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III. — Etiologie et prophylaxie

La prophylaxie d'une maladie virulente repose sur la connaissance précise de l'agent pathogène et sur les conditions qui permettent à ce dernier de s'introduire dans l'organisme et d'y provoquer la maladie.

Nous avons montré que, pour le cancer, l'agent virulent appartenait à la classe des sporozoaires. Les sporozoaires sont très répandus dans la nature. On en trouve chez la plupart des êtres vivants, en particulier chez ceux qui sont en contact avec le sol ; ils y vivent en saprophytes, mais ils peuvent devenir virulents et produire chez les animaux des infections aiguës.

Les animaux qui vivent dans le milieu domestique, le rat, le chien, les gaUinacés, le lapin, possèdent des espèces variées de sporozoaires. Les poissons sont fréquemment infestés de coccidies et de myxosporidies à spores résistantes. Or, nous avons vu que l'on avait trouvé dans des tumeurs malignes des formes identiques au cancer oviforme du lapin, à Eimeria falciformis de la souris, et, dans un de nos cas de sarcomes, nous avons assimilé les myéloplaxes à une myxosporidie. Un cas qui nous a vivement frappé a trait à un homme qui, mangeant un poisson, s'enfonça une arête dans la langue et qui vit se développer au niveau de cette inoculation aseptique un épithélioma à marche rapide; or, les reins et le foie, qni adhèrent fortement aux arêtes, de même que les muscles, peuvent contenir des sporozoaires enkystés en nombre énorme.

On conçoit, dès lors, le danger des animaux porteurs de sporozoaires non seulement pour la contamination du milieu extérieur, naais encore dans l'alimentation. Nous avons vu, en particulier, les Cancers de l'estomac être plus fréquents dans les pays où Ton fait ^ne grande consommation d'escargots crus, porteurs de klossia.

Tous les insectes qui vivent sur le sol, les vers^ les larves, présentent tous, peut-on dire, d'énormes quantités de spores de gré- ^rine dans leurs intestins ou dans la cavité générale. Ces animaux Peuvent donc infester de formes résistantes les eaux, les aliments; arasés sur les téguments ou dans les doigts, ils constituent autant de moyens de dissémination de sporozoaires enkystés capables d'envahir nos tissus lorsqu'ils trouveront une joor/e d'e/j^rée favorable.

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C'est pour cela que le cancer siège surtout au niveau des ori&ces, c'est-à-dire au niveau des points qui sont le plus exposés aux traumatismes et chez les individus qui sont dans des. conditions favorables pour la création d'une porte d'entrée. C'est ainsi que le cancer du sein est plus fréquent chez les femmes qui ont allaita, et nous avons pu suivre dans un cas la progression de la maladie, depuis une ulcération du mamelon jusqu'aux culs-de-sacs glandulaires ; que le cancer de la lèvre se rencontre surtout chez les femmes ou les personnes qui ont une cause quelconque d'irritation à ce niveau, etc.

Si le cancer est parasitaire, il peut être contagieux^ mais on comprend qu'il le soit rarement, car il faut une série de conditions favorables, une porte d'entrée, l'inoculation aseptique de formes résistantes, alors que le plus souvent les parasites développés daos les cancers sont intracellulaires et à des stades asporulés d'une très grande fragilité et aptes à être phagocytés.

Cependant, on a cité des cas de contagion qui paraissent probaots, et les expériences de Morau, qui montrent la possibilité de transmission du cancer de rat à rat par l'intermédiaire de punaises, en sont une preuve expérimentale.

Mais pour la production du cancer il semble nécessaire qu'il existe chez l'inoculé des conditions favorisantes, pai*mi lesquelles Yàge et V hérédité jouent le plus grand rôle. L'hérédité me paraît être, comme pour la tuberculose, une hérédité de terrain qui rend l'individu très réceptif pour le germe ; les expériences de Morau le prouvent, de même que les observations nombreuses recueillies par les cliniciens.

De ces notions étiologiques découlent toute une série de règles prophylactiques : éloigner de l'homme toutes les agglomérations d'animaux porteurs de coccidies capables de souiller le sol et l'air; améliorer l'hygiène de l'habitation, surtout à la campagne et dans les endroits humides et boisés; rejeter de l'alimentation tous les animaux porteurs de sporozoaires ou les soumettre à une cuisson suffisante ; surveiller avec attention le lavage des légumes qui ont touché le sol et qui sont mangés crus ; rejeter les eaux croupissantes; répandre, surtout dans les campagnes, les règles d'une hygiène minutieuse de la peau et des vêtements, en indiquant les insectes et les animaux inférieurs comme capables de provoquer la maladie ; considérer le cancer ulcéré comme contagieux et prendre, à ce titre, toutes les mesures indiquées pour les maladies infectieuses en général. Le chirurgien devra y trouver des raisons pour être prudent vis-à-vis de lui-même et surtout vis-à-vis de son malade, en faisant l'ablation du néoplasme dès le début, en pratiquant

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XT\e ablation totale^ et en évitant de toucher de son couteau les parties néoplasiées de façon à éviter les ensemencements dans la >Iaie et les récidives.

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