‹ Archives de zoologie expérimentale et générale (volume 4)Chapitre 75 sur 115 · EEVUE MÉTHODIQUE DES ESPÈCES · texte numérisé non relu

EEVUE MÉTHODIQUE DES ESPÈCES

Genre BHOMBOONATHUS Trouessart, 1888.

BhombognaihuB pascens (Lohmann).

A en juger d'après la longueur que Lohmann (1889 et 1901) donne pour le corps de cette espèce, les exemplaires de la mer Noire se distingueraient de ceux de la Baltique par leur dimension beaucoup plus grande. Ainsi, d'après cet auteur, la longueur totale de l'animal ne dépasserait pas 340 (x, tandis que nos spécimens ont en moyenne 400 |jl ; je possède même quelques individus dont le cori)S atteint 480 |jl de longueur.

Le tube digestif de l'animal est bourré d'une matière verte ou brune foncée à tel point qu'il est imi>ossible de distinguer la forme et la sculpture des plaques de la cuirasse.

L'espèce est très commune partout dans la zone littorale jusqu'à 25 mètres, mais elle est plus abondante à des x)etites profondeurs. Au delà de 30 mètres tout au plus, on doit considérer sa présence comme accidentelle. On trouve dans le même dragage des adultes, des nymphes à tout âge et des larves

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vivant ensemble. Capturée en différents points sur le littoral de Sozopol, Anchialo et Messemvria pendant les mois de juillet et août, par 0,5 à 25 mètres de profondeur et dans le port de Burgas en mai à 0,5 mètre. J'ai remarqué que dans les récoltes draguées en mai, les adultes se trouvaient en beaucoup plus grand nombre que dans celles faites pendant les mois d'été.

RhombognathuB magniroBtris Trouessart.

. D'après Tbouessaut (18892», 1889o et 18946), Rhombognaihu8 magnirostris se distingue de toutes les autres espèces du genre par la présence de deux poils pennés aux quatre paires de pattes. Les exemplaires de la mer Noire diffèrent de ceux que cet auteur a trouvés dans la Méditerranée, l'Atlantique et la Manche par la conformation du cinquième article de la première paire de pattes, et la dimension plus petite de leur corps. Des deux poils placés sur le cinquième article de la première paire de pattes, ce n'est que l'interne, c'est-à-dire celui tourné vers le plan médian du corps, qui est penné ; l'autre est lisse, plus grêle et plus long surtout chez la femelle. D'après Tbouessabt, l'animal atteint une longueur de 550 |jl ; le^ plus grands exemplaires que j'ai pu trouver sur nos côtes ne dépassent pas 440 jjL.

Cette espèce, de même que la précédente, est très commune partout dans la zone littorale et particulièrement abondante à des petites profondeurs. Elle ne paraît pas dépasser la profondeur de 30 mètres. Trouvée à différents états de développement sur le littoral de Sozopol, Anchialo et Messemvria en juillet et août par 0,5 à 28 mètres de profondeur et dans le port de Burgas à 0,5 mètre en mai. Les adultes sont plus fréquents en mai que pendant les mois d'été.

Genre AOAUE Lohmann, 1899.

Agaue brevipalpus var. pontioa n. var.

(Planche XXI).

Cette variété diffère de l'espèce-type par une taiUe beaucoup

plus grande et la présence de deux épines pennées, au lieu de trois, sur le cinquième article de la troisième et quatrième paires de pattes. L'hypostome est aussi long que les palpes. La plaque de Tépistome est terminée en avant par un prolongement court et plus ou moins obtus à son extrémité. Toutes les plaques dorsales sont séparées par des espaces assez larges. Les pattes de la première paire sont plus longues et plus fortes que les autres ; leurs piquants forts, mais relativement courts, à x>ointe émoussée et couverte de toute petites épines, ont la disposition caractéristique suivante : le troisième article porte deux piquants ventraux et deux piquants latéro-internes, le quatrième article un piquant ventral et un latéro-interne, le cinquième article un piquant ventral et deux latéro-internes, enfin le sixième article porte un seul piquant latéro-interne (fig. 2 et 3). Le cinquième article de la seconde paire de pattes est muni de trois épines pennées (fig. 4 et 5). De telles épines se trouvent aussi sur l'article correspondant des deux dernières paires de pattes, mais au nombre de deux seulement (fig. 6 et 7). Les plaques oculaires sont anguleuses en arrière et portent deux cornées. Longueur totale du corps, 650-760 [x.

