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XVIII NOTES ET REVUE

Mac Intosh; c'est un organe actif et locomoteur, servant probablement au polypide pour monter dans son tube de manière à dépasser l’orifice ; c’est aussi un organe sécréteur, qui forme le tube extérieur anneau par anneau. Il est couvert de cils fins, semblables à ceux qui couvrent les filaments du lophophore et qui manquent sur le reste du corps.

Au-dessous du bouclier buccal se trouve la bouche sur la face du corps, à laquelle s'attache le pédoncule.

Une région du corps très pigmentée et immédiatement sous-jacente à la bouche peut être appelée thorax, et est suivie par une région sacciforme moins pigmentée et qui est l'abdomen. La courbure de l'intestin caractéristique des Bryozoaires peut être reconnue dans cette région du corps, et l'anus est placé sur une papille qui fait saillie sur la face aborale, près de la limite entre l’abdomen et le thorax.

C’est sur la face orale de l'abdomen que le gymnocaulus est attaché. Divergeant de chaque côté du thorax se voient les deux bras du lophophore, représentant exactement les bras du lophophore hippocrépien des autres Bryozoaires. |

Chacun d'eux porte deux rangs de filaments ciliés, ordinairement au nombre de cinquante par rangée; cependant j'en ai quelquefois observé un peu plus ou un peu moins. Sur la face aborale de chaque bras, à son point d'union avec le thorax, Sars a découvert un tubercule cilié, qui est peut-être en relation avec l’'ospradium des Mollusques, en tant que cet organe des sens occupe une position semblable par rapport au ctenidium. Quelque opinion que l’on ait des relations des autres parties du corps du Rhabdopleura avec celles des Mollusques et avec les lobes de leur corps, il n’est pas improbable que les ctenidia de ces derniers ne soient les équivalents génétiques des bras du lophophore des Bryozoaires..….

L'’abdomen en forme de sac est presque complètement rempli par le large estomac et l'intestin réfléchi, décrits par Allman et Sars. La section transversale montre cependant qu'entre la paroi du corps et celle du canal alimentaire existe un espace réel, quoique étroit, et qui représente la cavité du corps, le cæœlome, dont l’existence a été formellement niée par le professeur G.-0. Sars. On peut distinguer d’ailleurs la cavité du corps, sans avoir recours à la méthode des coupes, sur les polypides vivants légèrement compri= nés sur la face ventrale de l'abdomen au voisinage de linsertion pédonculaire. On peut suivre cette cavité dans l'intérieur du pédoncule où gymnocaulus,

Le squelette se compose de deux parties, l’une propre aux bras, l’autre «ut pédoncule. La substance qui compose le pédoncule paraît être de consistance cartilagineuse, et résistant à la décomposition mieux que les tissus épidermiques, peut être mise à nu dans un individu mort et commençant à se détériorer.

Le squelette du lophophore se compose d’une portion correspondant au bras lui-même et d’une autre appartenant aux filaments qui s'y inséraient, Je n'ai pu reconnaître aucune structure dans ce tissu, qui résiste aux acides faibles et aux alcalis.

NOTES ET REVUE. xIX

L'existence de ce squelette est sans doute en rapport avec les mouvements libres et variés que chaque tentacule exécute. Sur le Cephalodiscus dodecalophus de Mac Intosh, dragué par le Challenger, j'ai pu m'’assurer de l’existence d’un sembiable squelette. Les bras tentaculifères de cette forme sont extrèmement semblables à ceux du Rhabdopleura, si ce n’est qu'ils sont nombreux, au lieu d'être limités à une seule paire, et ont l'extrémité terminée par une curieuse houppe.

Le squelette du pédoncule contractile commence à l’abdomen, parcourt le gymnocaulus jusqu'au blastophore, où il se poursuit. Son élasticité contribue à faire ressortir le polvpide, lorsque les museles du pédoncule se relàchant cessent de le maintenir plus ou moins enroulé.

