‹ Archives de zoologie expérimentale et générale (volume 3)Chapitre 36 sur 126 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

I est impossible, en étudiant les nombreux travaux qui ont pour objet les Annélides polychètes, de n’être pas frappé de la variété des termes usités pour désigner les appendices des premiers segments chez les types les plus voisins, souvent chez la même espèce. Les auteurs ont choisi pour leurs descriptions, parmi un certain nombre de termes consacrés, antennes, palpes, cirrhes tentaculaires, tentacules, ceux à leur convenance, sans prendre soin de les définir et sans s'inquiéter de l'application qui avait pu en être faite avant eux, occupés seulement de désigner par des noms différents les parties différentes, et recherchant, suivant les tendances de leur esprit, ces différences, soit dans la forme extérieure des appendices, soit dans le numéro d'ordre du segment qui les porte. Les divergences sont encore importantes dans la manière de compter ces anneaux, suivant que l’anneau buccal est considéré comme faisant partie de la tête ou comme formant le premier anneau du corps, sans parler des

Cas relativement nombreux où on le regarde comme formé de deux

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ou plusieurs segments; il ne laisse pas d'en résulter parfois une grande obscurité dans les descriptions.

Il y a longtemps déjà, M. de Quatrefages a tenté de remédier à ces inconvénients et proposé une nomenclature rationnelle basée sur les connexions nerveuses, les appendices recevant leurs nerfs de centres différents devant seuls être regardés comme morphologiquement différents, quels que soient, d'ailleurs, leur forme extérieure et leur rôle physiologique. Ce principe qui a fourni de si beaux résultats dans d’autres groupes, est inattaquable, et pourtant, la réforme proposée par M. de Quatrefages n’a pas prévalu généralement. On n’en peut trouver la raison que dans une certaine méfiance des résultats publiés par l’'éminent académicien et la difficulté de les accorder avec un petit nombre de faits signalés depuis.

Ce sont surtout ces considérations qui m'ont engagé à m'occuper de l'étude anatomique du système nerveux des Annélides, ainsi que le peu de renseignements que nous possédons, en dehors des travaux de M. de Quatrefages, sur l’origine et la distribution des nerfs périphériques. J'ai toujours cherché, en m'aidant des ressources de la technique moderne, à distinguer soigneusement l’origine réelle des nerfs, c’est-à-dire la naissance de leurs fibres, de leur point d'émergence du ganglion, et j'ai été amené, de la sorte, à rechercher la disposition relative des diverses substances qui composent un centre ganglionnaire. La méthode des coupes permettait seule d'arriver à ce résultat, comme elle est indispensable aussi pour contrôler les données de la dissection, soit en faisant reconnaître les hmites des ganglions quand ils sont appliqués contre les tissus tégumentaires sans interposition de névrilème, soit en laissant distinguer les nerfs des filets musculaires qui s’insèrent en grand nombre sur le système nerveux et souvent leur sont identiques par la forme, la couleur et la consistance. C’est ainsi qu'en particulier toutes les figures représentant des {vues d'ensemble de systèmes nerveux ont été dessinées d'abord d’après des préparations disséquées, puis Cor-

rigées d’après des séries de sections minces, d'épaisseur égale, des-

sinées à la chambre claire et superposées, J'espère, par l'accord de ces deux méthodes, avoir pu éviter toute chance d'erreur.

La plupart des substances colorantes que j'ai essayées, hématoxyline, purpurine, acide osmique, chlorure d'or, etc., m'ont donné des résultats très inégaux et généralement pénètrent mal même les pièces de petites dimensions. Les couleurs à base de carmin sont préférables, et le procédé dont j'ai obtenu les meilleurs résultats est le suivant : coloration de la pièce en masse par le carmin de Grenacher, employé selon la méthode habituelle: puis, les coupes une fois disposées sur la lame porte-objet, laisser tomber sur le dernier alcool de lavage une ou deux gouttes d’une solution aqueuse de vert de méthyle à 1 pour 100. Au bout de cinq minutes environ, on lave de nouveau avec de l’alcoo! que l'on laisse séjourner quelques instants pour enlever l'excès de vert de méthyle. Alors, le protoplasma des cellules nerveuses est coloré en vert vif, et leur noyau, déjà coloré par le carmin, prend une teinte bleu-violet foncé ; les fibres nerveuses et la substance ponctuée restent incolores et tous les autres tissus conservent la coloration rouge due au carmin; seuls avec les cellules nerveuses, les éléments glandulaires du tube digestif et des téguments ont subi l'action du vert de méthyle ; mais ils ne peuvent donner lieu à aucune confusion.

Pour les dissections, il est avantageux de plonger l'animal vivant dans de l'alcool à 60 degrés, dans lequelil meurt sans se contracter. Au bout de deux ou trois heures, les tissus ont conservé l’aspect frais, mais les muscles ont perdu leur élasticité et se laissent détacher plus aisément de leurs points d'insertion.

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