LA CUTICULE
Dans la littérature des Hirudinées, nous n'avons pas jusqu'à présent des données certaines sur le rapport qui existe entre les fibres musculaires et la cuticule. Ainsi Graf pour Nephelis et Leydig pour Clepsine disent seulement que les fibres musculaires près du tégument se ramifient en forme de doigts. A cela s'ajoutent encore les observations plus récentes de Ch. PÉREZ sur le mode d'insertion des fibres musculaires dorso-ventrales de la ventouse postérieure du BraiicheUion, Ici les fibres s'arrêtent dans le voisinage des parties profondes des cellules épithéliales ectodermiques et s'insèrent sur la cuticule produite par ces cellules par des fibres tendineuses empruntées à ces cellules.
Toutes les fibres tendineuses forment ensemble comme une sorte de pinceau de forme triangulaire avec la base tournée vers la cuticule. Ce mode d'insertion est donc semblable à l'un des trois modes d'insertion décrits par Holmgren dans le vagin de Sarcophaga.
J'ai remarqué la manière suivante d'insertion pour les fibres musculaires dorso-ventrales de la Olossosiphonia complanata, La fibre
musculaire se divise en deux ou trois Fw. s. coupe transversale de l'hypo
, • y *A j. \ j* dorme de la face ventrale de Oto«-
brancheS qui s arrêtent a une dis- gonphonia eomplanata : h, cellules
tance, égale à deux fois la longueur Si^fXLmrmScdaiJ^' des ceUules épithéUales; chacune de ^r^l^^r^^t^^^^^^^
ces branches est formée par un Sar- flbre musculaire. Zenker-Benda
coplasme axial et par un myoplasme
cortical ; le sarcoplasme s'arrête brusquement ici en prenant la
forme d'un doigt de gant, tandis que le myoplasme se sépare
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en ces sortes de fibrilles élémentaires ; ces fibrilles s'écartent en forme d'éventail et vont s'insérer sur la surface interne d'un groupe de cellules ectodermiques sans pénétrer dans le corps^de ces cellules (fig. 3).
Plus intéressante encore est la manière dont s'insèrent •les fibres musculaires de la trompe des Glossosiphonides.
Fm. 4. L2 tien d'une coupe tninsversaie de la trompe de Olouoêiphonia biocukUa ; ri, cuticule interne ; t, tendons d'inierUon sor cette cuticule ; ep, cellule épithéliale ; m, fibre musculaire radiaire ; ce cuticule externe : /' tendons ; ml fibre musculaire longitudi* nale. O gaine de la trompe avec ses fibres musculaires longitudinales m m'. Zenker* •afranine-carmin d'indigo picrique x 500.
Ces fibres s'insèrent par leurs deux bouts sur la cuticule externe et interne de la trompe au moyen de fibres tendineuses. La fibre musculaire, en se dirigeant vers la cuticule interne qui tapisse le canal de la trompe, ne se divise pas et ne change pas de calibre. Elle va s'insérer directement sur la cuticule entre les cellules épithéliales ectodermiques par un tendon
HISTOLOGIE DES HIRUDINÉES 407
formé de fibrilles tendineuses courtes (fig. 4, t) Ces fibrilles tendineuses sont la continuation directe des fibrilles musculaires et proviennent de la chitinisation de leurs extrémités. Par la coloration avec la safranine et Carmin d'Indigo picrique, après la fixation par le liquide de Tellyesniczky, la cuticule se colore en bleu clair (et de même le tissu conjonctif), les fibrilles tendineuses en bleu plus intense, tandis que la fibre musculaire se colore en jaune vif par l'acide picrique. La cuticule et les fibrilles tendineuses ont ensemble rasi)ect d'une brosse dont la plaque est représentée par la cuticule et les I>oils par les fibrilles tendineuses. Les cellules épithéliales sont rares de sorte qu'ici la cuticule est sécrétée, en partie, aussi par les fibres musculaires. Sur le tiers de la section transversale de la trompe (fig. 4) on ne voit que deux de ces cellules.
