Grotte d'Ozibar
Située à proximité de la ferme d'Oxibar, commune de Camou- Oihigue, Basses-Pyrénées, France. — Altitude : 600 mètres. — Boche : Calcaire probablement crétacique (d'après Martel) (1). — DaUs : 25 septembre 1904, 1^ janvier 1905 et 1^ janvier
Matériaux : Coléoptères, Aptérygogéniens , Myriapodes, Aranéides, Acariens, Isopodes, Amphii)odes, Mollusques. — Numéro: 127.
A trois reprises différentes et en des saisons diverses, j'ai pu explorer cette grotte en détail au moyen de pièges et
(1) B.-jL Maktbl. La Spéléologie au xx« dèole. {Sptiunea, tome VI, n 41.)
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d'appâts, et je l'ai trouvée aussi peuplée en septembre qu'en janvier. Son entrée est constituée par un étroit trou vertical de 2 mètres de profondeur dissimulé dans les buissons. Deux fentes donnent encore accès à la lumière dans un vestibule bas de plafond, où le sol est entièrement formé de c^rottins de chèvres desséchés. La grotte est formée de deux salles sensiblement ^ales, réunies par un étroit couloir i)ercé à travers un rideau de -stalactites. Elle est en pente ascendante dans son ensemble, de l'entrée vers le fond, et semble entièrement due à l'action des eaux souterraines. La {iremi^e salle, longue de 30 mètres, large de 10, haute de 8 mètres environ, est dépourvue de concrétions. Le sol d'argile est jonché de nombreuses pierres et de rochers. La deuxième salle, de mêmes dimensions, mais plus en pente, présente au point de vue des conditions d'habitat deux régions bien distinctes. A son entrée est un banc d'argUe où des fouilles ont été pratiquées. Au fond et à gauche s'élève un gros massif stalagmitique ; les concrétions et stalactites y abondent. Partout l'humidité est grande, et de nombreux débris de paille et de végétaux apportés du dehors fournissent nourriture et abri aux nombreux habitants de la caverne. H n'y a pas trace de Chauves-souris.
Je puis préciser assez exactement les conditions d'habitat des différentes espèces animales qui représentent sa faune aquatique et terrestre.
1^ Animatuc aquaJtiques : J'ai toujours trouvé des Amphipodcfii faciles à attirer par les pièges, dans un petit gour situé dans la première salle le long de sa paroi de droite. H est à noter que la lumi^e extérieure pénètre jusqu'en cet endroit. Par contre, dans les flaques d'eau du fond de la deuxième salle, se tiennent de nombreux Asellides. Il m'a semblé voir aussi des Copépodes,
2^ Animaux terrestres : Près de l'entrée, sous les feuilles sèches et le crottin vivent des Coléoptères lucifuges {Antisphodrus, Atheta, Bathyseia), des Lithobius, des grands Aranéides. Dans la première salle, je n'ai jamais pris de vrais troglobies; mais ceux-ci sont nombreux dans la seconde salle. J'ai pu
observer là, très sûrement, que les Oarabiques du genre AfUisphodrus se tiennent enfouis dans l'aigile. C'est en effet sous mes yeux qu'ils en sortaient, immédiatement attirés par l'odeur des appâts. Par contre les Bathyscia et Aphcmops ont toujours été trouvés courant sur les couCTétions humides, mais surtout dans les débris de paille. Les Aphœnops ont été attirés à deux reprises par les pi^es.
Dans les mêmes conditions, vivent à cet endroit et en grand nombre, les Aptérygogéniens, Diplopodes, Aranéides, l8oi)odes terrestres. Mollusques. Citons encore deux larves de Carabiques trouvées mortes au fond de la grotte sur une flaque d'eau.
Je note ici, qu'à mon avis, à part les véritables An<ypMhalmu8, tous les Coléoptères sont attirés par les appâts. Mais si les Silphides séjournent sur leur nourriture, il n'en est pas de même des Carabiques (Arvtisphoârus, Aphœnops) ; ceux-ci, en effet, attirés beaucoup plus vite que les Silphides, regagnent bientôt leurs retraites, emportant souvent avec eux, dans leurs mandibules, des parcelles de nourriture, comme j'ai eu l'occasion de l'observer dans la grotte d'Istaûrdy. De là l'utilité d'employer des pièges et non des appâts pour les capturer.
H existe encore, autour du village de Camou-Cihigue, de nombreuses grottes inexplorées, au moins quant à leur faune. De l'unes d'elles, située dans le village, sort une source salée. D est probable que leur exploration donnera lieu à de nouvelles découvertes, surtout si l'on songe que la faune si riche de la grotte d'Oxibar était encore totalement inconnue il y a un an.
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