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G. DUPLESSIS-GOURET

en quatre faisceaux qui fonctionnent comme rétracteurs des segments susdits. Ces muscles ont leurs libres nettement striées en travers, fait jusqu'ici unique pour les* Rhabdocèles d'eau douce et qui s'accorde avec l'énergie et la promptitude de leurs contractions. Aussi notre espèce est-elle l'animal le plus vif de tout le groupe, ce qui explique Tépithète de veiox qui lui est souvent appliquée dans la synonymie. Le pharynx, en rosette relativement petit, est entouré d'un repli circulaire formant le sac de la trompe et placé au centre de la face ventrale où il s'ouvre par un porc buccal arrondi. C'est dans cette gaine que débouchent par deux rameaux transverses les deux vaisseaux aquifères très rami&és, et dont on voit ici l'ensemble et les détails. Au point de convergence, ils forment une petite ampoule comme chez le Mesostomum cyathua. Le sac digestif a ses cellules souvent teintes en rose ou en orangé par l'absorption des sucs semblablement colorés des petits Entomostracés du fond. L'espace mésodermique entre la peau et l'intestin est comblé par un réticule conjonctif à largos mailles. Dans ce mésoderme on voit parfaitement, grâce à sa transparence^ les organes sexuels savoir : deux testicules compacts sacciformes et souvent colorés en rouge par des gouttelettes pigmentaires; ils convergent par deux conduits déférents dans la vésicule séminale pyriforme se continuant par un pénis chitineux en col de bouteille. L'ovaire, petit et impair, s'accompagne d'un oviducte dilaté en deux diverticules utérins pairs, et recevant une poche copulatrice. Il y a aussi deux vitellogènes sacci* formes. Les œufs sont rouges.

Station et localités. — L'espèce, commune dans les tourbières et les prés inondés, se trouve par 45 mètres de fond en abondance dans le détritus du lac devant Ouchy. Là les exemplaires presque microscopiques sont entièrement incolores alors que ceux du littoral montrent mieux la nuance rosée susdite. Les yeux sont presque invisibles, mais nous n'avons pas encore trouvé de sujets aveugles. Les animaux nagent et rampent sur les parois des vases avec une vélocité caractéristique et tâtonnent de tous côtés avec leur trompe.

RHABDOCÈLES DE LA FAUNE PROFONDE DU LAC LÉMAN. »7 Espèce n^ 4. Mesottoma trunculum,0. Schm. Mesostomum trunculwn,0. Sch. Turbella truncula. Die. Mesostomum banaU'cum, Graff.

Description.— Longueur. 2 millimètres à2"",5 selon l'âge et l'extension des sujets. Les jeunes sujets souvent sont microscopiques et presque invisibles sans loupe. — Forme. Ruban très mince lancéolé en arrière, un peu tronqué en avant. — Couleur, Les exemplaires du fond sont entièrement incolores et translucides. Ceux du bord sont un peu jaunâtres. Les yeux forment à la pointe antérieure du corps deux fort petites taches noires ou brunes.

Particularités anatohiques. — La transparence des tissus permet ici de voir facilement tous les organes. Ce qui frappe avant tout, c*est la situation de la bouche et de la trompe. Ces organes, au lieu d'être, comme chez les autres Méspstomes, au centre de la face ventrale, sont, en effet, placés au tiers postérieur vers la portion caudale. Du reste le pharynx, la bouche, le sac de la trompe et le sac digestif se comportent ici comme chez les autres Mésostomes et n'offrent plus rien de spécial à noter. La peau étant si transparente laisse fort bien voir les traînées des bâtonnets sous- épidermiques. Ces deux traînées s'entre-croisent au niveau du ganglion céphalique bilobé et forment un X, un véritable chiasma, qui se voit mieux que chez aucune autre espèce. Les deux testicules en sac et les deux vitellogènes massifs se voient très bien sur les flancs cheminant dans le mésoderme presque jusque aux yeux. On voit très bien les spermiductes minces s'insérer sur une vésicule séminale pyriforme, portant un pénis chitineux. L'oviducte^ qui est la continuation d'un court ovaire médian, débouche dans le sinus génital commun qui reçoit, en outre, une longue poche copulatrice. Le sinus s'ouvre par un seul pore médian.

Il n'y a qu'un seul œuf mûr à coque brune. Les vaisseaux aquifères sont très nets comme chez l'espèce précédente et se rendent à la gaine de la trompe.

Station et localités. — L'espèce se tient, dans le fond du lac, parmi les débris d'Entomostracés pélagiques morts qui tombent et

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s'^ccumulpnt d^ns ces régions profondes. D^oas l'avons eue fort commiinément devant Ouchy par 45 mètres de fond. Ei^ rev^ncbç, nous ne Tavons jamais retrouvée sur le littoral, ni dans les étangs ou marais du canton,

OBKRB II. TYPELOPLANA (OSG. BCflH.).