L'insertion directe des fibres musculaires sur la cuticule à côté des cellules épithéliales et la rareté des cellules épithéliales font supposer que ces fibres musculaires sont des cellules épithéliales ectodermîques transformées .
Sur la cuticule externe de la tromi)e, l'insertion s'effectue de la même manière, c'est-à-dire par des fibrilles tendineuses (fig. 4, ti), avec cette seule différence que la fibre musculaire se divise en 2-3 branches, et entre ses branches sont placées 2 ou 3 fibres musculaires longitudinales. Les cellules épithéliales ectodermiques sont ici très amincies, et allongées, et ont leur noyau placé vers l'extrémité Hbre. Cela, à cause des conditions mécaniques dans lesquelles elles se trouvent. En effet, les fibres musculaires longitudinales s'appuient presque directement sur la cuticule et puisqu'elles sont très serrées, elles compriment latéralement les cellules épithéliales, en les allongeant.
Dans les figures données par A. Bourne (pi. xxix, fig. 18- 20-22 et 24) sur la structure de la tromi)e, on voit clairement qu'il a figuré comme épithélium externe de la trompe la section transversale des fibres musculaires comprises dans la gaine
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de la trompe. Cette erreur est due au fait que les cellules épithéliales qui ont souflEert cette compression n'ont pas été rapportées à la cuticule et que l'espace qui les sépare les unes des autres n'est pas visible à cause du contact intime entre la trompe et sa gaîne.
Hoffmann nie complètement l'existence d'un épithélium sur la surface externe et interne de la trompe.
En ce qui concerne la structure de la gaîne de la trompe, il dit aussi que même avec les plus forts grossissements, on n'aperçoit pas d'épithélium sous la cuticule, de sorte que celle-ci
est placée directement sur la couche de tissu conjonctif qui lie les fibres musculaires de la graine (fig. 6, Tab. V {•^ de Hoffmann).
-^ Antérieurement, en décrivant l'in-
sertion des fibres musculaires sur la cuticule, j'ai parlé aussi de la disposition de l'épithélium externe et interne de la trompe. La gaine consist-e en un épithélium simple, formé de petites ''°-K-.^T.ru^Xtde«w cellules aplaties. Ces cellules sécrètent r»irufirCS.iLr;™!:: '* «"*•«"!« ^e la gaîne de la trompe.
flbre musculaire. Zenker-safra- Cette fi^aînc DOSSèdc Sa prODrC mUSCUnine carmin d'indigo plcrique. or- x- x
lature représentée par une série de fibres musculaires longitudinales intimement soudées à la face profonde des cellules épithéliales. Quand ces fibres musculaires se contractent, l'épithélium qui constitue la gaîne et sa cuticule forme des plis circulaires.
Sur une coupe longitudinale dans la trompe, ces plis circulaires sont coupés transversalement ; chaque pli ayant deux cellules épithéUales (fig. 5).
Comme il a été question des fibres musculaires radiaires, de la trompe, j'ajoute encore ici quelques détails sur leur morphologie, puisque les descriptions données par Bourne, Hoffmann et Johansson sont incomplètes et ne concordent
HISTOLOGIE DES HIRUDINÉES 409
pas avec les faits observés par moi. Voici comment se présentent ces fibres sur des coupes transversales faites dans la trompe de Glossosiphonia compla- ^^^^
nata : La fibre musculaire, s'insère ,
d'un côté, sans se diviser, sur la cuticule du canal de la trompe ; le sarcop^asme pend vers le bas, vers la cuticule externe, comme une goutte, sur le côté enflé de laquelle se
trouve le noyau. Le myoplasme ^^^^
couvre le sarcoplasme jusqu'à la région enflée où se trouve le noyau ; à partir d'ici, les lames de myoplasme se groupent en faisceaux (de 3 à 6), „
qui vont s'insérer au moyen d'un .^
nombre égal de petits tendons sur -/^
la cuticule externe. Ces faisceaux — H^
contiennent entr'eux 2 ou 3 fibres ^^
musculaires longitudinales. La fibre,
en entier, donne l'impression d'un fic.ô. Fibre musculaire radiaire de u
' ^ trompe de Qloesonphonia eompla'
vase sur trépied ; le vase serait repré- "«^ *' ^' ^^ cuticule interne; t et
^ <i, tendons; f mliet fml 2^ fibres
sente par le sarcoplasme, le trépied musculaires longitudinales; n,
noyau ; #, sarooplasma ; c, ex, cuti-
par les faisceaux de myoplasme cule externe; /*, /asclcules de
.^ . fibrilles musculaires. Zenker-Ben-
(ng. O). da X 420.
n. — Les éléments hlstologiques de la cavité générale du corps, du système vasculaire et des organes génitaux.