Cette variété est assez rare. Bien que répandue presque partout dans la zone littorale de nos côtes, on la trouve toujours en nombre très limité. Habite entre 0,6 et 28 mètres de profondeur, mais elle est plus fréquente entre 6 et 28 mètres. Draguée sur le littoral de Sozopol (juillet et août) par 4 à 28 mètres de profondeur, dans le port de Burgas (mai) à 0,6 mètre, à Messemvria (juillet et août) entre 7 et 17 mètres et à Anchialo (juillet et août) par 5 à 15 mètres de profondeur.

Genre HALACABUS Gosse, 1855.

Sous-genre LEPTOSPATHIS Trouessart, 1894.

Polymela Lohmann, 1901.

Halacams CheTieuxi Trt.

Les individus de la mer Noire ressemblent beaucoup, par la forme générale du corps, au spécimen que Lohmann (1898)

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a figuré sous le nom d'Haldcarus naiionalis et provenant de l'océan Atlantique (rembouchure de l'Amazone). Mais ils s'en distinguent surtout par le bord antérieur de la plaque notogastrique, qui est arrondi au lieu d'être anguleux et la présence d'une soie sur le troisième article des palx>es. Le cinquième article de toutes les pattes est renflé en massue à son extrémité distale. Les lames sont bien développées, mais pas autant que chez les exemplaires de la Méditerranée et des Açores, qui, d'après Teouessabt (1897), se distinguent par une cuirasse épaisse à sculptures très saillantes et des lames fortement développées. Sous ce rapport les exemplaires de nos côtes se rapprochent plutôt de ceux de la Manche. D'ailleurs j'ai souvent trouvé des individus à lames bien développées et d'autres qui en étaient presque complètement dépourvus. Peut-être dans ce dernier cas les lames se sont-elles détachées ou usées, comme l'a observé Tbouessabt (1894& et 1897) ! La chose est d'autant plus vraisemblable que ces lames sont très minces.

De tous les HaUicaridœ de la mer Noire, Halacarus Chevrettxi atteint la plus grande dimension ; longueur totale du corps, 925 |jl.

Cette espèce, qui a une extension géographique très étendue, est assez commune partout dans la zone littorale de nos côtes ; cependant elle est plus fréquente entre 15 et 30 mètres, et probablement répandue au delà de cette profondeur, puisqu'elle a été trouvée ailleurs jusqu'à 500 mètres. Draguée à différents états de développement sur le littoral d'Anchialo et de Sozopol, entre 0,5 et 20 mètres, de Messemvria par 7 à 18 mètres de profondeur et dans le port de Burgas à 0,5 mètre.

Sous-genre HALACABUS proprement dit.

Halacamf Basteri var. affmis Trouefisart.

C5ette variété, créée par Trouessart (1896&) pour une forme qui n'était connue jusqu'à présent que de la Méditerranée, se distingue de l'espèce type par ime taille moins grande et la

forme des trois paires de poils placées sur la partie intérieure du cinquième article des pattes antérieures. Ces i)oils, au lieu d'être courts et forts à pointe émoussée, comme c'est le cas chez le type, sont au contraire longs et terminés par une pointe eflUée.

D'après les observations de Lohmahn (1889) le cycle évolutif d'Halacarus Basteri exige une année entière. Les larves et les nymphes que l'on trouve pendant toute la belle saison n'accomplissent leur développement définitif qu'en hiver, époque à laquelle seulement se montrent les adultes. Ces observations ont été confirmées par Tbouessabt (18946 et 1896&), aussi bien pour le type que pour la variété. N'ayant pas eu à ma disposition des récoltes draguées pendant l'hiver, il m'a été impossible de constater ce fait. Cependant il convient de noter ici que les individus capturés en mai étaient moins avancés dans leur dévelopx>ement que ceux que j'ai recueillis pendant les mois de juillet et août.

Sur plus de cent, soixante-dix exemplaires dragués en différents points de la zone littorale de nos côtes vers la fin de mai, en juillet et août, il ne s'en trouve pas un seul qui ait ses organes génitaux bien développés. Longueur totale des plus grands exemplaires, 760 {x.

