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ET DU SINUS VENTRAL

A Graff a indiqué, dans le genre Nephdis, l'existence de quelques fibres musculaires dans l'enveloppe conjonctive de la chaîne ganglionnaire. Un fait analogue a été découvert par Ph. François chez le BrancheUion et Pontolodella.

Guidé par ces faits, j'ai cherché à les vérifier chez les onze espèces d'Hirudinées récoltées en Roumanie.

J'ai étudié parmi les Rhincobdellides les neuf espèces suivantes : Glossosiphonia siagnaliSy G, complanala, G. concolor, G. palvdoaa, G. heterodita, G, tesselata, G, Hemiclepds G. marginata, G, Placobddla catenigera et G. Pisciccfla geomdrica.

Mais, parmi les Arincobdellides je n'ai pu examiner que les deux espèces : Hirudo medicinalis et Hemopis aanguisuga. Ces espèces, et probablement toutes les Hirudinées, possèdent autour de la chaîne ganglionnaire une gaîne de tissu conjonctif d'épaisseur variable ; les fibres de tissu conjonctif de cette gaine sont disposées en cercle et forment trois systèmes de couches : deux qui enveloppent et séparent les connectifs l'un de Tautre et le troisième qui enveloppe les deux premiers. Dans le tissu conjonctif, on trouve intercalées des fibres musculaires presque intimement collées à la substance nerveuse. Le nombre de ces fibres varie ; mais on peut remarquer que chez les Rinchobdellides, ces fibres sont moins nombreuses que chez les Arinchobdellides. Le calibre de ces fibres musculaires est ici beaucoup plus petit que celui des fibres musculaires trouvées dans le reste du corps, aussi bien chez les Rinchobdellides que chez les Arinchobdellides.

Les Arinchobdellides étudiées, c'est-à-dire Hirudo et Hemopis, possèdent en plus un second système de fibres musculaires qui leur est propre (fig. 1, A. /m 2) ayant le même

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rôle que le ^stème précédent (fîg. l, A fm l). Ce second système consiste en quelques fibres musculaires isolées dans la gaine de tissu conjonctif condensé qui entoure le sinus ventral dans lequel se trouve la chaîne ganglionnaire.

La gaîne de tissu conjonctif, enveloppant la chaîne gangUon-

fi

Fio. 1. A. Cuupe tranBVirsale à travers le siniLs ventral et par la obaine ganglionnaire située dans ce Binas chez VHemopiê ianguùuga ; /ml, flbrev musculaires du névrllôme ; /m2 second système de fibres musculaires ; ee, épithéLam cœlomlquo. — B, Ooupe transversale dans un nerf chez Hemicleptii marginata près de sa sortie do ganglion m, fibre musculaire; n, névrilème x 420.

naire, se continue aussi sur les nerfs qui partent des ganglions et leur forme un névrilème.

Chez VHemiclepais marginata et Olossosiphonia œmplanata, j'ai pu suivre, dans quelques nerfs, une fibre musculaire (fig. 1. B.m) qui se détache des fibres musculaires de la chaîne

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ganglionnaire, courre sur une certaine distance dans le nevrilème du nerf et puis s'implante dans le tissu conjonctif du corps.

Quel est le rôle de ces fibres musculaires appartenant au système nerveux ?

On sait que les Hirudinées sont très contractiles. Ainsi, une Sangsue adulte, à l'état d'extension maxima, atteint une longueur de 20 centimètres, et lorsqu'elle est fortement contractée, elle prend la forme et les dimensions d'ime olive. Dans cette contraction, le système nerveux suit aussi les autres organes; mais, tandis que chez les autres Animaux, le système nerveux suit la contraction du corps d'une manière passive, chez les Hirudinées, il est actif aussi grâce à la musculature qui lui est propre. Cette musculature est représentée chez les Rinchobdellides par les fibres musculaires de la gaine de tissu conjonctif qui entoure la chaîne ganglionnaire et quelquefois du nevrilème des nerfs. Outre ces fibres, on trouve encore, chez les Arinchobdellides, un nombre variable de fibres musculaires dans le tissu conjonctif condensé qui entoure le sinus ventral.

