‹ Archives du diocèse de Chartres (volume 2)Chapitre 27 sur 69 · ÉGLISE DE BAILLEAU-L EVÊQUE · texte numérisé non relu

ÉGLISE DE BAILLEAU-L EVÊQUE

L'église de Bailleau-rEvôque comporte deux parties fort distinctes. La partie primitive remonte au douzième siècle. On le reconnaît à ses petites fenêtres romanes, très étroites, placées au sommet des murs comme des meurtrières de forteresse, et armées de fortes barres de fer.

De cette même époque sont les petits contreforts peu saillants en granit rouge à gros grain, et qui semblent autant un ornement qu'un soutien de l'édifice. Les deux murs latéraux de la nef, portent ces signes caractéristiques. Ils avaient chacun trois fenêtres d'inégale grandeur. Il n'en reste plus qu'une de chaque côté ; les quatre autres ont été agrandies et refaites dans le genre ogival.

Tout le reste de l'édifice a été rebâti au XVP siècle. On y a ajouté deux chapelles latérales d'égale grandeur et formant transept. Le pignon de Téglise a été reconstruit à la même époque. Mais, chose assez bizarre, la grande porte est ogivale avec nervures et chapiteaux, tandis que les trois fenêtres, placées au-dessus, sont plein cintre.

Quelle a été la raison de cette reconstruction de la majeure partie de l'église de Bailleau-l'Evêque au XVP siècle ? Pour peu qu*on sache l'histoire de notre pays chartrain, à cette époque, il est facile de s'en rendre compte. En 1568, les huguenots, sous les ordres de Condé, assiégeaient la ville de Chartres. Or, les historiens du temps nous racontent que les assiégeants, furieux de ne pouvoir s'emparer de la ville, brûlèrent la plupart des églises de la contrée ; et l'église de Bailleau a certainement été de ce nombre. La preuve en est dans la découverte que les ouvriers maçons ont faite en 1899, en ouvrant les quatre fenêtres sus dites dans les murailles primitives du XIP siècle. Ils trouvèrent, en effet, sur le sommet de ces murs et sous les sablières actuelles, de la cendre, des pierres et du mortier calcinés

D'un autre côté, sur la pièce de bois qui forme le faîte du lambris, les ouvriers del'époque ont gravé en chiffres très apparents : 1583. Or, de d 568 à 1583, c'est bien le temps qu'il aura fallu employer pour se mettre en mesure d'exécuter un pareil travail.

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