Halacarus Basteri var. affmis est moins commune que l'espèce précédente ; on la trouve presque partout dans la zone littorale, mais semble plus fréquente entre 14 et 25 mètres environ. Draguée en différents points sur le littoral de Sozopol et Anchialo par 0,5 — ^28 mètres de profondeur, dans le port de Burgas à 0,5 mètre, et à Messemvria entre 4 et 15 mètres. Le plus grand nombre d'exemplaires (soixante-treize) de cette variété a été capturé par 15 mètres de profondeur sur le littoral d'Anchialo.

SouB-genre C0PID00NATH1TS Trouessart, 1888. Halacarof gradUpes Trouessart.

Par son corps allongé, ses pattes grêles et cylindriques, cette

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espèce se laisse facilement distinguer de toutes les autres du même genre habitant nos côtes. Sur la plaque notogastrique se dessinent deux bandes longitudinales, dilatées dans leurs parties postérieures et finement fovéolées, se prolongeant en arrière jusqu'à l'extrémité du corps. Hypostome triangulaire, large et relativement court, n'atteignant pas tout à fait l'extrémité du second article des palpes. Longueur totale du cori>s, 370-436 fx.

Cette espèce, dont la dispersion géographique et la distribution en profondeur sont très entendues (Tbouessabt (189M) l'a trouvée dans un dragage provenant de 1.400 mètres de profondeur du golfe de Gascogne) est assez rare dans la mer Noire, du moins sur le littoral exploré. Elle est même très rare jusqu'à la profondeur de 12 mètres et ne parait plus fréquente qu'entre 12 et 25 mètres. Par le plus grand nombre d'exemplaires (vingt et un) cette espèce est représentée dans une récolte draguée à 15 mètres de profondeur sur le littoral d'Anchialo. Quelques rares exemplaires ont été capturés à Sozoi>ol entre 4 et 23 mètres et à Anchialo par 6 à 9 mètres de profondeur.

Halacarof gracilipes var. aoadiiooitata Trouessart.

Cette variété ne diffère du type que par une taille plus grande et la présence de quatre côtes saillantes longitudinales sur la plaque notogastrique. Ces côtes sont séparées par des aires relativement larges et réticulées, et se prolongent en arrière jusqu'à l'extrémité du corps. L'hypostome est plus allongé que chez le type, dépassant l'extrémité du second article des palpes. Longueur totale du corps, 395-465 jx.

La variété est aussi rare sur nos côtes que le type. Le plus grand nombre d'exemplaires (trente-huit) a été capturé sur le littoral d'Anchialo, à 15 mètres de profondeur. Dans la même localité, mais à la profondeur de 10 mètres, je n'ai trouvé que deux exemplaires. Quelques exemplaires ont été dragués à Sozopol par 12 à 28 mètres, et sur le littoral de Messemvria par 18 mètres de profondeur.

Halacanu ocnlatiu Hodge.

Cette espèce est très voisine des deux suivantes, mais elle en diffère par la forme de ses plaques oculaires. Ces dernières, au lieu d'être terminées en arrière par une pointe, se prolongent en forme de queue au delà de l'insertion de la troisième paire de pattes. L'hypostome atteint l'extrémité du second article des palpes. Sur la plaque notogastrique se trouvent deux bandes saillantes à fovéoles étoilées, se prolongeant jusqu'à l'extrémité IK)stérieure du corps. Les plaques oculaires portent deux cornées. Les griffes sont pectinées. Longueur totale du corps, 346-460 (x.

Haktcartts ocuUUus est très commune dans la zone littorale de nos. côtes, surtout jusqu'à 16 mètres ; au delà de cette profondeur, l'espèce devient plus rare. Draguée dans le port de Burgas à 0,6 mètre de profondeur, à Anchialo entre 0,6 et

15 mètres ; quelques rares exemplaires ont été capturés sur le littoral de Sozopol par 4 à 28 mètres et à Messemvria entre 7 et

16 mètres de profondeur.

Halacaros riiodoitigma (rosse.

Outre sa dimension plus grande, cette espèce diffère de la précédente par la forme des plaques oculaires, l'absence de bandes longitudinales sur la plaque notogastrique et son hypostome plus court n'atteignant pas l'extrémité du second article des palx>es. Les plaques oculaires sont angulaires en arrière, mais ne se prolongent pas en queue. Toutes les plaques sont couvertes de fovéoles étoilées. Griffes non pectinées. Longueur totale du corps, 410-670 jx.

