‹ Archives de physiologie normale et pathologique (volume 4)Chapitre 56 sur 257 · SUR LE POUVOIR OXYDANT DU SANG · texte numérisé non relu

SUR LE POUVOIR OXYDANT DU SANG

ET DES ORGANES Par MM. J.-E. ABEL0U8 et 0. BIARNÈS

(Travail du laboratoire de physiologie de la Faculté de médecine de Toulouse.)

I. — Dans un travail paru dans le numéro de juillet de ces Archives^ nous avons fait connaître les résultats de nos première:^ expériences sur le pouvoir oxydant du sang de quelques animaux vis-à-vis de Taldéhyde salicylique. Ces résultats ont corroboré, comme on a pu le voir, les conclusions de Salkowski qui, contrairement à Jaquet et à Schmiedeberg, affirmait que le sang pouvait oxyder Taldéhyde salicylique quand on se plaçait dans certaines conditions expérimentales (température et oxygénation suffisantes).

Après avoir démontré que ce pouvoir oxydant ne pouvait être attribué ni à Talcalinité du sang, ni à Thémoglobine, ni aux hématies (sérum et sang fluoré), nous avons été amenés à étendre au sang la conclusion de Jaquet, qui attribue les oxydations dans Torganisme à l'activité d'un ferment soluble, d'une diastase oxydante.

Le présent mémoire a pour but de présenter les résultats de nouvelles expériences relatives au pouvoir oxydant du sang et d'un certain nombre d'organes et tissus.

Mais avant d'entrer dans l'exposé des faits, on nous permettra de rappeler une remarque que nous faisions, à savoir : « que le sang des divers animaux ne semble pas posséder au même degré ce pouvoir oxydant. »

C'est cette conclusion que nous nous sommes efforcés de développer et de vérifier par une série nouvelle d'expériences. Toutes ces expériences étaient faites de la façon suivante :

1 kilogramme de sang déllbriné est agité avec 2 centimètres cubes d'aldéhyde salicylique. Il est placé dans l'étuve à 38'' et arténalisé par un courant d'air qui le traverse pendant vingt-quatre heures. Après quoi, on le traite par le procédé que nous avons exposé en détail pour extraire l'acide sahcylique.

196 J.-K. ABELOUS ET G. BURNES.

Voici les résultats obtenus :

1 kîlograninie. Acide salicylique.

Sang de veau G , 1 76

Sang de bouc (âge iueoimu) 0, 114

Sang d'agneau 0,086

Sang de porc (jeune) 0,060

Sang de chèvre (adulte) 0,083

Sang de cheval . traces d'acide salicylique.

Sang de bœuf pas d'oxydation appréciable.

Sang de truie (Agée) idem.

Sang de mouton idem.

En comparant ces résultats, on voit que le pouvoir oxydant est

très variable suivant Tespèce animale et, en second lieu, que le

pouvoir oxydant est surtout net j)our le sang des animaux jeunes, à

une exception près, la chèvre.

II. — A l'exemple de Schmiedeberg, Jaquet a montré que si le sang n'oxydait pas d'une foçon sensible l'aldéhyde salicylique, il suffisait de faire passer ce sang contenant l'aldéhyde dans les vaisseaux d'un organe (poumons, reins, etc.), maintenu dans des conditions de température et d'aération convenable, pour obtenir une quantité notable d'acide salicylique. Jaquet a montré, de plus, (juo les organes broyés et mis en suspension dans le sang ou même dans un sérum artificiel oxydaient l'aldéhyde salicylique. Un résultat analogue était obtenu, alors même qu'on tuait les éléments anatomiques au moyen d'agents physiques ou chimiques appropriés (congélation, dessiccation, acide phénique, sulfate de quinine). Résultat analogue avec des extraits aqueux d'organes. Par contre, une température de iOO°, maintenue pendant quehjues instants, supprimait ce pouvoir oxydant. A la suite de ces résultats, Jaquet (ut conduit à admettre l'existence rl'un ferment soluble oxydant, non encore isolé. Ce fait n'a rien d'extraordinaire si l'on songe que la faculté photogène de certains animaux semble devoir être attribuée aussi à une zymase d'après R. Dubois, et qu'enfin une diaslase oxydante, lalaccase, d'origine végétale, vient d'être signalée par M. G. Bertrand * dans le latex de l'arbre à laque.

Mais ce n'est pas tant l'existence de ce ferment d*oxydation que nous voulons mettre en lumière qu'en chercher la répartition dans l'économie et la question que nous nous sommes posée est la suivante :

Cette propriété oxydante est-eUe disséminée uniformément dans

* ^Société de biologie^ 0 juin 1894.

Page 1