OaiMie de la Peâa doUira^a
Située sur le mont Collarada, Canfranc, partido de Jaca, provincia de Huesca, Espagne. — Altitude : 2.300 mètres env. — Roche : Calcaire crétacique supérieur. Date : 31 août 1905.
Matériaux : Coléoptères, Isopodes. — Numéro : 67.
L'énorme massif de la Pena Collarada est entièrement constitué par des bancs épais de calcaire crétacique et présente les phénomènes karstiques les mieux caractérisés : grottes, sources intermittentes, lapiaz, roches percées, avens, etc. L'étude géographique n'en est pas faite ; elle promet d'être fort intéressante.
Sur le versant sud du massif, un vaste plateau présente le phénomène du lapiaz sous ses formes les plus classiques. Fentes parallèles corrodées, crêtes tranchantes, cavités arrondies, trous de corrosion depuis le diamètre d'une pièce d'un sou jusqu'à celui de 30 à 40 centimètres.
De plus tout le plateau est parsemé de dépressions de forme le plus souvent circulaire et de diamètre variant entre 3 et 10 mètres. Nous en avons vu une dizaine, mais il y en a beaucoup plus, d'après les dires du guide. Des masses de neige, plus élevées au centre qu'à la périphérie, car le contact de la paroi provoque une fusion plus rapide, occupent le fond de ces dépressions.
n est difficile de savoir si ce sont là des dolines d'effondrement ou des avens formés par corrosion. La neige empêche la vue du
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fond, et ne permet pas de sonder leur profondeur vraie. L'un de nous est descendu dans une de ces dépressions dont rorifice présentait une échancrure formée par une pente d'éboulis. Au pied de Téboulis, qui avait 5 mètres de hauteur, apparaissait rorifice proprement dit, qui était circulaire et en partie caché par la paroi à pic de la dépression. Cette ouverture laissait voir un puits à parois verticales et parfaitement lisses qui était comblé de neige à 5 mètres de profondeur. Cette dépression était donc bien un aven produit par Taction extérieure des eaux s'exerçant sur une fente préexistante. Une autre dépressiom formée manifestement sur le trajet d'une faille doit être interprétée de la même façon ; mais les dolines d'effondrement doivent certainement être représentées sur ce plateau.
Quoi qu'il en soit, il nous semble que ces dépressions ne doivent pas communiquer par des fissures larges avec les grottes et galeries qui doivent traverser la masse rocheuse sous-jacente. En effet, si ces communications existaient il se formerait des courants d'air qui ne permettraient pas à la neige de persister jusqu'à cette époque de l'année.
n va sans dire qu'il n'existe ni ruisseau, ni source sur ce plateau ; toute la circulation se fait sous terre. Les bergers sont forcés, pour se procurer l'eau à boire, de détacher de gros blocs de neige, de les enfiler sur des bâtons et de les laisser fondre au soleil.
Sous les pierres qui entourent l'orifice des avens ou dolines, nous avons trouvé des Isopodes et des Coléoptères tro^ophiles.
Jeannel et Bagovitza.