‹ Archives de zoologie expérimentale et généraleChapitre 67 sur 154 · FRÉDÉRIC HOUSSAY · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC HOUSSAY

glandes entouraat les deux organes, joaction opérée à la suite da grand déyeloppement de ces parties.

On peut objecter à ce rapprochement que :

1* Le canal longitudinal des Gastéropodes débouche tout à fait à la partie antérieure du pied, tandis qu'il s'ouvre notablemenl plus bas chez les Acéphales ;

2« Que ce canal est ramifié chez les Acéphales, simple chez les Gastéropodes ;

3* Que les glandes sécrètent des productions trop différentes pour être comparables;

4« Que la gouttière transversale de Tarôte antérieure du pied des Gastéropodes est supprimée et qu'une gouttière longitudinale est ajoutée.

Ces objections ne me semblent pas de nature à faire rejeter cette comparaison. Examinons-les successivement, nous aurons ainsi l'avantage de préciser les rapports des parties :

l"" Le canal longitudinal des Gastéropodes débouche au fond de la gouttière transvei*salc de Tarète antérieure du pied ; mais la lèvre supérieure de cette gouttière a une certaine épaisseur; il me paraît que chez les Acéphales c'est cette lèvre supérieure qui a pris un développement plus considérable de façon à former la pointe du pied, c'est-à-dire la partie comprise entre l'extrémité supérieure de la gouttière longitudinale et TjBxtrémité de l'organe. Et cela d'autant plus, que cette pointe du pied est assez généralement formée d un amas de cellules à mucus {Sckleimdrùse^) analogues, sinon identiques à celles qui entourent la gouttière transversale des Gastéropodes. Ces cellules n'ont point abandonné leur fonction mucipare et ne jouent aucun rôle dans la préparation du byssus.

2» Ce canal longitudinal est ramifié dans un cas et point dans l'autre, cela est très facile à comprendre : à une glande développée correspond un canal ramifié, et l'homologue de ce canal petit fort

I CARRitRC, Diê Drusen im Fust der Lam$Uib. (Arb, InsL WurtMburg., t. V, 1879.)

OPERCULE ET GLANDES DU PIED DES GASTÉROPODES. 281 bien rester simple si la glande elle-même a une extension moindre.

3* La diffërencc des matières sécrétées ne constitue pas une ob« jection ; car il n'y a pas une différence plus grande entre une glande qui produit du mucus et Tautre de la chitine, qu'entre deux glandes sécrétant Tune de la chitine, l'autre du calcaire, fait qui se présente pour les appareils à byssus.

D'ailleurs, dans les Acéphales où la glande à byssus existe et ne fonctionne pas pour donner de la chitine, elle peut, dans certains cas, donner du mucus. J'ai du moins vérifié le fait pour la Venus deetusata.

4* La suppression du sillon transversal et l'adjonction de la gouttière longitudinale peuvent aussi aisément se concevoir.

En raison de la première remarque, le sillon transversal devrait exister au point où finit la gouttière longitudinale, à sa partie antérieure; mais, eh effet, il en reste un représentant, ou du moins un petit sillon transversal que l'on peut considérer comme tel, au fond duquel vient justement déboucher le tube longitudinal ramifié.

La gouttière longitudinale est une partie réellement surajoutée & la suite du développement plus considérable de la glande et de son fonctionnement nouveau.

Cette assimilation, qui a pour elle un certain nombre de faits, permet de se rendre compte assez bien des rapports des parties dans le pied des deux groupes de Mollusques qui nous occupent.

Pour nous résumer très brièvement, nous dirons donc que l'opercule n'est homologue ni à la deuxième valve d'une coquille ni au byssus des Acéphales. C'est une production particulière à laquelle jusqu'ici nous ne connaissons rien de comparable.

Quant à la glande byssogène, elle trouverait son homologue dans la glande pédieuse des Gastéropodes.

PBtDtMG HOUSSAT.

EXPLICATION DGS PLANCHES.

Page 1