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des spécimens

n est évident que les chiffres qui indiquent les nombres des exemplaires représentant chaque forme dans les différentes récoltes ne peuvent pas avoir une valeur absolue. Néanmoins, ils nous permettent de préciser jusqu'à un certain point, d'abord. Tordre dans lequel se rangent les différentes formes relativement à leur rareté ou leur fréquence, et ensuite la profondeur approximative à laquelle vivent de préférence quelques-unes d'entre elles.

Ainsi que l'on peut le voir d'après le tableau, l'espèce la plus rare est Lohmannella faleata, qui n'est représentée que par un seul individu trouvé dans une récolte provenant de quinze mètres de profondeur du littoral d'Anchialo. H e^^t à remarquer que sur plus de trois mille exemplaires appartenant à toutes les formes énumérées dans le tableau, et qui ont été récoltés de treize différentes stations entre 0,5 et 28 mètres de profondeur, il ne s'en trouve qu'un seul de Lohmannella falcata. H convient d'ajouter ici que mon attention était tout particulièrement dirigée sur cette espèce, vu son extrême rareté. Poussé par le désir d'en trouver encore quelques exemplaires, j'ai examiné une dizaine de récoltes, à part celles qui figurent dans le tableau, provenant de différentes stations entre cinq et vingt-huit mètres de profondeur, mais toutes ces recherches ne m'ont donné que des r<^sultats négatifs. On est en droit, donc, il me semble, d'affirmer que la présence de Lohmannella falcata à la profondeur de quinze mètres est tout à fait accidentelle, et que cette esi>èce habite — du moins sur nos côtes — une profondeur supérieure à 28 mètres, probablement vers 35 ou 40 mètres. Cela est d'autant plus vraisemblable que le D^ Tboijessabt (1894&) range Lohmannella falcata parmi les espèces vivant à la limite de la zone littorale et la zone profonde, et il a même trouvé deux exemplaires dans un dragage opéré à plus de 400 mètres dans le golfe de Gascogne (1896â).

Moins rare que la précédente est l'espèce Halacarus rhodostigma^ dont il n'a été trouvé en tout que dix exemplaires provenant de cinq stations entre 4 et 28 mètres de profondeur.

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Cette espèce est représentée par un seul exemplaire dans deux récoltes, dont Tune provient de 4 mètres, et l'autre de 14 mètres de profondeur ; par deux exemplaires, elle est représentée également dans deux récoltes : Tune draguée à 5 mètres et l'autre à 15 mètres.

Etant donné que le nombre total des exemplaires appartenant à toutes les formes trouvées dans chacune de ces cinq récoltes varie entre trente-neuf et deux cent quatre-vingt-dixhuit, ce qui prouve que le véritable habitat des Halacaridœ en général a été exploré par la drague, d'une part, et le fait que parmi deux cent cinquante exemplaires appartenant à dix formes, et qui ont été capturés à 23 mètres (littoral de Sozopol), il ne s'en trouve pas un seul A'Halacarus rhodostigma^ de l'autre, nous sommes en droit d'admettre, il me semble, que la présence de cette espèce jusqu'à 20-25 mètres doit être regardée comme accidentelle. Si l'on considère encore le fait que sur cinquanteneuf exemplaires seulement appartenant à huit formes et recueillis à 28 mètres de profondeur, il s'en trouve quatre d'ffa- Idca/rus rhodostigmay ce qui est un nombre relativement assez élevé, nous pouvons affirmer que cette dernière forme — à moins qu'elle ne soit pas une des espèces très rares, doit être plus fréquente entre 30 et 40 mètres. D'ailleurs Ealacarus rhodostigma, de même que Lohmannella falcata, est une de ces espèces qui, d'après Tbouessabt (18946), vivent à la limite de la zone littorale et la zone profonde.

Comme espèce assez rare, il faut mentionner Ealacarus gracilipesy qui n'est représentée que par trente-six exemplaires provenant de sept stations entre 4 et 23 mètres de profondeur. Elle est beaucoup plus rare entre 0,5 et 10 mètres, ce qui prouve que sa présence jusqu'à cette profondeur est plutôt accidentelle. L'espèce ne devient plus fréquente qu'au delà de 10 mètres ; le plus grand nombre d'exemplaires a été trouvé dans une récolte draguée à 15 mètres (littoral de Sozopol). H est très probable, donc, qu'Halacarus gracilipes vit de préférence entre 10 et 25 mètres.

Dans la même catégorie, par rapport de leur rareté, peuvent être rangées les formes : Agaue hrevipalpus nov. var. pontica, HalacoTus tabéllio et Ealaca/rus gracilipes var. quadricostata. Mais alors que les deux dernières paraissent vivre de préférence entre 10 et 20 mètres, la première a une extension plus grande, car les quarante-huit exemplaires qui la représentent ont été dragués à des différentes profondeurs entre 0,5 et 28 mètres. Cependant elle se trouve partout en nombre limité, et paraît plus fréquente entre 5 et 30 mètres de profondeur.

On doit considérer comme espèce assez commune Edlacarus Fàbriciiy qui est représentée par soixante-dix-sept exemplaires provenant de différentes profondeurs entre 0,5 et 28 mètres. Mais, ainsi que Ton peut le voir d'après le tableau, cette espèce se montre plus fréquente jusqu'à 10 mètres ; au delà de cette profondeur on la rencontre en nombre relativement restreint.

