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DS LA

CAPSULE SURRÉNALE DU COBAYE

Par le EK ALCZAIS

(Travail du laboratoire du professeur Livon, de Marseille.)

Les physiologistes connaissent bien aujourd'hui, pour les avoir soumises à de nombreuses expériences, les capsules surrénales du oobaye ^ « Le cobaye est Tanimal de choix, dit Langlois, pour l'étude des fonctions des capsules surrénales chez les mammifères. > Sans parler de la petite taille et de l'innocuité de l'animal, le gros volume des capsules, leur mobilité, leurs faibles adhérences ans reins et aux veines du voisinage, l'insensibihté du péritoine sont autant de conditions favorables pour l'expérimentateur et qui ne laissent au-dessus d'elles pour la commodité de Tablation que le> capsules du rat. Aussi n'y aurait-il que peu à dire après les descriptions anatomiques qui ont été données, quoique la plupart soieiH sommaires, si les auteurs ne s'en tenaient à peu de chose près aux recherches déjà anciennes de Cuvier • quand il s'agit d'évaluer le poids de ce viscère et d'en apprécier la proportion. D faut citer toutefois les pesées faites par Langlois sur le cobaye et un certaui nombre d'autres espèces, chien, cheval, lapin, homme, qu'il a consignées dans sa thèse ou d'autres mémoires avec plusieurs obse^ valions d'anatomie descriptive. L'importance fonctionnelle que le» découvertes récentes ont attribuée à ce petit organe jusque-là meconnu semble légitimer un complément d'études dont la base ^ la dissection de 70 cobayes des deux sexes et de tout âge.

Les capsules surrénales du cobaye sont des corps jaune senn»

* LiiNGLOis, Sur les fonctions des capsules surrénales (Thèse de doetorêt ti' sciences, 1897, p. 26). — Pettit, Recherches sur les capsule surrénales (4ouTd* de VAnatomie, 1896, p. 231).

* Cuvier, Leçons d'anatomie comparée^ t. VUI, p. 682. Paris, 1846.

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assez fermes, situés à la partie supéro-interne des reins. La droite est aplatie et représente une demi-circonférence dont le bord antérieur convexe est plus épais que le postérieur qui est légèrement excavé. Les extrémités sont arrondies, la supérieure est plus étroite que rinférieure. La capsule gauche est allongée, prismatique et triangulaire par Télargissement de son bord antérieur qui forme une véritable face portant à mi-hauteur le bile capsulaire, fente oblique en bas et en dedans qui peut exceptionnellement se diriger en bas et en dehors. L'extrémité supérieure est plus renflée que Tinférieure. A droite comme à gauche, la face externe est excavée pour s'appliquer sur le rein dont la sépare une mince couche de tissu cellulaire lâche qui se charge parfois de graisse à la périphérie de la capsule. Les deux organes chez les sujets gras sont séparés par une traînée jaunâtre. La face interne est plane ou un peu bombée ; à droite, elle porte le hile près du bord convexe.

A la coupe les deux substances, la corticale d'un jaune serin,, la médullaire d'un rouge brun, sont nettement distinctes. La couche corticale, de 1/2 millimètre en moyenne (C. 600 gr.), sur la capsule droite est un peu plus épaisse vers le bord postérieur (1 mm.) ; son épaisseur sur la capsule gauche varie de 6 à 7 dixièmes de millimètre. Sur un cobaye de 250 grammes, elle mesure 1/3 de millimètre à droite, 1/2 millimètre à gauche. Elle forme, à droite vers le milieu du bord concave, à gauche sur l'extrémité supérieure, un pli qui s'enfonce dans la substance médullaire et que traduit à Textérieur une fente peu apparente. Le centre de la substance médullaire est traversé dans sa longueur par la grosse veine qui vient émerger du hile.

Tableau I. — Dimensions des capsules surrénales.

Fœtus 10 centjmèires..

AU niissance

SK^lOO grammes

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des sujets.

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Caps. dr.

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Caps. g.

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Caps. dr.