La cavité générale du corps, le système vasculaire et les organes génitaux des Clepsines contiennent, dans le liquide qui remplit ces organes, des éléments cellulaires libres ou fixés sur leurs parois.
Je puis donner les observations suivantes sur ces éléments chez Olossosiphonia œmplanata :
I) Le système vasculaire contient des cellules libres qui
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circulent dans le courant du liquide sanguin. D'après Cuékot, ces cellules sont identiques aux amibocytes cœlomiques. Oka prétend la même chose.
Pourtant, il est à remarquer, comme on peut voir sur une coupe transversale à travers la Olossosiphania complanatay qu'il existe ime difiFérence morphologique entre ces deux éléments cellulaires. En ayant en même temps, dans le champ du microscope, des amibocytes cœlomiques du sinus dorsal, de ceux du vaisseau dorsal contenu dans ce sinus, la difiFérence entre ces deux éléments apparaît au premier coup d'œil. Les amibocytes sanguins (fig. 7, A) sont plus petits que ceux de la cavité générale (fig. 7, B.) Le noyau est rond, oval ou en forme d'haricbt, contient de nombreuses granulations de chromatine et il est dépourvu de nucléole. Le cytoplasme est plus réduit que chez les amibocytes cœlomiques et ne contient pas de granulations spécifiquement colorables. Il apparaît homogène. Je ne puis dire s'ils ont des propriétés phagocytaires.
2) Les amibocytes cœlomiques (fig. 7, B,) sont un peu plus grands que les amiboyctes des vaisseaux sanguins. Leur noyau possède un riche réseau chromatique et im beau nucléole. Le cytoplasme est plus développé que celui des amibocytes sanguins. Ces cellules, contrairement aux amibocytes sanguins, sécrètent de nombreuses granulations basophiles. Leur basophilie est évidente, car ils se colorent en rouge avec la safranine. La quantité de ces granulations varie ; parfois elles sont peu nombreuses, parfois elles sont tellement nombreuses que l'amibocyte entier apparaît coloré en rouge. Ce fait n'est pour nous étonner puisque autrement les Hirudinées seraient les seuls animaux dont les leucocytes ne présenteraient pas la propriété de produire des granulations semblables. Ces amibocytes possèdent la propriété phagocytaire très développée, comme cela fut prouvé par Kowa- LEVSKY au moyen des injections intra-cœlomiques de poudres inertes ou de bactéries.
Il est à remarquer que ces amibocytes se phagocytent
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entr'eux. Un amibocyte englobe un autre de la même taille que lui et la proie étant très grande, le protoplasme du phagocyte l'entoure seulement d'une très mince couche de protoplasme. A cause de cela, le noyau du phagocyte est aplati. (Voir fig. 7, B.) Il est à remarquer aussi que l'amibocyte englobé ne présente, pendant les premiers stades d'englobement aucun signe évident de dégénérescence. On a ici, pour ainsi dire, un cas de phagoc3rtophagie. Je- dois ajouter que
Fio. 7. A, Trois amibocytes sanguins de la Qloeaoiiphonia complanala, — B. Amibocytes cœlomiques du même individu ; celui d'en haut possède des granulations dans le protoplasma, celui d'en bas est en phagocytose, x 1500.
la Glossosiphonia complanata chez laquelle a été observé le fait décrit, était dans la phase d'hibernation.
3) Les amibocytes génitaux, (fig. 7, C.) plus grands que les amibocytes du cœlome, se présentent, en coupes sous forme ovale, et avec le noyau situé excentriquement. Ils possèdent la propriété phagocytaire comme on le savait déjà.