Plus commune que la précédente est la forme Halacarus Boêteri var. affinis dont il a été capturé, dans les treize stations, plus de cent soixante -dix exemplaires. Malgré son extension assez grande, puisqu'on la trouve en différentes profondeurs entre 0,5 et 28 mètres, cette forme, contrairement à ce que l'on observe pour HaUjLcarua FàbricUj parait habiter de préférence entre 12 et 30 mètres. H est vrai qu'à 28 mètres de profondeur il n'a été capturé d'Halacarus Basteri var. affiins que six exemplaires, mais cela tient très probablement à ce que la drague a entamé un fond accidentellement pauvre en Acariens marins.

Nous devons considérer comme espèces communes Ealacarus oculatus et HalcLcarus Chevreuxi, dont la première est représentée par quatre cent trente-six et la seconde par trois cent soixantecinq exemplaires. Ce sont les seules espèces qui ont été trouvées dans chacune des treize stations, d'où proviennent les récoltes insérées dans le tableau. Cela démontre combien elles sont fréquentes sur le littoral exploré. Un autre fait non moins intéressant, et qui saute aux yeux quand on examine de près le tableau, consiste dans la différence existant entre les deux espèces relativement à leur distribution bathymétrique ; sous

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06 rapport les résultats obtenus par les treize récoltes insérées dans le tableau sont très concluants. En effet, tandis que VHa- Idcarus oculatus diminue en nombre à mesure que la profondeur augmente, c'est le contraire qui a lieu pour Halacarus ChevreuM, mais seulement jusqu'à 30 mètres, car à partir de cette profondeur il paraît que cette dernière espèce devient moins fréquente. La première espèce est assez commune jusqu'à 12 mètres ; elle est tout particulièrement abondante entre 0,5 et 3 mètres. A partir de 12 mètres, l'espèce diminue sensiblement en nombre jusqu'à 25 mètres environ, et nous devons considérer sa présence au delà de cette profondeur comme accidentelle. Juste le contraire s'observe pour la seconde espèce. En effet jusqu'à 10 mètres environ, Halacarus Chevreuxi est plutôt rare ; à partir de cette profondeur elle se montre plus commune et ne devient particulièrement abondante qu'entre 15 et 30 mètres.

Enfin le genre Rhombognathus avec ses deux espèces (R. pascens et -B. magnirostris) est le plus commun. H est représenté dans les treize récoltes par plus de dix sept cents exemplaires! et rien que dans une seule récolte on en compte plus de six cents (port de Burgas).

Cependant ce genre a une extension bien limitée, car elle ne vit que jusqu'à 25 mètres ou tout au plus 30 mètres de profondeur. En comparant entre eux le nombre des exemplaires pour les différentes récoltes, on voit nettement que le genre Rhambognathî^ est plus fréquent à des petites profondeurs. Les deux espèces du genre trouvées jusqu'à présent dans la mer Noire, sont donc essentiellement côtières, puisqu'elles ne dépassent pas la zone littorale. H en est de même de presque toutes les autres espèces du genre, trouvées par Lohkann dans la Baltique et par Tbouessabt dans l'océan Atlantique, là Méditerranée et la Manche.

H résulte de ce court exposé que la faune des Acariens de 1^ mer Noire est pauvre en espèces, mais, sauf quelques exceptions, assez riche en individus. En effet, comme on peut le voir d'après le tableau, rien que dans une seule récolte provenant de

0,6 mètre de profondeur du littoral de Burgas il a été trouvé plus de sept cent quatre-vingts exemplaires appartenant à sept espèces seulement. H est vrai que ce chiffre élevé est dû aux deux espèces du genre Rhombognathus qui, comme nous l'avons déjà dit plus haut, est généralement très abondant dans les petites profondeurs ; mais certaines espèces, telles que Ealacarua oculatus, Halacarus Chevreuocij Halacarus Basteri var. affinis, moins communes que les précédentes, ont été trouvées dans quelques récoltes par plus de cinquante, cent et même cent cinquante exemplaires. H en est de même à!Ealacaru8 tabelliOj Halacarus gracilipeSy et Ralacarus gradlipes var. quaâricostata qui, bien qu'appartenant aux espèces assez rares, sont représentées dans certaines récoltes par plus de vingt et plus de trente spécimens.

La variété, donc, des espèces dans la mer Noire est moins grande que dans les autres mers baignant le littoral de notre continent. On peut expliquer cette pauvreté de la faune acarienne de la mer Noire par le fait qu'au delà de 45 ou tout au plus 50 mètres de profondeur les conditions de cette mer intérieure ne sont plus favorables au développement des Haîacaridœ. Je ne doute pas que des recherches ultérieures ne fassent découvrir encore quelques formes appartenant à la zone littorale, mais nous avons très peu de chance de trouver des espèces vivant dans la zone profonde, qui, du reste, étant données les conditions exceptionnelles du fond de la mer Noire, est très limitée, car elle ne dépasse pas 150 à 200 mètres (1).

Pour terminer ces considérations générales, je dois m'arrêter un instant sur la question : d'où tire son origine la faune acarienne de la mer Noire! H sera facile de répondre à cette question si l'on jette un coup d'œil sur le tableau suivant de la distribution géographique des Halacaridœ trouvés jusqu'ici dans la

(1) On sait que les deux expéditions russes, l'une entreprise en 1890 à bord du Tchernomoretz, l'autre organisée Tannée suivante sur les canonnières Donetz et Zaporojetz^ qui avaient pour mission d'étudier les grands fonds de la mer Noire, ont constaté le fait singulier qu'au delà de 200 i 250 métrés de profondeur Tean contient de l'hydrogène sulfureux à un tel degré que la vie devient tout à fait impossible.

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mer Noire. Je dois tout de suite faire remarquer que dans ce tableau ne figurent que celles parmi les mers baignant le littoral de notre continent, dont la faune acarienne est plus ou moins connue.

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