‹ Archives de physiologie normale et pathologique (volume 4)Chapitre 157 sur 257 · LAP · texte numérisé non relu

LAP

Uriaê. Urée.

Minimam

ce 15,1 29,6

oc

MAxiraum

Moyenne

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Ces résultats établissent nettement la suractivité fonctionnelle du rein chez Tanimal et montrent sa nutrition. Il ressort en effet de nos chiffres que le lapin excrète cinq à dix fois plus d*urine que rhomme et, malgré son régime végétal, élimine de deux à quatre fois plus d*urée

Si Ton soumet le lapin au jeûne absolu pendant quarante-huit heures, on trouve encore que sa nutrition est plus énergique que celle de l'homme. Voici les chiffres fournis par deux expériences : on y voit les modifications produites par l'abstinence et celles que détermine la reprise de l'alimentation. Un des faits les plus curieux, c'est que dans les deux cas le taux de l'urée a augmenté le deuxième jour du jeûne.

Liipm A.

Poids.

LAnn B.

Poids.

Urine.

Urée.

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Urée.

gr

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Jeûne....

Mais ce qu'il nous importe surtout do retenir actuellement, c'est que les variations urinaires sont beaucoup plus grandes chez le lapin que chez l'homme et que par conséquent cet animal ne se prête pas bien aux recherches expérimentales sur la sécrétion du rein ou sur la nutrition.

L'élimination de l'urine, chez l'homme, se fait souvent suivant le

VARIATIONS DE l/UHINE. 50^

type tierce, ainsi que M. Lépine l'avait déjà signalé; mais ce type a alterné, dans notre observation, avec le type quarte, comme on peut s'en convaincre en examinant la courbe ci-contre. Il est à remarquer que les variations sont, jusqu'à certain point, indépendantes de Tali-

Trtoé I. — Courbes de Turine et de l'urée d*un homme normal.

mentation; car il n'y a pas toujours eu augmentation de la quantité d'urine, en cyoutant au repas du soir des aliments contenant une grande quantité d'eau et notamment des potages (le sujet n'en prenait pas d'habitude).

L'excrétion de l'urée est plus capricieuse que celle de l'urine ; lesvariations sont souvent parallèles, mais à certains jours les deux courbes suivent une marche inverse.

Si l'on étudie la sécrétion urinaire aux différents moments d'une même joiirnée, on obtient des résultats plus intéressants, parce qu'ils sont plus réguliers.

On peut diviser le nychthémère en cinq périodes ; l'une correspondant au sommeil et s'étendant de minuit à 8 heures du matin ; les autres, durant chacune quatre heures, et correspondant aux seize heures de veille. Dans ces conditions, voici les chiffres qui représentent la quantité d'urine émise par heure.

SOMMEIU

Minuit à 8 h.

TEILLE.

8 h. é midi.

Midi à 4 h.

4h .î^dh.

8 b.l minuit.

Minimum

Maximum •

Moyenne

A s'en tenir à ces premiers résultats, on peut déjà conclure que la sécrétion de Turine suit une courbe assez régulière ; mais il est préférable d'étudier de plus près les variations de la période de veille. Or, aussitôt après que l'homme s'est levé, il se produit une augmentation de la sécrétion; ce résultat ne dépend pas du repas qu'on fait au réveil (250*® de lait) ; car en laissant l'individu à jeun, on observe la même modification. A midi, l'homme déjeune; on recueille ses urines aussitôt après le repas, qui dure quarante-

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Tracé II. — Variations de la sécrétion urinaire aux dilTérentes heures d*une même journée.

cinq minutes et l'on constate que la quantité en est toujours diminuée; pendant l'acte du déjeuner, l'entrée enjeu des sécrétions digestives semble ôtcr de l'eau à la sécrétion rénale; la quantité rapportée à 1 heure tombe, par exemple, de 57 à 53, de 62 à i2, de 51 à 38 centimètres cubes, etc. Après le déjeuner se produit le phénomène bien connu de la polyurie alimentaire, qui atteint son maximum'une demi-heure ou une heure, exceptionnellement deux heures après le repas; c'est à ce moment de la journée qu'on observe les plus grandes variations urinaires.

A partir de 4 heures, la diurèse devient très réguUère, et, de 4 à 8 heures, on ne voit que de légères oscillations; notons seulement

VARIATIONS DE l'uRINE. 505

que de 7 à 8 heures, c'est-à-dire pendant le diner, se produit un abaissement semblable à celui qu*on observe pendant le déjeuner.

Après le diner, se produit la polyurie alimentaire ; or, bien que le sujet ait bu davantage qu'au df^jeunor, la diurèse est moins abondante que le matin ; deux fois seulement sur nos 32 mensurations, nous avons observé un phénomène inverse ; la polyurie alimentaire fut plus marquée le soir. Dans la plupart des cas, la polyurie du dîner ne se prolonge pas au delà de deux heures; à partir de 10 heures du soir, la sécrétion urinaire oscille entre 37 et 38 centimètres cubes, c'est-à-dire qu'elle est légèrement supérieure à la diurèse nocturne, paifois elle lui devient égale et même inférieure; il semble que l'individu devant rester douze heures sans ingérer une nouvelle quantittî de boisson, l'organisme économise et tienne en réserve la plus grande partie du liquide introduit à la fin de la journée.

Ces divers résultats nous ont servi à tracer un diagramme (tracé II) qui montre comment se fait la sécrétion urinaire dans le cours d'unt* journée.

L'urée suit une marche moins régulière; nous avons trouvé comme moyenne 1»',177 par heure pendant le sommeil et l'f^âQâ pendant la veille. De môme que l'urine, l'urée augmente après le lever, mémo lorsque le sujet est à jeun ; elle s'abaisse pendant le déjeuner, présente, au moment de la polyurie alimentaire, une augmentation passagère, puis affecte une série d'oscillations graduellement décroissantes jusqu'au moment du dîner; pendant le repas, Furée diminue comme l'urine, pour s'élever ensuite et retomber à nouveau à la fin de la soirée.

Pour qu'on puisse se rendre [compte de ces varations, nous rapporterons les résultats obtenus dans deux journées qui peuvent servir de modèles; les chiffres indiquent toujours les quantités d'urine et d'urée émise par heure.

A l'état pathologique, l'élimination semble se faire comme à l'état normal, suivant un type tierce ou quarte. Nous rapportons, à titro d'exemples, les courbes obtenues chez trois malades; l'un (A) était atteint de diabète insipide ; les deux autres de néphrite chronique avec albuminurie ; ces deux derniers étaient au régime lacté intégral et se trouvaient par conséquent soumis à une alimentation absolument uniforme. Or, malgré la constance des quantités ingérées, l'élimination présente des oscillations très notables et qui semblent d'autant plus marquées que la polyurie est plus intense ; la comparaison des trois courbes est, à ce point de vue, tout à fait démonstrative; et, chez le troisième malade (tracé III, C), on voit nettement l'augmentation des oscillations, lorsque, sous l'influence du régime, la sécrétion urinaire dépasse la normale.

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