‹ Archives de zoologie expérimentale et générale (volume 4)Chapitre 53 sur 115 · Armadillidiiim Pravott n. sp · texte numérisé non relu

Armadillidiiim Pravott n. sp

(Planches XIX et XX, Ûgnna 248 à 28S).

Baume du Colombier, Eoquefort, dép. Alpes maritimes, France, 17. ix. 05, n^ 93, 1 9 ad. avec lames ovigères.

Dimensions. 9 :Longueur 8%; largeur maxima(péréionitelV) 2.5 %.

CoBPS ovale très allongé, à extrémités arrondies, très convexe,

(1) L'endopodite droit paraît un peu plus long que le gauohe, aasymétrie que J'ai déjà signalée aiUeun (v. p. 196).

pouvant se rouler en une sphère parfaite. Bords libres des péréionites prenant un sixième de la largenr totale des so mites.

Carapace dure, résistante, couverte d'écaiUes arrondies et appliquées, avec, en plus, d'autres écailles triangulaires spiniformes, dressées, distribuées en quinconce sur toute la surface tergale, sur le scutellum et les tubercules antennaires, et leur donnant un aspect ponctué.

CoLOBATiON jaunâtre, translucide, sans trace de pigment.

TÊTE subquadrangulaire, à angles largement arrondis, à bord postérieur presque droit mais présentant une faible sinuosité de chaque côté, à bords latéraux fortement convexes, 2 1/3 plus large que longue. Lobés frontaux nuls. Limite frontale antérieure indiquée par un rebord frontal, en forme de crête arrondie, complètement distinct du bord scutellaire. Ce rebord frontal présente, de chaque côté, une forte sinuosité concave à bord externe courbe et à bord interne rectiligne, et au milieu une large sinuosité convexe qui passe sous le scutellum. La crête du rebord frontal s'atténue sur le côté, de sorte que la limite antéro-latérale du front n'est pas saillante. Pas de fossette frontale ; en arrière du scutellum, la surface frontale s'incurve régulièrement sans présenter de dépression.

Scutellum fortement saillant, en forme de triangle Isoscèle ; face antérieure plane formant un angle à peine sensible avec la surface tergale de la tête ; bord postérieur subdroit ; face latérales limitée par des bords très nets; sommet se continuant par une crête étroite, fortement incurvée, qui aboutit à la fossette ligamentaire de l'épistome.

Le bord postérieur du scutellum se continue de chaque côté par une crête saillante (crête scutellaire) analogue à celle du rebord frontal (crête frontale) et suivant, en avant de cette dernière, un trajet parallèle ; elle présente donc aussi une sinuosité concave de chaque côté. La crête scutellaire est plus basse comme niveau que la crête frontale, mais elle s'étend plus loin, bordant les côtés de la tête jusqu'au niveau des trous antennaires.

Tubercules antennaires saillants, étroits, très obliques, à bord

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supérieur faiblement sinueux, de même épaisseur partout, à bord inférieur contournant les trous antennaires.

Ligne marginale verticale séparée de la ligne frontale latérale et rejoignant obliquement le bord tergal de la tête.

Epistome avec gouttière antennaire profonde, mais à fossette anténnulaire à peine marquée.

Clypeus environ quatre fois plus large que long, coudé au milieu à angle droit, à bord antérieur concave en avant, couvert de petits poils raides. Suture épistomo-clypéale peu distincte.

Yeux nuls ; pas la moindre trace d'appareil optique externe.

Antennes courtes, atteignant à x>^ine le péréionite 11^ entièrement couvertes d'écaillés sétiformes, longues, qui s'allongent encore plus sur le flagelle.

Tige à articles III à Y pourvus au bord distal d'une petite tige biarticulée à extrémité bifide. Largeur des articles subégale ; article II à coupe triangulaire, celle des autres circulaire.

Longueur proportionnelle des articles : II = III = 4/5 IV = 1/2 V.

Flagelle aussi long que l'article V de la tige et un peu plus grêle, composé de deux articles. Ârtide I deux fois et demie plus court que l'article H, qui porte au sommet une forte tige articulée se terminant par un faisceau de soies accolées par la base. Article II pourvu à mi-hauteur de deux rangées de bâtonnets sensitifs.