DéFivrrioN. — Animaux constamment aveugles, de très petite taille; souvent colorés en vert ou en jaune par des algues, parasites unicellulaires.

EspÈGB n<» \. TypMoplana viridata, Eh. Planaria viridata^ HulU Derostoma virtdatum, Dug. Menostomâ viridatumi M. Schult. Typhhplqm variabilis^ Oerst. MesoUoma lapqnkum^ 0. Schm. Planaria prusina, Dalyell. TypMoplana pràsina, Johnst. Derostoma voraXi Johi^st.

Description. — ^Longueur, Ka plus t millimètre. Les petits sujets, tout & fait microscopiques rappellent absolument certains Infusoires piliés, surtout la Paramécie verte, -r- Forme. Celle d'un très mince ruban lancéolé aux deux bouts. — Couleur, D'uu beau vert pré plus QU moins foncé suivant les sujets. Certains individus sont vert jauniltre; d'autres presque incolores.

PiRTiGULARiTBs ANAToiiiQUEs. :^ Cette ospèce, avouglo comme ses congénères, est la seule espèce du lac ayant la peau verte. Cette nuance dépenc), comme Brandt Ta établi récemment, d'algues unipellulaires parasites (zoocblorelles) vivant dans le protoplasma cellulaire du ver et permettant parfaitement h ces animaux, dur este voraces et carnassiers, de' supporter ui^ jeûne absolu en livrant i leur corps des substances nutritives tirées directement des combinaisons inorganiques de l'eau. On trouve des sujets incolores qui. n'ont que très peu de ces granules; d'autres, au contraire, en sont tellement farcis qu'ils paraissent opaques et ne laissent guère voir les organes internes. On remarque seulement le pharynx médian en rosace où se jettent les deux troncs aquifères dont on n'aperçoit

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que l^ rameai} trapsverse et Topigifie de^ troncs latéraux. On voit aussi, de droite et de gauche, les vitellogènes et les testicules p^ifs et compacts.

Statioii et LOGAUTis. — Nou9 avons ?u coBstamment cette espèce dans l^ limop et le détritus releva par 30 mètres devant Horgeç sur le lien nommé le Rebord du mont. L'espèce ^ trouve aussi très fréquemment au fond du lac de Jfouz daps le Jmra suisse à { 000 mètres au-dessus de la mer*

F. FAMILLE PKS YQfiTICWJSS (GRAFF).

DÉFunnoN. — Ce sont des Rhabdocèles à pore sexuel unique avec vitellogènes et testicules formant des glandes paires et compactes. Ovaire impair avec organes accessoires tels que utérus et poche copulatrice. Vésicule séminale se continuant dans un pénis revêtu d'une armure chitineuse compliquée.

Genre I. yortex (Ehrbnb.).

DÉFnnnoN. — Yorticidés à bouche ventrale et antérieure avec pharynx en tp^y^eau.

Espèce n* 1. Voriex intermedius, Nob. lortex truncatus, Autt. variet ?

Dbsgbiptuni. — Longueur. 1 et demi h 3 millimètres dans la plus grande extension. — Forme» Celle d'une virgule k tète plavifprme en avant et une queue lancéolée en arrière. Face ventrale aplatie; face dorsale très bombée.— Couleur. La nuance générale est café au lait. Cette teinte est due i une poussière pigmentaire très fine contenue dans les tissus, surtout dans le mésoderme. Le dos présente sur ce fond clair un réseau fort élégant composé de marbrures pigmentaires à mailles allongées. Cette apparence est produite par des cellules pigmentaires étoilées mésodermiques, dont les prolongements s'anastomosent. Yeux noirs en demi-lune, formant deux points très écartés.

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Sac digestif ovale paraissant comme une petite tache grisâtre à travers la peau.

Particularités anatomiques. — La peau est composée d'un épithélium plat et polygonal dont les éléments ne se montrent bien qu'avec le nitrate d'argent. Le reste des organes n'offre pas de particularités sauf les organes sexuels. En effet, les testicules pairs et compacts se rendent dans une vésicule séminale grande et bilobée. Les zoospermes ne sont pas capillaires comme chez le Vortex truncatusf mais en fouet avec le manche ondulé et claviforme. Peut-être que ces différences ne suffisent pas pour établir cette espèce; aussi ne l'inscrivons-nous qu'avec un point d'interrogation, bien que ces sujets diffèrent du Vortex tronqué par la nuance claire, les marbrures de la peau, le front bombé et la taille plus grande. Un nouvel examen est en tout cas nécessaire.

Stations et localités. — Ce Vortex abonde dès le rivage aux profondeurs. C'est ainsi que nous l'avons dragué à Ouchy par 4-5 mètres et à Morges par 30 mètres. Nous ne l'avons pas vu dans les içarais et étangs.

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