Au sujet de ces fibres musculaires, Ph. Français est dans l'erreur lorsqu'il dit que la zone corticale du myolène est homogène. Ces fibres présentent la structure qui est normale chez les Hirudinées ; c'est-à-dire qu'elles sont formées d'un sarcoplasme axial qui contient le noyau et d'un myoplasme cortical formé de lamelles longitudinales lesquelles, sur une section transversale, apparaissent comme des stries disposées radiairement. Une pareille structure de la zone corticale n'est visible qu'après une bonne fixation et coloration. Autrement cette zone apparaît homogène, comme elle a été décrite par l'auteur susnommé.

D'après les observations de Pérez et Gendre faites chez le Branchellion, toutes les fibres musculaires du corps, chez les individus jeimes, ont, sur les coupes transversales, un contour rond ou oval, comme chez toutes les autres Hirudinées jeunes ou adultes ; mais, dans ce cas-ci chez l'adulte, le myoplasme

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cortical se multiplie par un processus d'invagination de plis dans l'axe sarcoplasmatique de la fibre, et la fibre apparaît alors, sur les coupes, avec un contour festonné. Chez la Olossosiphonia complanata et en général chez toutes les Glossosiphonides observées, les fibres musculaires présentent, en sections transversales, un contour oval ou arrondi lorsque l'animal a été fixé dans un état voisin de l'état de repos, mais lorsqu'il a été fixé à l'état de contraction, le contour apparaît alors festonné à cause des plis que le myoplasme envoie dans la profondeur de l'axe sarcoplasmatique.

Chez VHemiclepsis tesselata surtout, les plis sont tellement profonds que la fibre apparaît, sur les coupes, comme une feuille profondément lobée. Le même fait s'observe lorsque, avant de fixer l'animal, on le tend fortement et lorsque les fibres musculaires se détachent par conséquent de leur lieu d'insertion et se contractent puissamment dans la partie de l'espace du tissu conjonctif où elles étaient situées ; le reste de l'espace restant vide. Bien des aspects décrits par les auteurs peuvent s'expliquer au moyen des faits que je viens d'exposer.

La fibre musculaire des Hirudinées possède en général un seul noyau rond ou oval avec un fin réseau chromatique et un beau nucléole. J'ai pu observer aussi des exceptions à cette règle : Hemidepsis tesselata, par exemple, possède fréquemment deux noyaux dans les fibres musculaires dorsoventrales ; leur forme est alors allongée et ils sont disposés, transversalement. Parfois ils sont éloignés l'un de l'autre parfois presque appliqués l'un contre l'autre, preuve qu'ils sont le produit récent de la division directe du noyau primitif imique.

J'ai observé toujours, dans les fibres musculaires dorsoventrales de la PlacobdeUa catenigera, jusqu'à 5 noyaux, tous allongés et souvent lobés aux deux extrémités, disposés transversalement et possédant chacun un grand nucléole.

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B. Les muscles dorso-ventraux

Je puis ajouter encore ici deux faits relatifs à la musculature de la Olodsosiphonia bioadata.

Les fibres musculaires dorso-ventrales de cette espèce présentent, vers le milieu de leur longueur, ime interruption dans la gaîne myoplasmatique, par où le sarcoplasme fait hernie

FiG. 2. A. Coupe transversale d'une fibre musculaire dorao-ventrale de la OloêêonfJumia kioeulata ; n, noyau ; f, eiarcoplasma ; m, myoplasma. Fix. LIndtay, color. Bien-polichrome x 1500.

au dehors avec le noyau (fig. 2, A.), Cette disposition nous rappelle les fibres musculaires des Nématodes. Un cas analogue a été cité par Ch. Pérez et Gendre pour les fibres musculaires diagonales du Branchellion,

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