4) Dans le cœlome, outre les amibocytes libres, que j'ai déjà mentionné, on trouve encore, attachées sur sa paroi, des cellules, qui se distinguent nettement des amiboyctes par leur taillebeaucoup plus grande,taillequivarie avec l'âge (fig. 7. D,), Chez les animaux jeunes, ils sont plus petits que chez les adultes. Le nombre des noyaux varie aussi ; chez les indi-
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vidus jeunes on trouve en général un seul noyau par cellule, mais chez les adultes ou les vieux on en trouve jusqu'à 2 ou 3, qui résultent de la division directe du noyau primitif unique. Kowa- LEVSKY a montré que, si nous introduisons dans le cœîome une solution de tournesol bleu, ces éléments se colorent en rose, à cause des petifs globules qui présentent cette couleur et qui sont répandus dans leur protoplasma. Et, parce que ces globules présentent une réaction acide, ces éléments ont été nommés par lui Cellules acides. Cette réaction des globules s'obtient aussi par les couleurs d'aniline basique. Ainsi, avec la coloration avec la Safranine-Lichtgrun, ou avec la Safra-
nine-Carmin d'indigo picrique, les globules se colorent en rouge à cause de la Safranine, comme la chromatine du noyau. Le protoplasma de ces cellules a une structure spongieuse, comme l'a déjà montré Ko- WALEVSKY et Oka. Brumpt pré- C Fi.î. 7. c. Amibocyte du tes- ^^^ ^^ns SOU travail, « R^proticuie. X 1500. duction dcs Hirudinées «. que la
structure du protoplasma est granuleuse ; cela est certainement dû à une mauvaise fixation Sur le rapport des globules acides avec le protoplasma spongieux, Kowalevsky dit « qu'ils semblent être disposés entre les globules de la substance mousseuse ». Les cellules acides de la Olossosiphonia hiocuUUa, fixées par le liquide de Lyndsay et colorées par le bleu polychrome montrent que les rapports de ces globules avec le noyau est semblable à celui d'un globule de sécrétion, c'est-à-dire qu'il est compris dans une vacuale du spongioplasme. Les cellules acides, sont par conséquent de puissants éléments séorétoires et le produit de leur activité sont les globules acides. Par leur réaction, on pourrait dire que ces globules sont d'origine nucléaire, comme on les considère généralement. Mais ce n'est pas le cas, car le noyau ne subit pas une diminution de sa chromatine pendant cet acte sécrétoire. Les globules, comme
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tout produit de sécrétion, doivent être expidsés de la cellide dans le liquide lymphatique ; mais ces globules ne se trouvant pas libres dans le liquide lymphatique, il est possible qu'ils soient éliminés sous forme liquide. En même temps que TéUmination des globules, leur substance subit une transformation
Fia. 7. D, Cellule acide fixée sur la paroi p do la lacune ; n, noyau ; A, sphdro hyaline. La Btructure spongieuse du protoplasma et les lobules acides n'ont pas été figurés. Zenker-Benda x 1600.
chimique, parce que le liquide lymphatique n'est pas acide, mais alcalin.
A part ces petits globules de sécrétion possédant les propriétés chromatiques du noyau, la cellule sécrète encore des boules hyalines qui absorbent les colorations plasmatiques. Ainsi, avec la double coloration Safranine-Lichtgrun, ces globules se colorent en vert par le lichtgrun. Ils ne contiennent jamais des enclaves chromatiques, mais elles présentent, à leur intérieur,
AACII. Dt ZOOL. EXr. ET GÉ.\. — 4« SlillIE. — T. VII. — (iX). 3l
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des espaces plus clairs. Ils sont situés toujours dans le voisinage immédiat du noyau ; cela prouve en quelque sorte que le noyau joue un rôle dans leur genèse ; ils se présentent comme s'ils résultaient d'une transudation du noyau, mais l'interprétation de leur origine réelle est difficile à trouver. Le globule jeune est tout à fait petit et occupe une vacuale du protoplasme dans le voisinage immédiat du noyau ; avec le temps, le globule croît fortement et distend la vacuale, et comprimant le noyau produit à sa surface ime excavation qui contient en partie la boule hyaline, et le noyau prend ainsi plus ou moins la forme d'ime calotte (fig. 7, D, h.).