Antennules courtes (0.16 %) dépassant un peu le bord supérieur de l'insertion des antennes, à trois articles nus. Article I trois fois plus long que l'article IL, qui est deux fois et demie plus court que l'article III. Articles I et II cylindriques. Artide m subquadrangulaire, aplati, à bord supérieur oblique et garni de huit bâtonnets cylindriques.

Labbe ample, nu, à sommet largement arrondi, avec une légère proéminence sur la ligne médiane.

Mandibule gauche. Apophyse dentaire apicale à quatre dents inégales ; apophyse dentaire médiane à trois dents inégales dont une très longue. Lobe sétifère arrondi pourvu de deux

tiges ciliées. Deux tiges ciliées rapprochées. Tige triturante en forme de demi-fer de lance formées par plusiexirs tigelles ciliées serrées les unes contre les autres.

Majtdibule droite. Apophyse dentaire apicale à trois dents inégales ; apophyse dentaire médiane représentée par une masse irrégolière, hyaline et bidentée. Lobe sétif ère de forme irrégulière, pourvu d'une tige ciliée. Trois tiges ciliées dont une petite isolée et deux grandes insérées à la base du lobe sétifère. Tige triturante en forme de demi-fer de lance formée par un rachis portant des tigelles ciliées disposées en une rangée compacte.

Hypostome ample, arrondi. Lobes latéraux à bords anteroexternes pilifères, bilobés sur le bord interne, à lobules couverts de petits poils. Lobe médian triangulaire à sommet pilifère.

MAxn.T.E I. Lame externe pourvue de fortes soies sur le bord antero-externe, avec neuf dents dont les cinq internes ont Textrémité denticulée et les quatre externes sont simplement coniques et recourbées. Lame interne avec un bord sui)érieur arrondi, une pointe conique à l'angle antero-externe et, à l'angle antero-interne, deux tiges ciliées ovoïdes égales.

Maxilles n à sommet arrondi et bilobé. Lobe interne aussi large que l'externe, pourvu sur son bord antérieur d'une rangée serrée de fortes soies recourbées, et, à la face ventrale, de courts poils. Lobe externe muni à l'angle antero-interne de deux soies recourbées, à surface couverte de petits poils.

MAxnJiTFfcPE. Bord antero-externe du corps du maxillipède pourvu d'une rangée de i>oils et surface ventrale couverte d'épines coniques.

Palpe nettement biarticulé, de forme subtriangulaire. Article I deux fois et demie plus large que long, x>ourvu de deux épines dont l'interne est beaucoup plus longue. Article II trois fois et demie plus court que le corps du maxillipède, garni sur le bord externe de deux courtes épines, sur le bord interne de deux groupes, l'un de deux épines inégales, l'autre de plusieurs épines dont l'une très longue, pourvu au sommet d'un faisceau articulé et cylindrique de fortes soies accolées par la base.

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Appendice masticatoire subquadrangulaire, d'un tiers plus court que le palpe, à angles antérieurs largement arrondis, à bord interne infléchi vers la face ventrale, pourvu de trois i>etites dents marginales et d'une forte épine distale.

Epignathe en forme de languette, un peu plus long que les trois quarts de la hauteur du corps du maxillipède.

PÉKÉiON. Bord antérieur du somite I embrassant la tête jusqu'au niveau du rebord frontal.

Somite I à bord postérieur droit, à angles postérieurs droits, arrondis et fendus.

Somites II à IV à bords postérieurs légèrement convexes, à épimères subtriangulaires avec sommet largement arrondi.

Somites V à VI à bords postérieurs légèrement convexes et à épimères subrectangulaires avec angles largement arrondis.

Somite VII à bord postérieur droit et à épimères subrectangulaires avec angles largement arrondis.

Somites II à VII de longueur subégale et plus courts que le somite I.

