‹ Archives de zoologie expérimentale et générale (volume 2)Chapitre 21 sur 153 · HISTOLOGIE · texte numérisé non relu

HISTOLOGIE

M. Leydig a beaucoup étudié Vhistologie de la poche auditive, et il a décrit les cellules qui tapissent son intérieur.

Les questions importantes à résoudre sont surtout les deux suivantes : Les cellules de la paroi interne de Totocyste sont-elles nerveuses ? En second lieu : Quelles sont leurs relations avec les fibres du nerf?

Quant à la première question, voici ce que l'on observe.

Dans l'Âncylet les Clausilies, etc«, etc., les cellules sont volnmineoses, et leur partie libre dans la cavité est couverte de cils vibratîles agiles. Elles sont claires, transparentes et bombées ; mais dans la partie où elles se touchent, elles se compriment et deviennent polyédriques; au total, plus ou moins sphériques dans une partie, elles sont polyédriques dans l'autre.

Leur noyau pâle est plus volumineux que dans les cellules épithé-

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lialas ordinaires, bien moins gros que dans las corpnscales nerveux. Il présente un ou deux nucléoles dont nn au moins brillant (1).

Dans les Patelles et les Haliotides, les cellules sont beaucoup plus petites relativement et dles sont allongées dans le sens du raycm de la sphère représentant l'otocyste.

Aujourd'hui que chez les animaux supérieurs l'on a conduit les fibres nerveuses jusque dans certaines cellules des épithéliums de l'intérieur du labyrinthe membraneux ou de la face interne des fosses nasales, on peut très-légitimement supposer que les fibres du nerf chez les Mollusques se terminent elles-mêmes dans les corpuscules qui tapissent les otocystes. Mais entre admettre par supposition et induction et avoir constaté la chose de visu^ il y a une bien grande distance.

Or, il faut bien le reconnedtre, la fibre nerveuse dans Tlntérieur des nerfs des Mollusques n'est pas aussi facile i observer que celle des animaux supérieurs. Il est même juste de dire qu'elle est autrement difficile à suivre et à distinguer des tissus voisins; de là une impossibilité presque certaine, dans l'état actuel des connaissances, malgré l'emploi de quelques réactifs encore mal définis, de pouvoir dans l'otocyste préciser les rapports des fibres et des cellules.

M. Leydig a décrit les cellules de Tépithélium, dans son traité d'Histologie comparée (2) et dans sou mémoire sur la structure des pulmonés (3); mais il n'aborde pas la question difficile qui vient d'être soulevée et qui reste non résolue.

Quant à la couche externe de la vésicule, M. Leydig, comme M. Claparède, en a donné une description à laquelle je ne puis mieux faire que de renvoyer le lecteur.

FONCTIONS DES OTOCYSTES.

L'école de physiologie expérimentalefrançaise,qui n'admet aucunement la possibilité de puiser une connaissance physiologique dans l'a-

(1) Voy. Aich. dé Zool. exp. et gén., vol. I, pi. V, fig. 19 (Clatisilie), et pi. VI, fig. 24 (Ancyle).

(î) Voy. LetdiG) Histologie^ p. 177.

(3) Voy. id.y Da$ Ohr, p. 58 et suivantes. — Areh. fur Mtkr. Anat. de Max ScHULTZE, Bd. I, p. 58. — Zur Anatomie und Physiologie derLungenscLDecken.

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natomie, doittrouver sans doute l'opinion générale des malacologistea quelque peu entachée d'hypothèses. Comment en effet pouvoir dire sans le secours de ce qu'elle appelle l'expérience que l'organe dont il vient d*ôtre question est destiné à percevoir les sons?

Gela est vrai, aucune expérience directe ne démontre que les oto* cystes sont des organes de Taudition.

Heureusement, il est des cas'où l'anatomie seule, quoi qu'en dise l'école, fait connaître la fonction.

Toutes les fois que nous rencontrons dans un animal quelconque une lentille et des milieux réfringents au-devant d'une expansion nerveuse , entourés d'un pigment noir , nous en concluons avec la dernière certitude que l'organe est un œil, ou bien un organe destiné à faire percevoir les ondes lumineuses.

Bien avant l'existence de la Physiologie expérimentale, par le fait même de la contemplation pure et simple, l'homme savait que Pœil était fait pour connaître la lumière, et puis Tanatomiste en a conclu que toutes les fois qu'il trouvait un organe constitué comme l'œil, il avait devant lui un appareil destiné à faire percevoir les rayons lumineux.

Conclusion aussi légitime que pas une de celles de la Physiologie expérimentale.

Eh bienl ici l'on a agi de même. — On a d'abord déterminé les parties fondamentales de l'appareil de l'audition; puis, trouvant dans la série animale que tout ce qui semble accessoire disparait, on en a conclu que l'otocyste avec son otoconie, ou ses otolithes, est l'homologue d'une partie du vestibule.

Ici donc point d'expériences démonstratives, d'ailleurs comment les faire?

On sait que pour l'oreille de l'homme un son n'existe défini que tout autant que le nombre des vibrations d'un corps dépasse 32 par seconde ; au-dessous, c'est un bruit, ce n'est pas un son. (D'après Despretz.)

Il sufflt d'avoir examiné attentivement un Mollusque vivant dans l'eau pour avoir reconnu la facilité avec laquelle il apprécie les plus légers mouvements, les plus légères vibrations.

Ne pourrait-on pas admettre que l'otocyste tout en étant un appareil rudimentaire est capable cependant d'apprécier, de définir des vibrations se répétant moins de 32 fois par seconde ?

Ainsi envisagé, l'organe de l'audition des Mollusques serait relati-

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Toment plus sensible, plus facilement excitable que celui des aaimaux supérieurs.