Le nombre de ces globules hyalins varie ; dans la figure, citée plus haut, on ne voit qu'un seul de ces globules ; il peut y en avoir davantage autour du noyau, et alors chacun comprimant sur le noyau et produisant une cavité, il résulte pour le noyau en coupe, une forme étoilée.
Ces mêmes cellules sécrètent encore de petits globules pigmentaires jaunes qui n'ont pas de rapports avec les globules acides et hyalines précédemment décrits. Gbaf considère la substance de ces globules, comme substance d'excrétion, c'est pourquoi il les nomme cellules excretophorea.
D'après lui, ces cellules, après qu'elles se sont chargées de substances d'excrétion pigmentaire, quittent la cavité générale par des mouvements amœboides et pénètrent dans le tissu conjonctif où elles donnent naissance au pigment des Hirudinées. En faveur de sa thèse, Gbaf cite encore la preuve suivante : ces cellules prennent par la voie phagocytaire et accumulent des substances figurées inertes, conmie par exemple le carmin lorsqu'on l'introduit dans le corps par la voie digestive. Cette substance prise du contenu de l'intestin par les leucocytes est cédée aux excrétophores. (Cette expérience a été faite chez la Nephelis).
D'abord ces cellules ne présentent ni la propriété phagocytaire ni des mouvements amœboides ; d'ailleurs, il n'est pas besoin qu'une ceUide excrétrice soit réellement un phagocyte
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pour mériter ce nom. Ces ceïluleB, même si elles sont excrétrices, accomplissent cette fonction comme une ceUule rénale, en sécrétant la substance d'excrétion par un acte glandulaire.
Les descriptions des différents auteurs qui se sont occupés des cellules acides (les excrétophores de Graf) des Glossosiphonides ne concordent pas et sont incomplètes. Cela provient de ce que les uns ont décrit seulement des stades fonctionnels isolés de révolution de ces cellules, dans les différentes conditions d'âge ou de ce qu'ils ont en vue seulement quelques espèces isolées. KowALEVSKY décrit ces cellules chez la Olosaoavphonia complanaia et trouve des globules acides. Graf constate la présence des globules jaunes mais il n'a pas vu les globules acides. Oka n'a vu ni les globules jaunes, ni les acides. Les sphères hyalines n'ont pas été décrites.
On peut donc établir ici que les cellules acides possèdent des globides jaunes chez les espèces fortement pigmentées et qui se nourrissent du sang des vertébrés, comme par exemple la PlacdbdéUa, Hemidepsis marginata, Oloasosiphonia stagnalis, tandis que la Olossosiphonia complanaia et bioouiata ne possèdent pas ces globules.
KowALBVSKY dit ne pas avou* trouvé chez Néphélis et HirudOy des cellules complètement identiques aux cellules acides des Clepsines ; mais le tissu botrioîdal de ces animaux présente beaucoup d'homologie d'après les réactions qu'il montre vis-à-vis du tournesol. Les cellules du tissu botrioîdal possèdent, à leur base attachée aux parois des vaisseaux, des globules de pigment et à leur moitié supérieure libre des globtdes acides ; le noyau se trouve à la limite entre ces deux régions. Cette disposition je l'ai trouvée généralement chez la Olasêosiphonia pahidosa et elle nous rappelle parfaitement la disposition montrée par Kowalevsky chez la Nephdis.
Les globides jaunes qui remplissent les cellules botryoïdales de la Nephelia donnent la réaction noire spécifique des graisses, après les Hquides fixateurs osmiques. Ainsi : après 24 heures de fixation avec le liquide de Hermann, ces globules
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prennent la couleur noire opaque qu'ils perdent après un séjour prolongé dans Tessenoe de girofle ; après la coloration avec Safranine-Lichtgrun, on les voit colorés faiblement en rose par la Safranine. Nous pouvons donc distinguer, dans les globules du tissu botryoîdal, deux substances de nature chimique différente. Le trame, le squelette, pour ainsi dire, du globule est formé par une substance albuminoîde qui absorbe le colorant nucléaire, et par une graisse qui imprègne la première. Ce substratum du globule pourrait être considéré comme une sorte de plaste dans lequel se dépose la graisse.