On ne connaît pas jusqu'ici les organes reproducteurs du Rhabdopleura. J'y ai trouvé un testicule bien développé. C’est un gros appendice inclus dans la cavité du corps, dont il repousse en dehors la membrane. Il est situé sur le côté droit parallèlement à l'intestin, s'ouvre près de l’anus et, dans quelques cas, il dépasse en arrière le fond de l'abdomen.

Je ne l'ai trouvé en août que dans un petit nombre de polypides, qui pro- , bablement étaient en retard, car la saison du rut était passée, je crois, depuis peu quand j'ai commencé mes observations. Il faudrait examiner le Rhabdopleura en juin. Le fond du sac présentait encore quelques cellules mères ; mais tout le reste était bourré de zoospermes mûrs, qui s’échappaient par le pore génital. Cette remarquable forme de testicule est sans analogue connu chez les Bryozoaires ordinaires. On peut le regarder comme une sorte de hernie de la paroi du corps. La position de l’orifice correspond à celle des conduits génitaux de Phoronis ; mais ceux-ci sont des Nephridia modifiés. Au contraire, le sac testiculaire de Rhabdopleura ne ressemble pas à un Nephridium. Il appartient à la classe de Gonades, que j'ai autrefois distingués par le nom d'idiodiniques, par opposition aux néphrodiniques.

Les Mollusques sont dans ce cas, tandis que les Bryozoaires généralement, et les Siponculides sont néphrodiniques.

Le gymnocaulus va s'attacher au cordon axial ou blastophore d’Allman, et celui-ci n’en est que la continuation, mais amincie et revêtue d’une cuticule chitineuse de couleur foncée. Nous l'appellerons le pectocaulus. Il correspond exactement au conœæcium des autres Bryozoaires ; ses extrémités sont garnies de bourgeons.

Dans le Cephalodiseus, il ne se forme aucune colonie ; le pédoncule du po lypide produit bien deux bourgeons près de sa base, mais ceux-ci se détachent dès qu'ils ont atteint le tiers de la taille adulte. Si les bourgeons restaient attachés au parent et que le pédoncule de celui-ci s’allongeàt en produisant continuellement de nouveaux bourgeons vers l'extrémité nouvelle, la base se | cuticularisant, on aurait quelque chose d’analogue à une colonie de Rhabdopleura sans tubarium. Cephalodiseus ne forme pas de tubarium ; mais les individus qui se détachent sont successivement enfouis dans une substance gélatineuse, qui forme un revêtement commun à un grand nombre de polypides libres.

Il y a plusieurs années, j'ai défendu vivement cette opinion que le bou-

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clier buccal ou disque du Rhabdopleura et l’épistome des Phylactolames est l'équivalent du pied des Mollusques. Cette opinion ne peut plus être soutenue, si nous admettons que le Rhabdopleura est légitimement classé parmi les Bryozoaires et que Phoronis doit leur être adjoint.

M. Caldwell a montré que l’épistome de Phoronis est le chaperon préoral de la larve actinotroque, ou à un certain degré sa région dorsale ; il s’ensuit que l’épistome des Phylactolames et le disque buccal de Rhabdopleura et Cephalodiscus sont des productions dorsales. Le pied des Mollusques est ventral et correspond au corps et au pédoncule d’un polypide de Rhabdopleura. |

Il est extrêmement probable que telle est l’orientation véritable des trois types Phoronis, Rhabdopleura et Phylactolæma. Mais, s’il y a certitude en ce qui concerne Phoronis, puisque nous pouvons identifier dans les moindres détails les surfaces et aires ciliées de la larve actinotroque avec les surfaces et areas de la trochosphère des Mollusques; il n’y a pas tant de certitude en ce qui concerne Rhabdopleura et Phylactolæma. En effet, du premier nous ne connaissons pas la larve, et quant au second, comme pour tous les autres Bryozoaires, les larves paraissent être des formes secondaires et non récapilulatives, qu’on ne peut pas rapporter avec confiance au type trochosphère et conséquemment ne peuvent nous servir à déterminer les rapports des différentes régions du corps de l'adulte avec les régions dorsale, ventrale, préorale et postorale de la trochosphère. Quant au Rhabdopleura, pour le moment tout est obscurité.

