‹ Archives de zoologie expérimentale et générale (volume 3)Chapitre 48 sur 126 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les recherches sur l'anatomie et les fonctions de la rate ont surtout porté jusqu'ici sur les Vertébrés supérieurs et les Mammifères en particulier. Au point de vue anatomique, deux opinions sont partagées : 1° W. Müller, Frey et autres veulent que le sang soit versé directement dans la pulpe splénique ; 2° Billroth, Schweigger-Seidel, Külliker, etc., soutiennent que les vaisseaux sanguins forment un système clos et qu'ils possèdent une paroi propre en dehors de laquelle est la puipe.

L'origine des corpuscules de Malpighi et leur signification sont encore peu connues.

Au point de vue physiologique, on a attribué à la rate un grand nombre de fonctions qui ont été plus ou moins discutées ; parmi celles-ci, le rôle de la rate dans la formation du sang a fait l’objet, dans ces dernières années, d'un grand nombre de travaux importants, Les expériences de Malassez et Picard ont apporté à cette théorie un appui considérable. Il en est de même des récentes recherches de MM. Foa, Griffini et Tizzoni sur la reproduction de la

ARCH, DE ZOOI. EXP, ET GÉN, == 90 SÉRIE, — T, Ill, 1885. 2%

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rate et les fonctions hématopoiétiques de cet organe chez les Mammifères.

C'est pour élucider quelques points d'anatomie et rechercher le véritable rôle de la rate dans l'hématopoièse que nous avons entrepris ces recherches sur la rate des Poissons et des Amphibiens. Nous avons pensé que, par l'étude du mode de formation et de la texture de l'organe chez l'embryon comparativement avec l'adulte, on pourrait plus exactement arriver à en déterminer la nature et les fonctions. C’est pourquoi nous avons porté spécialement nos investigations sur la rate des Sélaciens, en prenant comme types principaux l’Acanthias vulgaris et le Scyllium canicula, dont nous avons pu étudier parallèlement les embryons.

Grâce aux nombreuses ressources et à l'installation parfaite des laboratoires de Roscoff et de Banyuls, nous avons eu toutes les facilités pour nos recherches sur un grand nombre d'espèces. Si nous avons obtenu quelques résultats nouveaux, nous le devons à l'accueil bienveillant de M. H. de Lacaze-Duthiers, qui, quatre années de suite, nous a ouvert ses laboratoires de la Sorbonne et ses stations maritimes.

Pour nos recherches sur les Poissons d’eau douce et les Amphibiens, M. Moquin-Tandon, Brofesseur à la Faculté des sciences de Besançon, a mis à notre disposition avec la plus grande générosité les ressources de son laboratoire et de ses aquariums en nous aidant de ses conseils éclairés. Nous le prions d'accepter l'hommage de

notre reconnaissance.

HISTORIQUE. W. Müller ! est un des premiers qui aient traité l'anatomie de la rate des Poissons et des Amphibiens, chez lesquels il est arrivé, par

la méthode des injections naturelles et artificielles, à déterminer

1 Uber den frineren Bau der Milz. V. W., Muller. Leipzig, 1865.

assez exactement les rapports des vaisseaux sanguins avec la pulpe splénique.

Les résultats de W. Müller, défendus par Frey et autres, furent attaqués par un grand nombre d'auteurs. Ils furent de nouveau confirmés, en ce qui concerne les Poissons etles Amphibiens, par deux élèves de Frey, Olga Stoff et Sophie Hasse *.

Quant aux vaisseaux lymphatiques, il les a injectés chez le Gadus callarias, et il décrit leurs rapports avec les artères.

Ch. Robin ?, qui a injecté au mercure les lymphatiques viscéraux chez les Raïes, n’a pas réussi à mettre en évidence ceux de la rate. Nous verrons dans notre travail qu'ils se distribuent en grande quantité à cet organe.

Fr. Leydig * a donné de la rate des Poissons une description incomplète et inexacte en beaucoup de points. Il considère comme des corpuscules de Malpighi des masses globuleuses qui ne sont autre chose, comme Remak * l'avait déjà démontré, que des kystes constitués par des psorospermies et des globules rouges en destruction.

La texture de la rate chez les Sélaciens a été très peu étudiée.’

M. Pouchet 5 a donné le premier une description des terminaisons vasculaires de la rate de ces animaux. Nous y reviendrons dans le cours de notre travail.

En ce qui concerne les Amphibiens, Hoffmann $ a donné une description généralement exacte de la rate relativement aux terminai-

sons vasculaires.

1 Olga Srorr et Sophie Hasse (Centralblatt, novembre 1872), analysé dans Rev. des sc. méd. de Hayem, 1872.

2 Ch. Rogin, Lymphatiques des Plagiostomes (Journal de l’analomie et de la physiologie, 1867).

3 Traité d'histologie. Traduction par Lahilonne, 1866.

# ReMax, Müller's Archiv, 1852.

5 Jerminaisons vasculaires dans la rate des Sélaciens (Journal de l'anatomie et de la Physiologie, 1882. 3 5 Klassen und Ordnungen der Thierreich. BRoNN, Amphibien, p. 507.

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Goëtte ‘ est le premier qui ait traité du développement de la rate à propos du développement du Bombinator igneus.

L'étude de la pulpe splénique a fait récemment l'objet de nombreux travaux surtout au point de vue de l'origine du sang. Nous signalerons parmi les principaux surtout ceux qui se rapportent aux Poissons et aux Amphibiens,.

M. Pouchet”® a étudié la pulpe splénique des Sélaciens dans ses rapports avec la formation du sang, et reconnaît que les hématies proviennent des éléments qu'il a nommés cellules spléniques, puis leucocytes types ; cependant, il repousse toute participation de la rate à la formation du sang.

Feuerstack * admet la transformation des globules blancs en rouges, trouve les formes intermédiaires qu'il nomme hématoblastes en grande abondance dans la rate de l’Anguille, de la Grenouille, de la Salamandre, etc. Mais les phénomènes de la karyokinèse lui ont échappé.

Enfin, dans un travail récent, Bizozzero * admet la multiplication des globules rouges dans la pulpe splénique des Poissons et des Amphibiens ; mais, d'après lui, cette multiplication a lieu par division directe ou indirecte des globules rouges préexistants, et la transformation des cellules spléniques ne jouerait aucun rôle.

Quant à la reproduction de la rate après extirpation, M. Pouchet (loc. cit.) ne l'admet pas. Elle se fait cependant, et Feuerstack a obtenu la régénération chez l’Anguille et le Triton. Nous confirmerons ces expériences à la fin de notre travail.

Nous avons évité à dessein d'employer l'expression d’Aémaloblastes, à cause des significations différentes qui lui ont été attribuées par

les auteurs, et nous conserverons les termes de cellules Ilymphati-

1 Entwickelungsgeschichte der Unke. Leipzig, 1874.

2 Gazette méd. de Paris, 1878 (Compt. rend. Soc. biol., 1878).

3 Zeitschrift f. Wiss. Zoologie. Die Entwicklung der rothen Blutkürperchen, 1883, Bd. 38.

* De l'origine des corpuscules sanguins rouges dans les différentes classes des Vertébrés (Archives italiennes de biologie, 1883).

—— ES ee, I E GP

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ques, globules blancs, cellules spléniques, formes intermédiaires

dont la valeur est bien déterminée.

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