RHABDOGÈL£S DB LA FAUNE PROFONDE DU UG LÉMAN
d*un épifhélium vibratile, comme dans la famille précédente, mais, en outre, il y a ici une double couche de fibres musculaires dont les éléments sont arrangés exactement comme ceux de la peau. L'ln« testin n'en est que l'inversion ; par conséquent, les éléments sont groupés en sens inverse, savoir : Tépithélium en dedans et l'étui musculaire en dehors. Notre Microstome représenté donc, comme tous les Rhabdocèles, une gastrula permanente. Llntestin, en vertu de cette couche musculaire, exécute ici des mouvements péristaltiques très vifs et très étendus, et qui manquent chez tous les autres Rhabdocèles connus. Notons encore l'absence, du moins apparente, du système des vaisseaux aquifères, si constants chez tous les Rhab, docèles, et dont personne, sauf Schultze, n'a pu jusqu'ici revoir la moindre trace dans nos Microstomes. M. Veidovsky les a retrouvés. Les organes sexuels, encore peu connus, présentent de grandes simplifications. D'abord les sexes sont portés par des individus diffé* rents, il y a donc lieu de distinguer des mâles et des femelles, parti* cularité qui ne se retrouve plus dans d'autres familles de Rhabdocèles. Jusqu'ici, Ton ne connaissait bien que l'ovaire. Il paraît simple, impair et débouche à la face ventrale par un oviducte sans dilatation utérine etsans poche copulatrice. Nous avons examiné^ enrevanche, des sujets mâles, et là le testicule ne nous a point paru formé par une glande ou par des glandes compactes. Nous avons vu simplement ceci, c'est que les zoospermes évoluent tout autour du sac digestif entre les mailles du mésoderme. Le parenchyme de celui-ci est, en effet, formé par un tissu conjonctif réticulaîre semé de noyaux à l'entre-croisement des fibres. C'est peut-être aux dépens de ceux-ci que se forment les zoospermes, mais qu'ils viennent de là ou des autres feuillets, toujours est-il qu'on les trouve engagés et formant des traînées fasciculaires autour du sac digestif. Ces traînées convergent à la base d'une vésicule séminale globuleuse pourvue de parois distinctes et se continuant dans un pénis tubuleux, chitineux et en faucille. Les zoospermes mûrs sont fiagelliformes. Le manche du fouet semble légèrement tordu, et il se termine par un long cil vibratile.
H G. ÛUPLESSIS-GOUHET.
La maturité sexuelle pour les mâles semble être en septembre.
Station et localités. — Les Microstomes abondent dans le détritus moléculaire du fond, et ceci dès v2 mètres jusqu'aux plus grands fonds. La drague à râteau nous en a ramené dans ces conditions par 30 mètres de fond devant Morges et par 45 mètres de fond devant Ouchy (Lausanne). L'espèce est aussi très commune, comme la précédente, dans toutes les petites mares soit permanentes, soit temporaires, qui bordent le lac entre Morges et Lausanne et communiquent plus ou moins directement avec lui. Les individus du fond sont donc émigrés de la faune littorale.
Dernièrement, nous en avons retiré de 150 mètres devant Ouchy.