Je puis ajouter encore que chez la Nephdis atomaria var. reticukUa, j'ai remarqué, sur une série de coupes, de nombreuses cellules botryoïdales collées sur la paroi du sinus ventral qui contient la chaîne ganglionnaire.
Dans le tissu conjonctif qui remplit la cavité générale des Glossosiphonides on trouve les cellules, nommées jaunes^ parce qu'elles apparaissent, colorées en jaune à cause des globules qu'elles contiennent. Ces globules, qui remplissent le corps de la cellule, apparaissent en effet jaunes lorsqu'ils sont vus par transparence. Ces cellules n'ont aucune trace de réseau plasmatique qui puisse être mis en évidence par des réactifs. Il est à remarquer aussi que le noyau chez la Ohssosiphonia complanata a l'aspect chiffonné et possède de petites granulations de chromatine ; en revanche, il a im grand nucléole oval ou rond. Le nucléole présente, à son intérieur, une grande vacuole pleine avec un liquide incolorable. A cause de cette structure, le nucléole apparaît comme un puissant anneau chromatique. Parfois la substance chromatique du nucléole forme à sa périphérie de nombreuaes croûtes lenticulaires situées les unes à côté des autres, simidant ainsi un noyau en Karyorhexîs.
Ces globules jaunes sont, d'après leur propriétés, de même nature que ceux des cellules acides. Gbaf nomme ces élé^ meni& Cellules de réserves et croit que ces globules représentent ^ne substance de réserva emmagasinée dans ces cellules. Mais
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oela n'est pas juste, car d'après les observations de Cuénot et les miennes, ces globules ne disparaissent pas par inanition. En faveur de l'idée que les globules jaunes sont des produits d'excrétion parle encore le fait qu'elles se trouvent aussi dans la néphrydie. Sur une coupe transversale de la néphrydie
Fio.8. Coupe traïusverMle par la portion glandulaire de la néphrydie de Olostosiphonia het eroelita r, vacuale ; gl globules jaunes ; n, noyau de la cellule néphridiale ; p, protoplasma. Fix. Lindaay color. Bleu polichrome x 500.
dans la portion glandulaire chez Olosaosiphonia heterodita, j'ai observé de nombreux globules jaunes ; sur des préparations fixées à l'acide osmique, elles prennent la teinte de l'encre de Chine très diluée. Un de ces globules, le plus grand, (fig. 8, gl.) est compris dans une grande vacuale creusée dans le cytoplasme néphridial ; cette vacuale est remplie d'un liquide qui se colore en bleu intense avec le bleu polychrome, cette colo-
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ration est due sûrement à l'absorption puissante du bleu polychrome qui est basique par le liquide de la vacuale qui est acide. Je crois que le liquide de cette vacuale est produit par l'effet d'une irritation que le globule jaune exerce sur le protoplasme. Le noyau n de la cellule néphrydiale, comme on voit dans la fig. 8 est déformé, cela à cause du métabolisme puissant qui a lieu dans cette cellule glandulaire. Ces cellules jaunes représentent plutôt un rein d'accumulation diffusé dans le tissu conjonctif du corps.
La forme de ces cellules jaimes est ovale chez la ParUobdeUa muricata ; elle varie entre la forme ovale et la forme ronde chez les Clepsines.