Quelque opinion qu’on ait sur les homologies du bouclier buccal, il semble qu'on puisse sans difficulté rapporter les bras du lophophore (et aussi ceux de Phoronis et des Eupolyzoa) au même organe — la portion postorale de l’architroque ou bande ciliée — qui a donné naissance à la plume branchiale des Mollusques. Comme les disques buccaux de Rhabdopleura et de Cephalodiscus peuvent, après tout, par l’'embryologie être reconnus comme des organes ven. traux et non dorsaux, il est bon de se rappeler que l'hypothèse qu'ils sont dorsaux n'implique pas qu'ils soient nécessairement prostomiques et correspondent au volume de ce trochosphère. Au contraire, ils doivent représenter (comme l’épistome de Phoronis) une région plus rapprochée de l’anus, le. prostomium étant supprimé, comme cela a lieu dans les Lamellibranches. Dans ce cas, l'opinion d’Allman, d’après laquelle le bouclier buccal de Rhabdopleura représente le manteau des Lamellibranches, était correcte.

Le bouclier buccal de Rhabdopleura, et encore plus celui de Cephalodiseus, est si particulier, qu'il est impossible de l'identifier sans le secours de l'embryogénie.

Le fait que le bouclier buccal sécrète le tubarium, que dans le bourgeon il est très grand et plus ou moins réfléchi sur les rudiments du lophophore, sont favorables à l'identification de l'organe avec le manteau des Lamellibranches. Cette identification semble entraîner cette proposition, que Rhabdopleura et Cephalodiscus sont des Lamellibranches dégradés, L, J.

NOTES ET REVUE. xxI

SUR L'ORIGINE DE L'HYPOBLASTE DANS LES OŒUFS DE TÉLÉOSTÉENS PEÉLAGIQUES,

Par George Brook.

(Q. J. micr. se., XCVII, janvier 1885.)

Dans un travail récemment communiqué à l'Association américaine pour l'avancement des sciences, à Philadelphie, l’auteur a appelé l'attention sur certaines différences dans le développement entre les œufs de poissons osseux, pélagiques ou non pélagiques.

Plus tard, il a eu connaissance du travail publié sur ce sujet par Agassiz et Whitman en 1884, et sa manière de voir diffère absolument sur plusieurs points des conclusions adoptées par ces deux auteurs. Le litige porte principalement sur deux questions :

1° Sur l’origine du périblaste (Agassiz et Whitman), parablaste (Klein), pellicule vilelline (Ollacher), couche corticale (His), membrane intermédiaire (van Bambeke), hypoblaste du jaune (Ryder) et couche intermédiaire des auteurs américains ;

2° Sur la part prise par le périblaste au processus involutif,

Il est généralement admis par les auteurs que, quelles que puissent être les relations définitives du blastodisque et du périblaste, il est du moins évident que ces deux formations ont une origine distincte.

Hoffmann assure avoir observé les premiers débuts de la segmentation, et il dit que le premier fuseau se divise suivant l’équateur, divisant l’œuf en deux parties : d’une part le disque germinal, et de l’autre le jaune accompagné d’une mince couche de protoplasme séparant le jaune du disque germinal et destinée à former le périblaste.

Agassiz et Whitman toutefois assurent que le premier processus de la seg- | mentation se produit suivant un méridien, et que le périblaste est ensuite formé par les cellules marginales du disque, lesquelles une fois séparées ne s’y réunissent plus.