0,0cm

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Caps, g.

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446 ALEZAIS.

Malgi^é de nombreuses variations individuelles, on peut dire que les deux capsules surrénales du cobaye ont à peu près la même longueur. Quoique là gauche l'emporte généralement un peu sur la droite, il n'est pias rare de trouver, surtout chez l'adulte, au profil de cette dernière> un léger excès de longueur que ne traduisent pas les moyennes du tableau I. Chez le fœtus les autres dimensions sont à peu près égales. Dans le cours du développement, tandis que la capsule droite devient prédominante par la hauteur ou distance qui sépare les deux bords, la gauche l'emporte par l'épaisseur ou distance qui sépare les deux faces et dont le maximum est mesuré à gauche par la partie supérieure du bord antérieur.

La capsule droite siège ordinairement, comme le rein, un peu plus haut que la gauche ; celle-ci répond par son extrémité supérieure à la tète de la 12* côte. Les deux capsules descendent le long de la partie supérieure du bord interne des reins jusqu'à la rencontre des vaisseaux rénaux. La gauche est verticale, la droite est un peu déjetée en dehors par le trajet oblique de la veine cave inférieure qui, au-dessus de l'abouchement des veines rénales, abandonne la paroi abdominale postérieure pour se porter en dehors el en haut vers le foie en s'appliquant sur la partie antérieure de la face interne de la capsule qu'elle masque, en même temps qu'elle incline en dehors son extrémité supérieure. Quoique assez étroits et compliquant sérieusement l'ablation, les rapports de la capsule surrénale avec la veine cave inférieure sont moins intimes que chez d'autres animaux, le lapin entre autres. Par une dissection attentive même sur le vivant, on peut le plus souvent, sauf dans le cas d'adhérences péritonéales secondaires, arriver à séparer sans accidents la capsule de la paroi veineuse contre laquelle elle est seulement appliquée.

Le péritoine tapisse la face 'interne des deux capsules surrénales, leurs bords antérieur, postérieur el supérieur ; il forme en passant sur le rein une légère dépression qui s'accuse lorsqu'on exerce une traction sur l'un des organes en contact. A droite, les rapports avec le péritoine sont modifiés par la présence de la veine cave el du repli hépato-capsulaire. Ce repli antéro-postérieur, qui est un véritable méso-cave, s'insère en haut sur la face inférieure du lobe droit du foie, en bas sur le milieu de la face interne de la capsule, en arrière sur la paroi abdominale près du rachis. Son bord antérieur, libre, contient la veine cave et se prolonge au devant d'elle en un petit ligament triangulaire dont la base se fixe au foie. Sa hauteur mesure un demi-centimètre environ. Il résulte de la présence du repli hépato-capsulaire que la capsule droite n'a que des rapports médiats avec le foie dont la sépare le péritoine; que sa face

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)rne appartient par sa moitié supérieure à la grande cavité périéale, par sa moitié inférieure au vestibule de Tarrière-cavité des ploons. A gauche, il n'est pas rare de rencontrer sur la face ^rne de la capsule des adhérences secondaires l'unissant au itoine qui tapisse le pilier du diaphragme; Des adhérences seconres peuvent également se produire du côté droit et rendre imposle tout essai d*ablation. J*ai rencontré sur un mâle la capsule ite presque entièrement recouverte par le foie qui adhérait rein par le repli hépato-capsulaire. La capsule, enserrée par te soudure anormale, était très peu développée et ne pesait que 085, tandis que la gauche par hypertrophie compensatrice atteiiil0»',290.

