusson génito-anal de forme ogivale est tronqué antérieurement ; en arrière, le cadre anal occupe à peu près le tiers postérieur du corps. Le rostre à base quadrangulaire est généralement infléchi perpendiculairement, et par suite peu visible à la face dorsale. Les doigts des chélicères sont terminés par une dent bifide; l'hypostome lancéolé, échancré à la pointe, est réduit à une lame mince et transparente. Les palpes sont piriformes, complètement dépourvus de gouttière latérale. Les pattes grêles sont bien plus longues que le corps et couvertes de poils longs et nombreux (fig. 22).

ANATOMIE ET CLASSIFICATEON DES IXODES

Femelle. — La femelle qui, à Tétat de réplélîon, mesure 8»»™ sur 6™™, a une teinte jaune verdâtre terreux ; l'écusson brun clair est allongé, lancéolé. Le rostre également infléchi vers la face ventrale porte un hypostome aigu lancéolé, couvert de dents longues et nombreuses. Les palpes sontexcavés à la face interne et rappellent ceux de Euixodes ricinus. Les pattes, semblables à celles du mâle, sont toutefois un peu plus courtes (1).

Habitat. — Cette espèce vit exclusivement dans les grottes à Chauves-Souris ; il semble qu'elle ne se trouve que sur les Rhinohphm, à Texclusion des autres espèces; c'est en tout cas sur le i?. ferrum-equinum qu*on a le plus de chance de la récolter.

Fig. 22. — Faites 1 et 4 d'Eschatocephaius vespertilioniscf .

comparées à la longueur du corps de ranimai.

m. — Hyalomma Koch.

Le genre Hyalomma est caractérisé par la longueur de son rostre, la présence d'yeux, et les écussons adanauxdu mâle. Les téguments sont de teinte généralement sombre, quelquefois même presque noirs. A la face ventrale, on remarque un sillon anal, en demicercle ouvert en avant, rejoignant les sillons sexuels, et plus postérieurement un sillon ano-marginal impair (fig. 23).

(1) A côté d*Es. vespertilionis, doit se placer Eschatocephalus flavipes (Koch), dont Neumann n'avait fait qu'un synonyme d'Es.

vespertilionis, les descripUons de Kolenati étant trop insuffisantes pour qu'il soit possible de distinguer ces deux espèces l'une de

l'autre. L'étude d'une femelle provenant du gouffre de Padirac (Lot) nous permet d'affirmer la valeur de l'espèce Es. flavipes . Celle espèce dilTère principalement d'Es, vesperlilionis par la brièveté des articles des pattes

Archives de Parasitologie, XH, n* 2, 1908. 17

Fig. 23. —Hyalomma syriacum ç, face ventrale.

Les Hyalomma se distinguent des deux autres genres exotiques à rostre long : Amblyomma et Aponomma, par la présence simultanée d'yeux et d'écussons ventraux chez le mâle. Les Amblyomma oui des yeux mais pas d'écussons adanaux; les Aponomma n'ont ni yeux ni écussons.

Hyalomma œgyptium (Linné).

Mâle.

Fig. 24. — Écussons adanaux de Hyalomma œgyplium cf.

Corps ovale, plat, mesurant 6 à 7™™ sur 3ro™5 à 5™", recouvert d'un écusson marron foncé, laissant à découvert une petite bordure marginale.La face ventrale blanc jaunâtre porte des écussons adanaux allongés ; étroits; en dehors se trouvent deux autres petits écussons et plus en arrière deux saillies chitineuses(rig. 24). Le bord marginal est divisé en onze festons bien visibles. Les péritrëmes en forme de virgule se prolongent longuement à la partie postérieure.

Femelle. — La femelle, dont la taille peut varier depuis 6 à 7™°» sur S'nraSj usqu*à20°»m(je longsur 18™»° de large, porte un écusson ovale hexagone, à ponctuations nombreuses et inégales. La face dorsale montre deux sillons antérieurs divergents en arrière et trois postérieurs dont le médian est le plus long. Le rostre long de i ^^5 est semblable dans les deux sexes ; rhypostome spatulé,^arrondi en avant où il est finement denticulé,porte dans sa partie moyenne six files de dents régulièrement disposées. Les pattes longues et fortes sont de couleur foncée. Les hanches, grandes, sont très écartées chez la femelle repue; la première paire de hanches est partagée en deux longues épinesdontrexterneestlaplusminceetla plus longue (fig.2o). Habitat. — VHyalomm/i œgyptiumj très répandu dans le nord de l'Afrique, se rencontre couramment sur les Bœufs amenés

Fig. 25 — Hanche I de Hy alomma œgyptium.

et par la forme du doigt des chélicères; elle sera décrite ultérieurement.

d'Algérie et sur les Tortues importées en France. Il est possible que cette espèce, ainsi que la suivante, se soit acclimatée dans le sud delà France, le long du littoral.

Hyalomma syriacum Koch.

Cette espèce est très voisine de la précédente, elle s*en distingue principalement par les caractères suivants :

Mftle. — L'écusson est plus noir, plus bombé à la face dorsale; les écussonsadanaux largesetcourts,sontégalementaccompagnes de deu^ autres petits-écussonsetde deux saillies postérieures, mais moins longues que celles d'H. œgyptium

(fig. 26). Les péritrèmes sont Flg. as. —Écussonsadanaux de Syalom-

, , , . , ma syriacum çj.

moins prolongés en virgule. *

Femelle. — A l'état de pléthore la femelle ne dépasse guère Igmm de longueur; son écusson est moins sinueux et les ponctuations plus rares et plus profondes. Les hanches de la première paire de pattes sont peu profondément divisées en deux épines mousses (fig. 27).

Habitat. — Cette espèce se trouve comme pig. 27. — Hanche i la précédente sur le bétail amené d'Algérie, deHyalommasyriaet principalement sur Testudo mauritanica et T. graeca, qui quelquefois sont couvertes de nombreux mâles.

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