Je n’ai pas observé positivement dans quelle direction se produit la première partition ; mais, dans le Trachinus, le périblaste prend naissance indé- | pendamment du disque germinal. Comme la mince couche protoplasmique se | trouve au pôle inférieur de l’œuf, la plus grande partie est employée à former les deux premières cellules du blastodisque. Le surplus, comme pour n'en rien perdre, se rassemble autour du disque et donne plus tard naissance au périblaste.

J'ai quelquefois observé sur des coupes optiques, dès le stade à deux cellules, une fine couche granuleuse de protoplasme au-dessous du blastodisque ;

| à des stades plus avancés, certaines sections m'ont montré une masse cellu- | laire inférieure en forme de lentille (la lentille de van Beneden), différant

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tout à fait pour la structure de la masse supérieure, et qui peut-être forme une portion centrale du périblaste ; mais cela n’est pas évident, et le bord inférieur du blastodisque redevient tout à fait plat avant que le périblaste marginal ne soit poussé sous lui.

Le développement graduel du périblaste (couche intermédiaire) dans le Trachinus a été exposé dans un précédent travail, et il n’est pas nécessaire de le répéter ici. La couche épidermique de l’épiblaste est déjà différenciée, et il n’y a pas de cavité de segmentation ; autant que je puis le croire, le périblaste ne s'étend pas non plus complètement au-dessous du disque. Dès le stade à seize cellules, j'ai remarqué que les cellules centrales du disque ne reposent pas sur le jaune, de sorte qu'il existe une petite cavité centrale entre le disque et le jaune ; toutefois cette cavité est plus tard obstruée par les progrès dela segmentation et ne représente pas une véritable cavité de segmentation dans laquelle se formerait l’hypoblaste.

Les noyaux se forment-ils dans le périblaste par véritable formation libre, ou bien dérivent-ils d’une subdivision de la partie inférieure de la première sphère de segmentation? Je ne puis le dire; mais, dans le Trachinus du moins, il n’est pas douteux qu'ils ne proviennent pas du bord du disque germinal, comme Whitman le décrit pour le Cfenolabrus. Si, comme Hoffmann l’assure, le premier fuseau de segmentation se divise perpendiculairement à l’axe de l'œuf de façon à former deux couches, ses « archiblaste et parablaste » (non ceux de Klein), il semblera plus probable que les noyaux qu'on observe plus tard résultent de la subdivision du nucléus primitif de la couche, plutôt que d’être formés indépendamment. Dans le Trachinus et la Motella, l'anneau de périblaste devient de plus en plus granuleux avant qu'aucune cellule ne soit visible, puis les granules se groupent et les apparences d’une formation cellulaire libre se sont quelquefois présentées à mon observation. Il ne faudra rien moins qu’une étude soigneuse de ce stade dans un grand nombre d'espèces différentes pour décider cette question.

Quant à l'origine de l’hypoblaste, Hoffmann, Agassiz et Whitman, quoique différant d'opinion en ce qui concerne l’origine du périblaste, sont tous d'avis que cette dernière formation ne prend aucune part à la constitution de l'hypoblaste.

Hoffmann assure que la couche invaginée de l’anneau et du bouclier embryonnaire est détachée de l’archiblaste comme un endoderme primaire, et que celui-ci se différencie par la suite en mésoderme (épais de plusieurs cellules) et en entoderme secondaire (une seule couche de cellules).

Henneguy dit aussi que, dans la Truite, l’invagination est produite par le reploiement du disque segmenté sur lui-même et que, à mesure que l'invagination progresse, la partie inférieure invaginée demeure séparée de la portion supérieure primitive et qu'on peut reconnaître un espace libre entre elles. D'un autre côté, van Bambeke, Klein, Kupffer et van Beneden admettent que l’hypoblaste dérive du périblaste, tandis que Balfour, Ryder, Kingsley et Corne, et autres, soutiennent qu'il prend une part plus ou moins importante à la structure des tissus hypoblastiques.

Hæckel n’a pas su voir du tout le périblaste, et il est diflicile de croire que

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