Lbelous et Langlois ^ ont signalé sur le cobaye la rareté des •suies accessoires qu'ils n'auraient rencontrées que 2 fois sur I animaux, soit 1 fois sur 70. C'est à peu près la proportion à uelle je suis arrivé. Sur 60 cobayes, je n'ai trouvé qu'une fois, une femelle non gravide, en dedans de la glande principale, IX petites capsules arrondies à gauche et une à droite. }uand on pratique des sections sur des capsules surrénales, trouve parfois à leur surface de petits nodules arrondis formés tissu capsulaire qui sont, à proprement parler, des capsules essoires unies à la glande principale. Je ne saurais apprécier r fréquence. Peutrétre la rareté des capsules accessoires isolées st-elle que relative et due à leur petit volume. Les observations Langlois sur les cobayes intoxiqués pourraient le faire croire, , rendues manifestes par leur hypertrophie, ces glandules lui ont ^aru dans la proportion de 1 fois sur 20.

jes artères de la capsule surrénale sont petites, d'origine mulr e et variable. Elles forment trois groupes phrénique, rénal et tique sujets à de si nombreuses anomalies qu'il est < impossible isigner un type normal au système capsulaire artériel » (Langlois). îz la femelle, l'artère ovarienne m'a paru fournir une artériole 'extrémité inférieure de la capsule, au-dessous de laquelle elle ^ne transversalement l'insertion du ligament large et l'ovaire qui iserve sa situation sous-rénale initiale.

jes veines sont plus constantes, moins nombreuses et de dimenis plus considérables. La veine émergente gauche, longue d'un ai-centimètre (C. 800 gr.), même d'un centimètre (C. 800 gr.), ^ant sur d'autres sujets que quelques millimètres, se dirige en . et en dedans du bile capsulaire vers la veine rénale. Je l'ai vue,

Abblous et Langlois^ Sur les fonctions des capsules surrénales (Arch, de sioLt id92, n* 8, p. 4G5).

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le hile étant dirigé en bas et en dehors, contourner la partie exteroe de Texlrémité inférieure de Torgane pour gagner la veine rénale.

Le plus souvent, elle ramène la totalité du sang qui traverse la capsule; on peut cependant trouver une bu deux autres veinules. L'une d'elles, signalée par Langlois ^, sort de là face antérieure près de Textrémité inférieure et peut se jeter soit dans la veine rénale (Langlois), soit, comme je Tai vu, dans la veine spermatique en s*unissant à une veinule de la capsule adipeuse du rein. L'autre sortait du milieu de la face postérieure et venait se jeter au-dessous de la capsule surrénale dans la veine précédente. A di*oite, la veine émergente est très courte et se jette dans la veine cave sans avoir perdu contact avec la surface de la capsule (Langlois). Elle est assez longue cependant pour recevoir une ligature quand on est arrivé à détacher la capsule de la paroi de la veine cave. Je Tai trouvée double chez quelques sujets ; la veinule accessoire sortait de la paroi capsulaire par un petit orifice voisin du hile et avait Is même trajet que la veine principale. .

Nous avons signalé en 1890 *, chez le chien, la disposition qui s'oppose au reflux du sang de la veine cave dans la veine précapsulaire. Chez cet animal, les veines émergentes très courtes s'ouvrent dans une veine lombaire qui passe sur la capsule surrénale dans une profonde dépression de sa face antérieure. Grâce à l'abouchemènt très oblique de bas en haut de la veine précapsulaire daosla veine cave, le sang retenu par cette sorte de valvule ne peut refluer. Le reflux n'a lieu que du côté droit quand on exerce une pression notable sur la partie supérieure de la veine cave. Nous nous somme» servis de cette disposition pour démontrer que le sang elTérenl de la capsule surrénale avait les caractères du sang artériel. Il suffît en efl'el de comprimer la veine précapsulaire en amont de la capsula ]>our la voir immédiatement rougir en aval. Le sang veineux pariétal étant arrêté, il ne reste dans la veine précapsulaire que le sang de 'organe qui a une teinte rutilante et la composition du sang artériel-

Chez le cobaye, la disposition des veines capsulaires est tout nuire, comme on l'a vu. C'est directement dans la veine cave à droite, dans la veine rénale à gauche, qu'elles s'ouvrent après ua trajet plus long. Leur coloration est foncée, car aucune barrière ne s'oppose au reflux du sang cave ou rénal. Il n'existe de valvule ni a l'embouchure de la veine capsulaire droite dans la A-eine cave, ni a

* Langlois, Thèso ciléo, p. 28.