Appareil articulaire très complexe. Une gouttière articulaire (1) étroite à l'angle postérieur des épimères du somite I, s'étendant sur l/7« environ de la longueur du bord externe du somite. Lame externe de la gouttière en continuation directe avec la face tergale, plus courte que la lame interne ; cette dernière est donc visible lorsqu'on regarde le somite de profil.

Processus articulaires fortement saillants et coniques sur le somite II, s'atténuant sur le somite III, à peine indiqués sur le somite IV. Eeplis articulaires triangulaires, saillants sur la face ventrale des épimères I à m, diminuant de taille du premier au troisième, situé au tiers postérieur de la longueur au somite I et au milieu sur les somites II et III.

PÉEÉiOPODES II à Vn semblables ; I différent un peu surtout par la largeur plus grande des carpos et propodos.

Péréiopode I un peu plus court que les antennes ; les autres

(1) Je désigne soiu ces mots les fentes des épimères des somites antérieurs qui existent ches quelques Armadillidhun et chez presque tous les ArmadiUOt

augmentent progressivement de longueur jusqu^au VII qui est d'un tiers plus long que le premier. Longueur proportionnelle des articles du péréiopode VII : Basis = 1 3/4 Ischium = 1 1/2 Meros = 2/3 Carpos = Propodos = 3 Dactylos.

Basis I quatre fois plus long que large ; II cinq fois plus long que large ; cette proportion se maintient jusqu'au V ; basis VI augmente de largeur et le Vn est moins de quatre fois plus long que large.

Articles couverts de fines écailles sétiformes qui augmentent en nombre et en longueur sur les articles distaux.

Basis sans autre ornementation ; ischium avec, au bord distal, quelques tiges à extrémité divisée ; meros, carpos et propodos pourvus au bord distal de quelques, et au bord interne de deux ou trois rangées, de ces tiges à extrémité divisée.

Carpos I pourvus sur leur face antérieure de deux bandes longitudinales de poils sensitifs ; propodos I à bord interne garni du côté proximal d'une rangée d'écaillés courtes et fortes.

Dactylos avec ongle recourbé flanquée du côté interne par une forte épine divergente et par une soie. Sur le flanc de l'article s'insère une lanière simple et effilée.

Les carpos des péréiopodes antérieurs portent trois ou quatre tiges courtes >t larges, à cinq dents ; les autres tiges sont plus longues et à trois dents.

Pléon. Sa longueur (telson compris) représente un cinquième de la longueur totale ; sa largeur diminue graduellement vers l'arrière. Longueur des somites subégale. Somites I et II plus étroits que les autres, avec de très faibles épimères arrondis et cachés par le bord postérieur du péréionite VIL Somites m à V à bord postérieur fortement infléchi, présentant de chaque côté une sinuosité formant un angle faiblement obtus, et au milieu une courbure faiblement convexe ; angles postérieurs subdroits et fortement dirigés vers l'arrière ; épimères légèrement divergeants avec bord externe droit.

TSÂCHÉES au nombre de deux paires dans les exopodites des pléopodes I et IL

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Pléopodes femelles. Exopodites I nu, vaguement qua* drangolaire, deux fois et demie plus large que long. Endopodite I chitineux, subtriangulaire, plus large que long, deux fois et demie plus court que l'exopodite.

Exopodite II subquadrangulaire, deux fois un tiers plus large que long, avec une rangée de Ans poils sur les bords internes et postérieurs, et une épine sur le bord postérieur près de Tangle postero4nterne. Endopodite II chitineux, en forme de languette allongée, quatre fois et demie plus long que large, treize fois plus étroit et d'un tiers plus court que l'exopodite.

Exopodites III à V subquadrangulaires, avec l'angle posteroexterne de plus en plus arrondi et l'angle postero-interne de plus en plus saillant, diminuant de grandeur graduellement du III au Y. Bords internes garnis de poils très fins, et bords postérieurs d'une rangée d'épines. Endopodites III à V charnus, subquadrangulaires, à angles arrondis, diminuant progressivement de grandeur du III au V.

Protopodites III à angles postero-internes saillants et arrondis, les autres simplement arrondis. .

