CHEVALIER DE SAINT-GEORGE
La vie du chevalier de Saint-George était bien faite pour tenter les biographes : aussi a-t-elle été décrite plusieurs fois.
Nous sommes surtout redevables à La Boëssière fils de nous avoir laissé, dans son traité d'escrime, des renseignements très précieux sur l'élève de son père.
Saint-George naquit à la Guadeloupe, le 25 décembre 1745 ; il était mulâtre.
Son père, M. de Boulogne (qui devint fermier général), l'amena à Paris dès l'âge de dix ans, et lui fit donner une brillante éducation.
Saint-George avait treize ans lorsqu'il fut mis en pension chez La Boëssière père ; il y resta six années. Les matinées étaient employées à son instruction ; il passait le reste de la journée à la salle d'armes.
Il apprenait avec la plus grande facilité tout ce que ses maîtres lui enseignaient.
l8j ARCHIVES DIÎS .MAITRES D'ARMES.
Ses progrès en escritnp ne fiirenl pas moins rapides.
A quinze ans, dit La Bocssière, il ballaîl les plus foris Tireurs; à dix-sept ans, il avair acquis la plus grande viiesse; avec le icmps, il joignil à la prompte éxecution. dts connaissances qui achevèrent de le rendre inimitable.
Saint-Gtorge conserva celte vitesse jusqu'à quaranltans; à cet âge, il se cassa le tendon d'Achille du pied gauche. Cet accident lui arriva en dansant dans un bal,
Saint-George était parvenu à la taille de cinq pieds six pouces (i°',783); il était trJs bien fait et doué d'une force de corps prodigieuse- Bon cavalier, élégant danseur, nageur infatigable, tous les exercices du corps lui étaient familiers; il excellait dans tous.
11 gagna, étant en Angleterre, un pari de cinq cents livres au prince de Galles en franchissant d'un bond les larges fossés du château de Richmond.
Violoniste remarquable, il a laissé des concertos et surtout un menuet célèbre qui porte son nom.
Toutefois, nous devons ajouter qu'il s'essaya dans la composition de plusieurs opéras-comtques, mais qu'il n'y réussit pas.
A la (in de l'année 1775, l'Opéra étant sur le point d'être mis en régie, plusieurs sociétés se présentèrent; Saint-George, qui était à la tête de l'une d'elles, fut à la veille d'obtenir la direction du théâtre.
Mais Sophie Arnould, Guimard, Rosalie, etc., inlbrmées de ce fait, adressèrent aussilSt un placet à la reine.