MODE DICTION DES SUBSTANCES ANTICOAGULANTES
în injection dans les vaisseaux peuvent fournir, lorsqu'on les fai uler à travers le foie isolé, des liquides capables d'empêcher ou 'etarder notablement la coagulation du sang in vitro, e m'étais cru en droit de conclure de mes premières expériences 1 se forme dans le foie, sous l'influence de la peptone, un produit veau doué de propriétés anticoagulantes directes. Mais je ne tais guère arrêté à l'étude de l'origine et du mode de formation 3ette substance. J'avais supposé tout d'abord, partageant ainsi •inion de GrosjeanetLedoux, que le principe anticoagulant est un duit de transformation de la peptone dans son passage à travers oie, mais les données nouvelles que me fournit l'étude de l'action îrcée par le sérum d*anguille et les extraits d'organes sur la coaation du sang m'amenèrent à abandonner cette conception. Il ' parut plus rationnel d'admettre avec Contejean, Gley et Pachon, 3 le principe anticoagulant est « un produit de réaction de la cellule patique », c une véritable sécrétion provoquée par la présence de peptone », du sérum d'anguille , etc. Cette interprétation permetl d'expliquer simplement en effet, comment des agents en appaice si difTérents agissent sur la coagulation par un même procèsi, la substance injectée n'ayant d'autre rôle que celui d'excitant îcifique capable de mettre en jeu l'activité de la cellule hépatique. )'ailleui*s rien ne faisait' prévoir que le mécanisme d'action des »nts anticoagulants lût plus complexe et les seules données fours par les expériences de circulations artificielles et d'extirpation foie ne permettaient guère d'émettre une hypothèse qui parut s vraisemblable.
lais depuis cette époque de nouvelles recherches, une étude plus >rofondie des effets physiologiques produits par les agents antigulants et des conditions les plus favorables à la réalisation des »ériences de circulations artificielles m'obligent à modifier la ception que l'on s'était faite du mécanisme d'action de ces agents. ► expériences que je me propose de rapporter ici démontrent, en t, que si la cellule hépatique est intéressée au plus haut chef dans ►réduction des liquides anticoagulants, un autre élément joue, lui si, un rôle essentiel dans ce phénomène. Cet élément, c'est le îocyte.
— Le leucocyte joue un rôle essentiel dans la production des liquides anticoagulants par le foie isolé.
B rappelle que, dans toutes les expériences dont j'ai publié les iltats, les circulations artificielles étaient pratiquées sur le foie timaux tués par piqûre du bulbe. La glande hépatique extirpée
570 G. DELXZBNNE.
aussi rapidement que possible était exprimée de la plus granè partie du sang qui y était accumulé, et la solution à injecter était poussée immédiatement par la veine porte. En opérant dans c«^ conditions, on faisait circuler la peptone, le sérum d*anguiile, etc., à travers un organe renfermant encore une quantité plus ou mm notable de sang : c*est ce que démontrait Texamen des liquides recueillis qui étaient toujours plus ou moins chargés en éIénieDl> figurés, particulièrement en hématies. J*avais d'ailleurs remarijué, sans tout d^abord pouvoir m'en expliquer la raison, que Ton obtient des résultats bien inférieurs, souvent même négatifs, si Ton opère sur le foie d'animaux tués par la saignée. J'avais constaté d'autre part que, si cet organe est préalablement lavé par un couraol d'eau salée, les circulations artificielles ne donnent jamais k liquides actifs. Ces faits que j'avais observés dès le début de mes recherches n'avaient guère retenu mon attention. Je supposai simplement que, sous l'influence de la saignée ou d'un lavage prolongé à l'eau salée, la cellule hépatique perdait rapidement ses propriétés vitales ou devenait incapable de réagir à rinjection de peplone. Les résultats de mes expériences sur l'action leucolytiqu^ des agents anticoagulants du groupe de la peptone m'amenèrent a supposer que cette explication était par trop simpliste et quelesan? ou tout au moins l'un de ses éléments prenait une part active à 1» formation des liquides anticoagulants. Pour en acquérir la certitude j'ai réalisé tout d'abord les expériences suivantes :
Technique, — Un chien est saigné à blanc; par la veine porte, on W passer à travers le foie, complètement isolé de ses connexions v8>culaires, un courant d'eau salée (NaCl à 1 0/00) maintenue à la température de 39** environ et on continue ce lavage jusqu*à décoloration presque complète du liquidequi s'écoule par les veines sus-hépaliques.
Ceci fait, on injecte dans le foie une solution de peptone et on laissa en contact pendant quelques instants. Le liquide recueilli ajouté à du sang in vitro en précipite toujours la coagulation.
A travers le même ori^ane, on fait circuler à nouveau du sérum artificiel pour éliminer toute la peptone injectée; quand le lavage p«r3" suffisant, on prélève, dans l'artère carotide d'un autre animal, ^0 ^"^ 50 centimètres cubes de sang que l'on addititionne in vitro d'une fanJ'^ quantité de peptone (5 à 10 centimètres cubes d*une solution à 1 p'I")' cette opération est effectuée aussi rapidement que possible et le mélang? est immédiatement injecté dans le foie par la veine porte.
Il suffit de maintenir en contact pendant vingt ou trente secondes pûi| recevoir par les veines sus-hépatiques un liquide qui non seulefflfi reste d'ordinaire incoagulable jusqu'à putréfaction, mais qui agit toujour* énergiquement sur le sang in vitro pour en empocher ou tout au nio'D* pour en retarder très notablement la prise en caillot.
Je rapporte ci-dessous les protocoles détaillés de deux expériences q* • j'ai réalisées en suivant ponctuellement la méthode que je viens d'indiqu^^*
MODE d'action DES SUBSTANCES ANTICOAGULANTES.
Exp. I. — Un chien du poids de 8^»',400 est saigné à blanc par les deujL carotides. Le foie est isolé de ses connexions vasculaires ; canules dans la veine porte et dans la veine cave près de rembouchurc des veines sushépatiques. Par la veine porte, mise en relation avec un vase de Mariette, on fait passer à travers le foie deux litres environ d'eau salée à 1 0/00, maintenue à la température dé 38°. On cesse le lavage quand le liquide qui s'écoule par les veines sus-hépatiques est presque complètement décoloré. L'organe est légèrement exprimé et une injection de peptone est poussée par la veine porte (30 centimètres cubes de la solution peplonéeà 1/10*). On laisse en contact pendant une minute, puis on recueille (liquide A).
A travers le même organe, on fait passer à nouveau 1 litre d'eau salée pour le débarrasser complètement de la peptone injectée. On prélève, dans la carotide d'un autre animal, 40 centimètres cubes de sang que Ton additionne de 8 centimètres cubes de la solution peptonée et on pousse rapidement le mélange à travers le foie. On laisse en contact pendant cinquante secondes, puis on recueille (liquide B).
La solution primitive de peptone, le liquide A et le liquide Bsont alors essayés sur trois séries d'échantillons de sang prélevés successivement dans l'artère carotide d'un chien ; un échantillon de sang normal pris comme témoin au même animal est coagulé en 1 m. 30 s.
Le tableau suivant indique la marche de «la coagulation dans chacun des verres des trois séries.
SOLCTIOH
PEPTOirfS.
LIQUIDB A.