ACTION INHIBITRIGE DU VAGUE SUR L*ESTOMAC
prolongée, la baisse cesse même avant la fin de Texcitation pour faire place à une rapide ascension du levier.
On sectionne le vague gauche. On lie le bout périphérique du nerf. Malgré la section des deux nerfs vagues, les mouvements de Testomac continuent à se produire, mais moins accusés qu'auparavant.
i" excitation du bout périphérique du vague gauche. — Durée : vingt secondes ; baisse, puis ascension anormale du levier.
^ excitation très prolongée. — Mêmes effets.
3^ excitation, — Durée, quarante secondes ; baisse d'une durée de vingt secondes, puis forte ascension du levier.
Conclusion. — En résumé, chez le chien, l'injection de pilocarpine ou de strychnine paraît favoriser la mise en jeu du pouvoir inhibiteur du nerf pneumogastrique sur les mouvements de Testomac. J'ai cherché si d'autres poisons, dont le pouvoir excito-moteursur les tuniques musculaires des réservoirs contractiles est connu, possédaient la même action. Ainsi, j'ai expérimenté avec la nicotine. Ce poison provoque la contraction de l'estomac. Le nerf vague conserve sa propriété motrice intacte avec de faibles doses de nicotine. Sous l'influence de doses plus fortes, quelques centigrammes, il devient inexcitable. Les mouvements de l'estomac cessent de se produire. A aucun moment le nerf vague ne paraît posséder une influence suspensive analogue à celle dont une injection de pilocarpine ou de strychnine provoque l'apparition.
Je n'insisterai pas sur les caractères de l'arrêt provoqué par l'excitation du bout périphérique du pneumogastrique après une injection de pilocarpine ou de strychnine. Ce sont ceux de tous les phénomènes d'inhibition. Ainsi 1q temps perdu qui s'écoule entre le début de l'excitation et celui de l'arrêt des mouvements est toujours considérable. Comme il arrive lors de la mise en jeu du pouvoir suspensif du va^e par voie réflexe, on peut à volonté faire avorter une contraction. Si l'excitation est pratiquée au moment où une contraction a commencé, celle-ci ne s'achève pas comme la précédente.
Un phénomène très remarquable qui se produit à la suite de la décontraction brusque de l'estomac obtenue dans ces conditions, c'est l'énorme contraction qui suit la diminution de tonicité de ce réservoir. Il y a peut-être là quelque chose de comparable à ce qui se produit dans le cœur sous l'influence d'une excitation du pneumogastrique pratiquée dans les conditions habituelles. On sait, en effet, que l'arrêt du cœur est suivi d'une contraction anormale très forte, de telle sorte que, si l'on fait la somme du travail du cœur, on voit que pour un temps donné il reste le même. Sans doute, en ce qui concerne tout au moins l'estomac, le phénomène peut recevoir diverses interprétations et ne pas s'expliquer uniquement par
un effet de compensation dû à l'ajournement de Texcilalion. Il est probable que les excitations du bout périphérique du vague pratiquées à la suite d'une injection de pilocarpine ou de strychnine provoquent des effets combinés. Si Ton admet que le pneumogastrique contient à la fois des filets moteurs et des fibres d'arrêt pour Testomac, on s'explique que ces diverses fibres, si elles sont simultanément excitées, produisent des effets contraires. Si après une injection de pilocarpine ou de strychnine un phénomène d'arrêt se manifeste au début de l'excitation, c'est par suite d'une condition nouvelle apportée par le poison. Cette condition, nous ne la saisissons pas clairement. C'est peut-être simplement l'activité de l'estomac poussée à un très haut degré. La contraction exagérée des tuniques musculaires gastriques rend le phénomène d'arrêt très apparent. Dans tous les cas, il n'y a pas lieu d'êlre surpris outre mesure de celte action si différente du pneumogastrique suivant l'état de l'estomac. Des différences analogues ont été signalées tout particulièrement par M. Gley * en ce qui concerne la glande sousmaxillaire des chiens. Ce physiologiste a observé que, si l'activité de la glande sous-maxillaire est exagérée par la pilocarpine, l'excitation du bout supérieur du nerf vague-sympathique est suivie non plus d'une sécrétion, comme cela se produit dans les conditions habituelles, mais d'un arrêt dont la durée a dépassé une minute dans quelques cas.
Plus particulièrement au sujet de l'estomac Contejean admet, dans un travail récent, que chacun des deux nerfs (splanchnique et vague), à des degrés d'intensité respectifs, agit différemment, suivant que le rései'voir gastrique est au repos ou en mouvement, c'està-dire suivant l'état de réceptivité de l'organe.
Tous ces faits peuvent se comprendre, si l'on admet avec MM. Dastre et Morat que les nerfs de la vie organique constituent des assemblages très complexes de fibres antagonistes les unes des autres. H n'en reste pas moins de grandes obscurités sur les conditions qui permettent de mettre en jeu les unes de ces fibres à l'exclusion des autres.
' Gley, Innervation de la glande sous-maxillaire. Sur la suppression d'actions nerveuses excilo-sécrétoires (Arch. de physiol,^ 1889). • Contejean, Journal de ranatomio et do la physiologie^ 1893.
XYlIl
•iV- . » i" • ,:,