L'espèce est très rare sur nos côtes. Il en a été trouvé sur le littoral de Sozopol quatre exemplaires à 28 mètres, un à 14 mètres et un autre à 4 mètres de profondeur. Sur le littoral d'Anchialo deux exemplaires ont été dragués par 6 mètres et deux autres par 15 mètres de profondeur.

AIICH. DE ZOOL. EXP. ET OÉN. — V SÉRIE. — T. VII. — (vi). 21

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Halacams tabellio Trouessart.

L'hypostome est très allongé dépassant l'extrémité du second article des palpes. Le milieu de la plaque de l'épistome porte une double impression saillante et f ovéolée en forme de deux O majuscules accolés. Ce sont les seuls caractères qui nous pennettent de distinguer cette espèce des deux précédentes. Les plaques oculaires se terminent en arrière par une pointe aiguë, mais ne se prolongent pas en forme de queue. La plaque notogastrique porte deux bandes saillantes longitudinales. Les fovéoles couvrant les plaques de la cuirasse sont de différentes formes : simples, étoilées ou en rosaces. Griffes non pectinées. Les expansions lamelleuses sur les pattes, qui d'après Tbgxtessabt (1894 b) seraient bien développées chez les individus des pays chauds (Sénégal, baie de Dankar) et rudimentaires chez ceux des côtes de France, manquent chez les exemplaires de la mer Noire. D'après cet auteur, le corps de l'animal atteint 650 jx de longueur. Les plus grands exemplaires que j'ai pu trouver sur nos côtes ne dépassent pas 385 {x.

Cette espèce, bien que plus fréquente que la précédente, est assez rare en général sur les côtes explorées, et très rares jusqu'à 12 mètres de profondeur. Par le plus grand nombre d'exemplaires elle est représentée dans une récolte draguée par 15 mètres de profondeur sur le littoral d'Anchialo. Quelques rares exemplaires ont été capturés à Sozopol entre 4 et 28 mètres, et à Messemvria, par 7 mètres de profondeur.

Halacanu Fabridi Lohmann.

Ealacarus Fdbricii de nos côtes diffère quelque peu de l'espèce normale par la conformation des deux épines pectinées de la première paire de pattes et l'absence de prolongement spinifère à la base de ces épines. Sous ce rapport, les exemplaires de la mer Noire se rapprochent de ceux habitant les côtes de France. Des deux épines, si caractéristiques pour la forme normale, et qui se trouvent sur le cinquième article de la première paire

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de pattes, rantérieure, c'est-à-dire celle placée plus près de Textrémité distale de Tarticle, est grêle, sétiforme et faiblement pennée ; Tautre est assez forte, mais relativement très courte, et également faiblement pennée. Deux épines pennées sur le cinquième article de la seconde paire de pattes, et une sur Tàrticle correspondant des deux dernières paires. Les plaques oculaires sont anguleuses en arrière et portent deux cornées à peu près également développées. Les grieffs de la première paire de pattes sont plus petites que celles des autres pattes. Longueur totale du corps 450-520 jx.

L'espèce est très commune sur les côtes explorées, et paraît plus fréquente à des petites profondeurs. Draguée sur le littoral de Sozopol par 5 mètres de profondeur, dans le port de Burgar à 0,5 mètre, à Anchialo entre 0,5 et 16 mètres et sur quelques points du littoral de Messemvria par 3 à 7 mètres de profondeur.

Genre LOHMAHNELLA Trouessart, 1901.

Leptognathuê Hodge, 1863,

Trouessartella Lohmann, 1901.

Lohmannella faleata (Hodge).

C'est l'espèce la plus rare sur nos côtes. Je n'en ai trouvé qu'un ^eul exemplaire jeune (nymphe, longueur totale du corps, 544 fx), sur le littoral d'Anchialo par 15 mètres de profondeur. Comme je l'ai déjà dit plus haut, cette espèce doit habiter normalement une profondeur supérieure à 28 mètres. Trouessaet (1894 a et 1894 h) l'a trouvée en assez grande abondance dans le Pas-de-Calais entre 25 et 58 mètres de profondeur.

Sofia, mars 1907.

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