* Alezais et Arnaud, Sur les caractères du sang efférent des capsules suffcnalcs [Congrès de Limoges^ 1890, et Travaux de physiologie expérimcnUl^ "^ laboratoire du professeur Livon, 1890-91, p. 137).

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l'embouchure de la gauche dans la veine rénale. Du reste» si on' pousse une injection colorée dans letroifcde la veine cave, Je liquide reflue sans peine aussi bien dans la veine capsulaire droite que dans les veines rénale et capsulaire gauches:

Qu&nd on étudie la circulation veineuse de la glande surrénale en arrêtant successivement le sang sur divers points de son trajet, on peut être amené à ne pas constater manifestement ce reflux, surtout si ranimai est affaibli par des pertes de sang pu par le grave traumatisme que nécessite cette observation. Il m*est arrivé maintes fois en pinçant la veine rénale en amont de Tabouchement de la veine capsulaire de constater et de faire constater que cette dernière prenait, ainsi que le segment terminal de la veine rénale, une teinte un peu plus rutilante. La coloration redevenait foncée si on lâchait le vaisseau. Le sang cave n'avait pas reflué et le reflux ne se produisait que lorsqu'on pinçait la veine cave au-dessous du foie. De même, quand on comprime la veiné capsulaire à son émergence, elle^ peut s^affaisser sans que le sang rénal ait tendance à la remplir. Ces faits peuvent s'expliquer par la forte diminution que subit la pression veineuse chez des animaux épuisés. La question anatomique me [mrait jugée par la possibilité de la réplétion de ces canaux veineux par rinjection poussée dans la veine cave. Au point de vue fonctionnel, reflux veineux, mélange ou conservation à Tëtat de pureté plus ou moins complet des sangs de provenances diverses dépendent momentanément, même chez Tanimal sain, des conditions variées de la circulation.

Depuis Guvier on sait que les capsules surrénales du cobaye sont remarquables par leurs volumineuses dimensions ; le paca en posséderait seul d'aussi développées (Pettit). On sait d'autre part, depuis les nombreuses observations de Roux et Yersin, Gharrin et Lauglois*, Roger*, etc., combien ces organes sont facilement impressionnés par les agents infectieux et s'hypertrophient rapidement. On sait peut-être moins bien quelle est, dans les cas de survie, la durée de celte hypertrophie toxique ou. infectieuse qui doit être longue, puisque, à la suite des injections glycérinées de capsules surrénales de veau, Caussade ^ Ta constatée cinq mois après la suppression de loute inoculation. Il est possible que certaines évaluations pon-

' Charrin et Langlois, Soc. de biol., 1893, p. 812; 1894, p. 99; 1896, p. 131. ^ Langlois, Recherches sur l'altération fonctionnelle des capsules surrénales Urch. de physiol., 1807, n* 1, p. 152).

* Roger, Lésions des capsules surrénales dans l'infection pneumobacillaire (5oc. rfc A/o/., 1894, p. 52).

' Caussade, Sur les effets de Tinjection sous-cutanée d'extrait de capsules Surrénales clitz les animaux (Soc. do biol.y 1890, p. 67). "

ALBZAIS^

dérales données par le» auteurs aient subi son influence éloig^née. J'ai cherché, pour établir le poids normal des capsules surrénales du cobaye, des sujets aussi iôde^nnes que possible de toute coota* mination et, après avoir détermiaé le poids absolu moyen de ces glandes, soit total, soit unilatéral, avec les écarts minima et maxima qui paraissent compatibles avec Tétat physiologique, j'ai calculé leur poids relativement au poids du rein, au poids et à la surface du corps, au poids de la masse musculaire.

Tableau II. — Poids total des capsules surréuëlos.

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— 0-,OiO. .

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i-4 Joars

1 mois

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POIDS CAPSCLAIM ABSOLU.

de

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Moyen.

Mai.

gr 2,-45

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