Du reste^ il faut remarquer qu'il est presque toujours placé sur la £ace supérieure de la partie du corps qui rampe et s'applique sur le sol dont il peut ainsi ressentir les moindres trépidations. D'après cela, il semble impossible de ne pas admettre que les otocystes puissent connaître des vibrations qui, pour nous^ passent inaperçues.

Evidemment, de simples ondulations doivent être appréciés par un Ânodonte qui se retire et se ferme au moindre mouvement que l'on fait dans la pièce où se trouve un aquarium dans le sable duquel il a enfoncé son pied.

Sans doute cette opinion n'est qu'une prévision, ce n'est point une certitude. Mais quel est l'expérimentateur qui espère arriver i apprécier la signification des mouvements d'un Mollusque et traduire l'impression éprouvée par un de ces animaux quand un peu plus, un peu moins de trente vibrations par seconde, déterminent en lui quelques modifications sensorielles?

n 7 a là un sujet de recherche bien intéressant pour les physiologistes qui pensent tout résoudre par la vivisection, mais, il faut le reconnaître, les expériences auront ici une telle difficulté que, lorsqu'elles auront donné des résultats précis, ellesmontrerontbien mieuxla puissance de l'école, que toutes ces idées et ces appréciations qu'elle se plait i présenter sur la division, la valeur relative des sciences en général et en particulier de la Zoologie comparée à la Physiologie.

Nous attendrons les résultats.

RÉSUMÉ 0ÉNÉKAL.

Il reste démontré par les détails qui précèdent, que, ainsi qu'il a été dit en commençant , la position de Porgane de rauditùm ou OTOCYSTE peut varier^ maisque ses connexions avec le système nerveux central restent toi0ours constamment les mêmes ; qu'il n'est plus possible d'admettre que, chez quelques Gastéropodes, cet organe soit en rapport avec une partie du collier œsophagien, tandis que chez d'autres il le serait avec une partie toute différente.

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idf ItACAlK DOTHIBU

Ge qui semblait difficile à admettre à prwri ae trouve donc démontré faux à posteriori.

Ge résultat a non-seulement en lui-même, mais encore dans ses conséquences , une importance qu'on ne saurait méconnaître.

D'abord en nous montrant que dans les Gastéropodes^ les Hétéro^ podes et (j'ajoute, quoiqu'il n'en ait point été question, mais parce que je m'en suis assuré) dans les Céphalopodes, le nerf acoustique remonte toujours aux ganglions sus-mophagiens ou eérébroides sur lesquels il naît assez près du nerfoptique, il prouve que dans ces animaux les attributions sensitives spéciales et motrices ne sont point confondues dans un même centre; que le centre sus-œsopbagien ou eérébrolde se trouve par cela même avoir sous sa dépendance tous les organes des sens y tandis que le ganglion pédieux reste plus particulièrement attri-bué aux organes du mouvement.

Ensuite, ne voit-on pas, dans la disparitiop d'une erreur basée sur les travaux et les opinions des hommes les plus considérables, une preuve à l'appui de la nécessité d'innombrables et minutieux détails, pour arriver à la connaissance des lois générales?

Rien n'est secondaire en Zoologie. Pour pouvoir s'élever du simple au composé, du particulier au général, les détails préliminaires ne sauraient jamais être assez nombreux. Â quelles erreurs n'eston pas exposé quand on néglige d'aller suffisamment au fond des choses, sous le prétexte de laisser les détails et de n'envisager que le c6té général des questions.

La loi des connexions, si critiquée, rejetée absolument par les uns, acceptée sans réserve par les autres, est sortie triomphante d'une épreuve que je suis heureux de lui avoir fait subir, et qui, n'a montré encore aucune exception.

Dans un dernier voyage au bord de la mer, j'ai soumis à l'observation plusieurs espèces qui m'intéressaient et qui n'avaient été étudiées par aucun naturaliste en ce qui concerne les otocystes, et toujours l'union du nerf acoustique avec le centre sus-œsophagien s'est trouvée confirmée.

En résumé, les recherches ont porté sur plus de trente espèces, parmi lesquelles se trouvent comprises plus particulièrement celles qu 'avaient étudiées les auteurs, aussi en terminant, l'on peut afiBjrmer qu'il n'est pas d'induction plus logique , plus légitime que celle-ci : Chez les Mollusques des ordres cités, les impressions recueillies par

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Torgane de Taudition sont perçues par le centre sus-œaophagien (1).

EXPLICATION DES PLANCHES

Signification constante de quelques lettres dans toutes les figures :

a, — connectif postéro-antérieur ;

b, — connectif postéro-inférieur ;

c, — connectif antéro-inférieur ;

e, — première partie de la commisaure inférieure (côté droit) ;

f, — deuxième partie de la commissure inférieure (côté droit) ; flf, — première partie de la commissure inférieure (côté gauche) ; hy — deuxième partie de la commissure inférieure (côté gauche) ; «, — orifice central d'un vaisseau sanguin du pied ;

If — ligament unissant les deux otocjstes ;

n, — nerf acoustique ;

Olf — otocyste ;

T, — aire du triangle latéral formé par les connectifs antéro^poitéro-infériewri ;

Y y — centre postérieur (sua-casophagien ou cerveau) ;

X, — centre antérieur (ganglions pédieux) ; i

Z, — centre inférieur (ganglion impair médian) ;

Zd', — premier ganglion droit du centre inférieur ;

Zd*\ -^ deuxième ganglion droit du centre inférieur ;

Zg\ — premier ganglion du centre inférieur gauche ;

Zg'\ -—deuxième ganglion du centre inférieur gauche.

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