Uropodes. Protopodite montrant, par la face dorsale, un petit champ triangulaire ayant à peine im tiers de la longueur du telson ; il est presque aussi large que long et n'a pas d'angles saillants.

Exopodites quadrangulaires, à angles arrondis, aussi larges que longs, presque aussi longs que le protopodite, mais un peu moins larges. Le bord postérieur rectiligne, est au même niveau que le bord postérieur du telson et du pléonite V. Surface couverte de petites écailles sétiformes avec une touffe de longues soies à l'angle postero-externe.

Endopodites irrégulièrement cylindriques, d'un sixième plus longs que l'exopodite, mais trois fois moins larges, quatre fois plus longs que larges, couverts de longues écailles sétiformes et pourvus à l'angle postero-interne d'une touffe de longues soies.

Telson trapézoïdal à angles arrondis, à face supérieure légèrement bombée. Bord antérieur deux fois plus large que le pos-

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térieur qui est rectiligne et qui arrive au niveau du bord postérieur des uropodes et du pléonite V. Longueur du telson dé. passant oelle des deux derniers pléonites réunis, mais légèrement inférieure à sa largeur maxima.

Eappoets et diffébenges. La diagnose du genre ArmadilU' dium telle que la formule Budde-Lund (1886, p. 49 et p. 294) convient très bien à cette forme avec les simples restrictions suivantes : Le clypeus est légèrement lobé sur les côtés ; la ligne frontale n'est pas à proprement parler interrompue au milieu mais se continue en arrière de Técusson en faisant une forte sinuosité convexe vers Tavant. Mais ces différences sont au fond minimes et d'ailleurs la comparaison avec un ArmadilU' dium typique montre que, sauf la tête, pour tout le reste mon espèce est bien un Armadillidium,

Mais Yebhoeff (1900, 1901, 1902 et 1907) a divisé l'ancien genre en de nombreux genres et sous-genres. Cet essai ne me semble pas très heureux en tous ses points, et en tout cas il est prématuré car, sans excepter ceux de Verhoeff, les Armadillidium ont été trop sommairement décrits, et presque jamais figurés, ce qui ne permet pas une appréciation précise des rapports et affinités des espèces connues. Chaque auteur ne peut en effet comparer que les espèces qu'il a pu se procurer en nature; il ne i)eut utiliser avec profit les renseignements déjàpubliés.

La preuve que les divisions de Veehoeff ne peuvent avoir une portée générale, et ne sont utiles que pour distinguer les espèces étudiées par cet auteur, est fournie par V Armadillidium Pruvoti.

Par les caractères des épimères du péréionite I cette espèce fait partie du genre 8chizidium ; par les caractères de la tête, c'est un Arw^illidium, sous-genre Armadillidium, section de Duplocarinatae. Enfin, par la présence du scutellum et l'absence d'yeux, c'est une espèce du sous-genre TypMarmadillidium !

Si les caractères utilisés par Budde-Lund (1885) pour subdiviser le genre Armadillidium ne sont pas parfaits, tout en ne mâritant pas les appréciations trop sévères de Verhoeff, les

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critérium que ce dernier propose ne sont pas bien supérieurs.

n y en a même de mauvais, comme ceux tirés de la présence ou de Tabsence d'yeux. La facilité avec laquelle les Isopodes terrestres les plus divers perdent leurs yeux, lorsqu'ils s'adaptent à une vie obscuricole, nous interdit de donner à la cécité une valeur taxonomique importante.

Meilleurs certainement sont les caractères tirés des épimères des somites antérieurs, et surtout ceux tirés de la structure de la tête ; mais ils ne sont pas absolus non plus, car on a vu qu'ils peuvent se combiner de diverses manières.

La hiérarchie des caractères ne peut pas être encore établie pour le groupe des Armadillidium, faute d'études détaillées sufllsantes ; les essais de Vebhoeff montrent qu'il faut être prudent et c'est pourquoi, au lieu de créer un nouveau genre pour mon espèce, je préfère conserver au genre Armadillidium les vastes limites que lui a fixé Budde-Lund, et d'y placer provisoirement V Armadillidium Pruvoti.

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