CONTRIBUTION A LA TECHNIQUE HISTOLOOIQUE
Par le docteur Ilermano Fol, Professeur à rUniverailé de Genève.
{ZHtschr,Wiss. /oot, XXXVIII, 3.)
Pour saisir subitement et coaguler les tissus vivants et les petits organismes, on a fait connaître, dans ces dernières années, tant d'excellentes méthodes qu'il peut paraître superflu d'en proposer de nouvelles. Cependant, celui qui u fait des méthodes connues un largo emploi pratique n'ignore pae que chaque méthode ne réussit que dans certaines circonstances et dans des cas déterminés. Dans d'autres conditions et sur d'autres objets, elle n'est d'aucun usage.
Parmi tous les réactifs propres à tuer et à fixer instantanément les petits organismes^ on emploie surtout l'acide osmique, soit seul, soit uni à l'acide chromique et à l'acide acétique, la liqueur picro-sulfurique de Klelnenberg, la dissolution de sublimé de Lang.
Si excellents que ces réactifs soient dans la plupart des cas, aucun d'eux ne m'avait permis d'obtenir les infusoires marins de la famille desTintinnodéa avec le corps étendu et la couronne de cils déployée. On atteint, il est vrai, ces résultats par l'immersion brusque dans les solutions fortes d'acide osmique, mais on obtient des préparations fortement noircies et flétries qui ne permettent pas un plus ample examen histologique. Après plusieurs tâtonnements, je rencontrai un réactif qui n'est pas encore, que je sache, usité en histologie, le perchlorure de fer. Quant au mode d'emploi, la solution alcoolique m'a surtout réussi, et particulièrement la solution la plus faible de la pharmacopée anglaise. Pour l'usage, il faut étendre fortement celle solution jusqu'»^ 2 pour 100 avec de l'alcool à 60 degrés. Si l'on veut tuer tous les animaux qui nagent dans un grand bocal, il faut naturellement employer un mélange moins dilué; mais il ne faut jamais verser la solution concentrée directement dans l'eau do mer; car il se produit alors d'abondants précipités qui détériorent complètement la préparation. Quand tous les organismes sont tombés au fond du vase, il faut décanter l'eau etlaver le résidu avec de l'alcool à 70 degrés. Si l'on veut enlever aux tissus tout sel de fer, il faut ajouter à Talcool d'un second lavage une ou deux gouttes d'acide chlorhydrique. La coagulation est si complète, que l'action rapide de l'acide étendu ne saurait être nuisible. Non seulement les Infusoires et les Rhizopodes, mais des animaux pélagiques d'une certaine taille, tels que Méduses, Cténophores, Salpes, Hétéropodes, Doliolum, larves pélagiques ; en un mot, les formes les plus délicates peuvent être transportées et conservées dans l'alcool avec Tintégrité de leur forme extérieure, leur structure histologique et leur épithélium ciliaire. Quand, à l'aide de l'alcool acidulé, on a. enlevé aux tissus leur teinte jaune, l'aspect des animaux transparents est très satisfaisant et l'opacité peu sensible. Si l'on veut
NOTES ET RfiVUE. xi
ou faire des coupes ou simplement obtenir des préparations colorées, les tissus ainsi préparés se teignent parfaitement à l'aide du carmin ; mais ici se produit l'inconvénient de la méthode : les tissus absorbent trop de matière colorante et la conservent avec ténacité. Aussi faut-il, à l'aide de l'alcool acidulé, débarrasser, s'il se peut, complètement les tissus des sels de fer; même dans ce cas, ou n'obtient pas de très bonnes sections. Il existe cependant une méthode particulière à l'aide de laquelle on obtieut une coloration excellente et de tons bien tranchés. Elle consiste à mêler à Tûlcool quelques traces d'acide gallique (une ou deux gouttes d'une solution à 1 pour iOO). Après vingtquatre heures, on lave par Talcoo), et l'on obtient pour le protoplasme une teinte brun clair, taudis que le noyau est coloré en brun foncé. Sur les muscles stries, les disques sont alternativement clairs ou foncés, les membranes et la substance interstitielle restent incolores. Je n'ai pas besoin de dire que la coloration est très iixe. Au point de vue esthétique seulement, la méthode laisse à désirer ; elle s'adresse à l'observateur, non au préparateur.