QUELQUES ALTÉRATIONS DU SANG APRÈS LA SAIGNÉE
Par les D'* OIACINTO VIOLA et 0IU8EPPE JONA Assistants k llnstitat pathologique de ruoirersité royale de Padooe (Professeur A. Bonome).
Puiscju* aucun auteur, jusqu'aujourd'hui, n'a, à notre connaissance, porté son attention sur la résistance des globules rouges à se séparer de l'hémoglobine [isotonië) après la saignée, nous nous sommes proposé de faire des recherches à ce sujet.
Pourtant, comme cette résistance variable des hématies ne dépend pas seulement de leur spéciale structure intime (particulièrement de leur âge), mais est aussi en relation directe avec la composition du plasma, par le moyen d'influences intimes et réciproques entre les parties corpusculfiires et liquides du sang, de nature non encore bien définies, nous ne pouvions séparer Tétude de Tisotonie des globules rouges, de celle du sérum; aussi avons-nous dirigé nos recherches vers sa puissance conservatrice envers les hématies, c'est-à-dire V byperisotonie du sérum.
En outre, le rapide passage dans la circulation du liquide plasmatique des tissus après la saignée, nous a paru une occasion très favorable, pour étudier avec évidence et facilité la réaction chimique du liquide qui imbibe les tissus, par le moyen des variations que son rapide passage dans le sang aurait pu déterminer sur la réaction de ce dernier. Nous nous en sommes occupés d'autant plus volontiers, qu'il n'existe, à notre connaissance, qu'une observation de Zuntz à ce sujet, tout à fait insufBsante (1867) *, tandis que la recherche de
* Zar Kenntniss des StoflWechsels im Blute (Ceniralblatt A cf. med, Wiss,, n» 51, p. 8(M).
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Talcalinité du sang avait pour nous cet intérêt spécial, de servir admirablement à compléter nos autres recherches.
Méthode pour T alcalinité. — Nous nous procurons le sang dont nous avons besoin en piquant à travers la peau une veine de Tanimal avec une aiguille-canule ordinaire, et en aspirant exactement dans une seringue la quantité voulue (2 centimètres cubes pour Talcalinité). Cette quantité sera immédiatement mélangée à une solution à 10 0/0 parfaitement neutre de SO*Na*+SO*Mg. Ce mélange, agité longuement à Tair libre, et rapidement centrifugé, donne un liquide incolore, dont l'alcalinité représente exclusivement l'alcalinité du plasma. De propos délibéré nous avons voulu avec notre méthode éliminer dans nos essais l'action des globules rouges, pai^ce que, à notre point de vue, les oscillations alcalimétriques du plasma nous intéressant exclusivement, nous devions avant tout chercher à annuler l'influence de l'hypoglobulie en elle-même sur nos résultats.
Méthode pour Fisotonie. — Nous renvoyons pour les détails de notre méthode à la description que l'un de nous en a déjà donnée «Heurs*. Le sang, aussitôt extrait de la manière décrite ci-dessus, et Bon encore coagulé, est distribué goutte à goutte dans les vingt-cinq solutions de chlorure de sodium qui vont de 0,16 0/0 à 0,64 0/0 (Sa 4 gouttes pour 10 centimètres cubes de chacune). Selon le mode dont se comportent envers elles les corpuscules rouges, on peut les diviser en trois groupes : les uns, en très petit nombre, invisibles encore à l'œil nu, échappent déjà aux premières solutions : résistance maximum. La plus grande partie ne se dissout déjà plus à 0,44 0/0 environ (chez le chien) : résistance moyenne. Une petite partie continue à se dissoudre jusqu'à 0,52 0/0 (ce dont on s'aperçoit quand les globules de résistance moyenne, se déposant, laissent les solutions encore légèrement colorées par l'hémoglobine) : résistance minimum.
Selon toutes probabilités (ce qui a été prouvé par l'un de nous dans la malaria humaine *, et ce que prouvent à l'évidence nos recherches actuelles), cette variable résistance dépend exclusivement de l'âge variable des hématies dont se compose la masse sanguine. Il y aurait à distinguer soit d'un côté, soit de l'autre, un petit nombre d'hématies dont l'un représenterait le « matériel de nouvelle formation » (résistance maximum), l'autre celui de « décomposition » (résistance minimum). Au milieu la presque totalité des globules rouges (résistance moyenne), pour laquelle il existerait comme un continuel avoir d'un côté, un continuel doit de l'autre,
' G. Viola, Alcune note intorno airisotooia det corpuscoli rossi deiruomo in €ondizioni flsiologiche 6 patologiche (Gazzetta degli Ospedali, n* 12, 1894).