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ESSAY DES MERVEILLES DE NATURE

Les niais s'amusent à faire parade, et des feintes en l'air, et faire la beste, mais il faut toujours prendre la ieinte pour le coup, car souvent on tire sans feinte, et pour bien faire il faut que le coup suive immédiatement la feinte.

Il faut aussi que le pied et la main aillent tout d'un temps.

Jamais il ne faut retirer le bras et le pied pour mieux <ionner, et de plus grande roideur, c'est une erreur populaire.

Jamais il ne faut reculer, mais toujours advancer et pousser. Car en retirant pour donner, Tennemy voit Tenir le coup, et pendant que vous retirez il vous prévient et vous donne.

S'ouvrir ou se donner en personne, c'est quand, ou pour attirer votre ennemy et le tromper, ou par mesgarde vous déjoignez les armes, et montrez tout vostre estomach ^t toute vostre personne, faisant beau jeu à vostre ennemy pour vous percer tout outre. Se serrer au contraire, c'est joindre ses armes, et quasi couvrir sa personne du ileuret et de l'espée blanche ou du poignard.

Risposte, s'appelle quand on donne et qu'on reçoit quasi en même temps. Ainsi dit-on, cestuy là a la

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risposie prompte, car ÎI vous respond, et vous reslilue tout aussitust le coup que vous lui avez preste.

Ceux qui ont bien les armes en main ne craignent pas la risposte, d'autant que le fort de leur épce les pare.

Qui sçait bien manier l'espée n'a guères affaire de poignard pour parer les coups. Car du fort il prend le foible, c'est à dire, il reçoit la pointe de l'espée de son ennemy sur le fort de la sienne, et la fait voler en l'air, el la rompt ou au moins esquive le coup.

Un des grands secrets, c'est de sçavoir bien mesnager le fort de son espée, c'est une invention d'un brave maistre du jeu des armes.

On dit passer, lorsque l'un s'ouvrant trop, ou n'eslanl pas bien sur ses gardes, l'autre lui donne un coup en plein, droil, et comme s'il luy vouloit passer sur lo venire, el après lui avoir donné Je coup à travers il le vouloit renverser sur le pavé. Or, si celuy à qui on porte ce coup, se retourne de costé, retirant le pied droit en arrière, le coup passe en l'air, et luy cependant porte droit au cœur le coup d'estoc qu'on lui vouloit donner et cela se dit quarter, c'est à dire en esquivant le coup de celuy qui veut passer sur nous, ou nous passer l'espée à travers le corps, nous deslournant un peu, démarcher et l'enfiler luy mesme.

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On n'use point à cette heure de taille, d'estramasson ou semblables coups; tout passe maintenant en estocades et donner de pointe, plustot que du tranchant de l'espée : car ce sont horions et vrais coups de Suisses et d'Allemans, que ces revers et coups ramenez à force de bras pour avaller une espaule, ou couper un jarret tout net, etc.

Sous le règne de Louis XIII, les maîtres d'armes de Toulouse, dans le but d'exciter l'émulation chez leurs élèves, résolurent de réunir ces derniers dans un concours annuel, et de décerner des prix aux deux vainqueurs de ce tournoi.

Une épée en vermeil était la récompense du premier ; le second recevait une épée en argent. Un peu plus tard, les capitouls et le corps de ville firent supporter la dépense de ces prix par la ville de Toulouse, dont les armes furent gravées sur la lame de ces épées.

Ils accordèrent en plus, à qui les avait mérités, l'entrée franche au spectacle et le droit de se présenter à THôtel de Ville avec Tépée.

Il fallait être d'une famille noble ou honorable pour

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prendre part à ce concours qui avait lieu au même m ment que celui des Jeux floraux.

M. de Montandier, avocat et capitoul sous Louis XI\^^ remit en vigueur cet usage qui commençait à tomber e = désuétude.

En 1754, le plus ancien maître d'armes de Toulous-^ était Plate, dont le père, Taïeul et le bisaïeul avaie enseigné Tescrime.

Le bisaïeul avait même été un des promoteurs d l'institution des prix.

Une gravure de Bonnart, qui vivait sous Louis XIV^, représente un maître d'armes en costume de l'époque ; au bas de la gravure se trouve le quatrain suivant :

Au lieu qu'on ne sauroit sans honte Les moindres couches endurer, Ce maître à se faire bourrer Trouve son honneur et son compte.

Pierre Daniel, avant d'être maître d'armes, s'était battu en duel et avait tué son adversaire.

Ne pouvant obtenir de Lettres de rémission, il alla se réfugier à Orléans, et y attendit qu'un nouvel évêque eut fait en sa faveur usage de son droit épiscopal.

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