Lorsque ces cellules ont atteint la limite de croissance et de sécrétion de globules jaunes, elles changent complètement de forme. La cellule s'étrangle en son milieu et prend la forme d'une haltère. Ce phénomène d'étranglement se répète plusieurs fois dans les deux moitiés de la cellule, en donnant à la cellule l'aspect d'ime rangée de perles rondes ou ovales réunies, les unes aux autres par de courts filaments plasmatiques (fig. 9, A,),
Il peut arriver que l'étranglement se fasse d'abord en ligne droite en une direction et ensuite dans une direction perpendiculaire à celle-ci ; la cellule prend alors l'aspect d'ime rangée ramifiée de perles (fig. 9, B.),
Plus tard, les filaments unissants disparaissent et la cellule se résout dans un amas de fragments qui s'éparpiUent dans le tissu conjonctif du corps.
On voit donc que l'évolution de ces cellules présente beaucoup d'analogie avec celle des Clasmatocytes de Ranvier. C'est pourquoi je crois que nous avons affaire ici à un processus typique de Clasmatose.
D'ailleurs, on peut voir ce processus, avec quelques différences, chez toutes les cellules jaunes de toutes les autres Glossosiphonides. Ces fragments de cellules pleins de globides jaunes sont ensuite répandus dans le tissu conjonctif situé entre les
HISTOLOGIE DES HIRUDINÉES
fibres musculaires ou sous répidenne, où elles engendrent les taches pigmentaires de ces animaux.
De cette description on voit donc que le pigment des Hiru-
Pio. 9. Deux cellules Jaunes de Pontobdeiia murieata, — ^4. Cellule Jaune ayant l'aspect nx)nilifonne ; p, filament protoplaHmatique d'union ; n, noyau de la cellule. — B, Cellule Jaune ayant le même aspect, mais ramifiée ; p filament protoplasmatique ; n, noyau. Sublimé-carmin lx)racique x 500.
dinées dérive des cellules jaimes, opinion contraire à celle soutenue par Graf qui le fait dériver des excrétophores.
NOTE FAUNISTIQUE
J'ai publié dans les Annales scientifiques de V Université de Jassy (Tome m, I«^ fasc, 1904), une liste d'HIrudinées
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récoltées en Roumanie. A cette liste, je puis ajouter encore deux espèces trouvées depuis et qui ne figuraient pas dans la collection du laboratoire de Morphologie de la Faculté des Sciences de Jassy.
Branchiobdella astaci Odier. Sur les branchies et la carapace d^Astacv^ fluviatilis. Rivière Racovetzul, dép. de Méhédintzi. Clepsine concolor Apathy (1888). Cette espèce, créée par Apathy pour une forme trouvée dans les eaux de la Hongrie, est voisine de Clepsiiie complanata. La différence consiste en ce que le dos est de la couleur du café foncé et pourvu de trois paires de bandes longitudinales au lieu d'être incolore et pourvu d'une seule paire médiane de bandes, comme l'espèce complanata. Elle a été trouvée et citée aussi par Oka dans les environs de Leipzig.
Clepsine concolor, trouvée par moi dans les étangs des environs de Jassy (Cristesti), correspond parfaitement à la description qu' Apathy donne de cette espèce. Cependant n'ayant pas pu comparer mes exemplaires aux types décrits par l'auteur hongrois, un doute subsiste dans mon esprit sur l'identité absolue de ces deux formes. Peut-être s'agit-il seulement d'une variété de Clepsine complanata.
Je puis ajouter encore quelques mots sur un tait concernant Hirvdo medicinalis. Les Sangsues fraîchement pêchées et mises à plusieurs dans un bocal, colorent, après im certain temps, l'eau en vert. C'est pour désigner ce phénomène que les marchands, en France emploient l'expression « la marchandise fait son eau bien verte » (Charpentier). Cette coloration est due à une très petite Algue chlorophycée, appartenant à l'espèce SccTiedesmus obliquus (Kg.). Ces algues sont d'une part agglutinée, par le mucus qui couvre la surface du corps des sangsues et se multiplient très rapidement. D'autre part, les Sangsues, par les mouvements oscillatoires qu'elles exécutent, agitent l'eau continuellement et répandent dans le Uquide ces algues microscopiques qui colorent ainsi l'eau en vert. Si on laisse reposer cette eau, elle devient limpide et incolore en quelques
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heures, car les algues se déposent au fond du bocal, où elles forment une couche de près d'un millimètre d'épaisseur.