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DE LA MARCHE DE LA TEMPÉRATURE ET DE LA VASO-DILATATION

DANS l'intoxication DIPHTÉRITIQUE EXPERIMENTALE Par MM. J. COURMONT et M. DOYON

(Travail des laboratoires de M. Arloing et de M. Morat.)

Nous avons étudié la marche de la température rectale chez le chien, le lapin, le cobaye ayant reçu sous la peau ou dans le sang la culture filtrée du bacille de Lôfller. Elle présente plusieurs particularités intéressantes, spécialement au point de vue du mode d'action de certains produits solubles microbiens*.

Le liquide employé tuait le cobaye en vingt ou trente heures, à la dose de 1 dixième de centimètre cube injecté sous la peau. En aucun cas nous n'avons inoculé des cultures complètes, contenant des bacilles vivants ou morts.

I. — A. Le cliien survit deux mois et plus à l'injection dans le sang de 1 quart de centimètre cube de poison, et présente des paralysies généralisées, comme on le sait depuis les publications de Roux et Yersin. Sa température rectale monte de 5 ou 6 dixièmes pendant les quinze ou dix-huit heures qui suivent Tinjeclion, puis baisse de 1° environ. Cet abaissement se maintient pendant cinq ou six joui's; ensuite la température redevient normale.

Exp. L (12 décembre 1894). — Chien pesant 9 kilogrammes. Injection dans la veine fémorale droite, de 1/4 de centimètre cube de toxine filtrée le 6 décembre .

iS décembre. Un peu d*abattement. La températui*e rectale est montée de 0«,5.

* CouRMONT et DoTON, Soc. de bioJ,, 2 février 1895.

INTOXICATION DIPHTÉRITIQUB.

2 janvier 1895. Depuis quelques jours : un peu de parésie du train postérieur.

12 janvier. La parésie a gagné les membres antérieurs. Le chien tombe dès quMI veut faire un mouvement un peu rapide. Il est triste et amaigri.

21 janvier, l^es paralysies ont augmenté; l'animal reste couché. La déglutition et la mastication sont devenues presque impossibles. Erection continuelle depuis quatre ou cinq jours. Vaso-dilatation considérable des lèvres et des gencives. La sensibilité est conservée.

23 janvier. Le chien est dans le môme état. Il est sacrifié ^

Voici le tracé de sa température prise deux fois par jour du 12 au 26 décembre (Graphique n® 1).

bre:

cs*^

GRAPHIQUE I (ChUn)

B. Le chien qui reçoit dans le sang une dose plus considérable de toxine (1 à 2**) meurt en quinze heures à deux ou trois jours avec une hypothermie considérable, qui ne commence qu'après une période hyperthermique de quinze heures en moyenne mais s'accentue jusqu'à la mort.

Exp. II. (10 décembre 1894). — Chien pesant 5 kilogrammes. Injection dans la veine crurale di'oitede 1**,5 de toxine filtrée le 6 décembre. Aucun malaise immédiat.

11 décembre. Le chien a été mis au chenil qui jouit d'une température de plusieurs degi'és au-dessus deO*. Vingt-quatre heures après l'injection il est dans le coma, incapable de se remuer, de se tenir sur ses pattes. Il meurt peu après (six heures et demie) avec une température rectale de 28o,8.

I^a marche de sa température rectale est consignée dans le graphique n«2.

Exp. III. (1 janvier 1895). — Chien pesant li»^»,400. A 3 h. 35 m., injection dans la veine crurale de 1®®,5 de toxine, filtrée le 15 décembre.

* Les chevaux immunisés dans le laboratoire du professeur Arloing avec les mêmes toxines, n'ont jamais présenté d'hypothermie. Un d'eux mourut en pleine préparation, également sans hypothermie appréciable (38*). Pendant l'impression de ce mémoire, un cheval dont le sérum est depuis longtemps antitoxique, a présenté de temps à autre un peu d'hypothermie après les injections de toxine.

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