EXPLORATION DU CHIMISMB RESPIRATOIRE
problème tout spécial et tout nouveau, à ce qu*il nous semble : exécuter l'exploration du chimisme respiratoire d'un animal en expérience à un moment quelconque de cette expérience, c'est-à-dire déterminer Tintensité actuelle des combustions respiratoires de l'animal en observation. Ce problème répond à un côté jusque-là négligé de l'étude de la respiration. La question se pose souvent de savoir quels sont les effets immédiats et consécutifs d'une condition nouvelle brutalement introduite dans la vie d'un animal et agissant avec une grande puissance : telles l'activité musculaire, l'ingestion des divers principes immédiats alimentaires, l'inoculation d'un virus, etc. Les effets complets de ces conditions ou de conditions analogues ne peuvent être connus que par une série de déterminations équidistantes et assez rapprochées permettant de construire une courbe par points qui devient caractéristique de la condition introduite.
Principe de la méthode, — L'exploration du chimisme respiratoire dans un appareil à ventilation ouverte comme celui que nous avons décrit dans notre premier mémoire exige comme condition indispensable l'uniformité de la ventilation. Si nous supposons cette condition réalisée le principe de la méthode devient très simple : en traversant l'enceinte habitée par l'animal l'air subit des altérations croissantes dont le maximum est atteint au moment où l'atmosphère de l'enceinte a été déplacée par une ventilation d'égal volume. A partir de cet instant la ventilation étant uniforme, la composition de l'air est exclusivement fonction de la respiration et ses changements reflètent avec exactitude toutes les variations survenues dans l'intensité des combustions.
L'ensemble se réduit à un courant régulier et constant sur lequel se jette un affluent à débit variable. A chaque valeur de ce débit répond un régime caractéristique d'altérations que révélerait une analyse dirigée sur une partie quelconque du courant. Explorer le courant, tel est le point de technique à résoudre.
La méthode comporte donc ces deux desiderata : 1* assurer l'uniformité de la ventilation ; 2® intercepter sur le courant d'air de sortie un témoin de ses altérations sans interrompre la ventilation ni changer son débit.
On a vu comment nous avons résolu cette dernière difficulté dans l'appareil représenté dans la figure 1 de notre premier mémoire * et nous n'y reviendrons pas autrement. Quant à l'uniformité de la ventilation elle dépend exclusivement du moteur qui dans notre laboratoire est un moteur à gaz d'une régularité impeccable.
Mais les questions de physiologie qui sont de nature à réclamer
Loc. cit.
638 p. LAULANIÉ.
Texploration à volonté du chimismo respiratoire étant plus faciles à aborder sur les espèces animales de petite taille, nous avons installé pour cet objet un appareil aussi simple que commode et qu'on verra représenté dans la figure 1 . Il comprend trois parties : 1* l'enceinte ; 2* un aspirateur à débit constant; 3* un explorateur. U enceinte n'a rien de spécial si ce n'est sa faible capacité qui mesure 10 litres au maximum. Celle qui est représentée dans la figure sert en mémo temps à mesurer la thermogénèse à l'aide de réchauffement subi par l'air à son passage. Nous exposerons plus tard cette méthode.
Aspirateur à débit constant (A, iiff. 1). — Il est constitué par un vase d'une contenance de 1 ,000 litres et l'uniformité de son débit est assuré par l'annexion d'un régulateur ainsi construit : le vase V communique largement avec l'aspirateur par le tube G. H est surmonté d'un système de poulies P F P* de même diamètre et solidarisées sur le même axe. Sur la poulie P s'enroule un fil auquel est suspendu l'orifice d'écoulement du liquide (0). La poulie P enroule dans le même sens le fil d'un flotteur reposant sur le niveau liquide commun aux deux vases communiquants. Enfin la poulie F' enroule en sens inverse le fil de la masse P'" faisant contrepoids. Lorsque le niveau liquide s'abaisse dans les deux vases pendant l'écoulement, les fils des poulies P et F se déroulent dans le même sens et de la même quantité, de façon à maintenir une distance invariable entre le niveau du liquide et son orifice d'écoulement. La hauteur de chute est donc toujours la même et l'écoulement est par là même uniforme. Nous n'insisterons pas sur les autres détails du fonctionnement de ce régulateur, la légende qui ac€omiiagne la figure suffisant à les rendre saisissables.
Explorateur. — Il est constitué par un gazomètre G garni de glycérine et disposé dans son ensemble comme le récipient R (Sg. 1 de notre premier mémoire). Le tube T dont il est pourvu fait partie du trajet normal du courant T, T, T, mais par la manœuvre des robinets à trois voies r, /•', ce même courant est détourné dans le gazomètre dont il déplace l'air pour y substituer celui qui vient de l'enceinte. Par une manœuvre en sens inverse le courant est ramené dans sa première voie et le gazomètre devient disponible pour une analyse. Il est bien évident que, tant que le gazomètre est placA^ sur le trajet de Tair en mouvement, il est nécessaire de le fixer, sans quoi la cloche serait aspirée par le ventilateur. Le petit frein i remplit cet office. Il est enlevé au moment de l'analyse pour permettre à la cloche de répondre à l'appel de Tendiomètre.
L'appareil étant en marche et le gazomètre étant placé sur le trajet du courant, l'air qu'il contient offre les altérations caractéristiques dç