II. — Hydrographie
Ruisseaux ou vuidanges. — Kn ce qui concerne le régime des eaux, la commune de Broué appartient au bassin de l'Eure.
Aucun cours d'eau proprement dit ne la traverse, à moins qu'on ne fasse rentrer dans cette catégorie les fossés servant momentanément à Técoulement des eaux après les grandes pluies ou la fonte des neiges.
Par une délibération en date du 14 novembre 1819, le conseil municipal de la commune de Broué a désigné ainsi qu'il suit les a vuidanges » qui devaient être entretenues sur la dite commune.
a N" 1. Vuidange partant de la mare du dit village de « Broué allant aux fossés.
a Largeur : 4 pieds — I mètre 30 centimètres
a Profondeur : 3 pieds — 1 mètre
« Largeur au fond : 2 pieds — 65 centimètres.
(1) extrait du papier censier de Badonvillo.
BRoiK (775 + 15 c.) 'i
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a N"" 2. Vuidange partant de la Cannetière, passant le « long de la pâture d'Orvilliers et se dirigeant dans la a pièce de terre de M. Louis Aulet entre deux sillions « qui portent aussi vuidange jusqu'au territoire de la « commune de Germainville. »
a Largeur : 4 pieds.
« Profondeur : 3 pieds.
« Largeur au fond : 2 pieds.
a N* 3. Vuidange partant du bout de la pâture de <t M. Oudard se dirigeant le long du chemin de MaroUes « à Badonville, vers le petit Bois et de là au travers du a dit bois jusqu'au fossé du grand chemin de Paris. »
« Largeur: 2 pieds 2a Profondeur : i pied 5-
« Largeur au fond : i pied.
<c N^ 4. Vuidange partant de la mare de Tentrée de a MaroUes vers Dreux, se dirigeant le long du chemin de « Marchezais jusqu'au bout de MaroUes. »
a Largeur : 3 pieds.
« Profondeur : 2 pieds.
« Largeur au fond : 1 pied.
« N* 5. — Vuidange partant de la mare du Marchis a dans MaroUes, passant le long du clos de la veuve a Butet, traversant le chemin de MaroUes à Havelu, se a dirigeant le long des fossés Délaisse jusqu'à la pièce « de seize arpents de la ferme de MaroUes (1) ».
a Largeur : 5 pieds.
a Profondeur : 2 pieds.
a Largeur au fond : 2 pieds.
(1) C'est dans cette vuidange n? 5 que se jette aujourd'hui le fossé servant à Técoulement des eaux qui proviennent de la laiterie de la Société des Fermiers Réunis.
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a N* 6. — Vuîdange partant du bois Souillard, se diri- « géant vers la mare à Petitpas, passant le long des clos « de Bécheret, traversant Bécheret et se dirigeant le c long du plant d'arbres jusque au territoire de la comc mune de Boutigny. y>
a Largeur : 5 pieds.
« Profondeur : 2 pieds ^.
a Largeur du fond : 2 pieds.
« Fait en séance à Broué le i^ novembre i8d9.
Signé : Blomdeau. — J. Alleaume. — L. Aulet. — Vathonnb. — Louis Aulet. — Lefèvre. — Da- GRON et A. DE Senarmont.
Puits et mares. — La commune n'étant arrosée par aucune rivière^ ses habitants ont toujours eu recours à Teau des puits et des niares pour les besoins du ménage, la boisson des bestiaux et le lavage du linge.
Indépendamment de quelques puits particuliers, la commune possède 9 puits communaux, savoir : 4 dans le village de Broué : le puits dit de la Forge, creusé ce en 1416 par Noël Suzanne 9 et recreusé à 37 mètres de profondeur en 1901 par Lemoine ; le puits du Presbytère, 36 mètres de profondeur, fait en 777 (1) ; celui du chemin de Germainville, 28 mètres de profondeur, dont la date du forage nous est inconnue. Nous savons cependant qu'il est indiqué sur le plan de Broué, daté de 1751 et qui est déposé aux archives départementales.
Enfîn^ le puits dit de l'Ecole, projeté le 11 février 1858, n'a été creusé qu'en 1874 sur une parcelle de terrain cédée à
(1) Ces deux dates 1416 et 777 étaient gravées sur les margelles détruites en 1901 .
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la commune parM.Tousseux. Il a 24 mctrcsde profondeur.
On trouve 4 puits d'une profondeur moyenne de 15 mètres, dans le hameau de Marolles et un puits de 10 mètres à Bécheret.
Nous n'avons, en ce qui concerne ces derniers, aucun document qui puisse nous indiquer leur origine.
En 1900 et 1901, des pompes système Haussant de Vouvray-sur-Loir ont été installées dans ces neuf puits par M. Dorléans, monteur. Cette installation nécessita une dépense de 8400 francs.
Eolienne. — lîn 1895, les habitants de Broué présentèrent au conseil municipal une pétition tendant à obtenir une distribution d'eau par canalisation.
D'après le projet, cette eau devait être élevée d'un puits dans un réservoir spécial au moyen d'un moteur à air, dit eolienne.
Jusqu'aujourd'hui (1902) il n'a pas encore été possible, étant données les modiques ressources de la commune, de donner satisfaction au vœu des habitants.
Espérons cependant que le jour viendra où Broué, comme Marsauceux et Bù, aura sa canalisation d'eau.
La municipalité, qui dotera son pays d'un tel bien-être, aura droit à la reconnaissance perpétuelle des habitants de la commune.
Nature des eaux. — \u point de vue de leur nature, les eaux des puits de Broué sont généralement bonnes et potables.
Le tableau ci-dessous donne le résultat de l'analyse que nous avons faite de l'eau du puits dit de la Forge.
Cote du fond du puits H9"'50
Cote du niveau de l'eau 128 »
Cote de la margelle 156 50
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Essai à l'eau de chaux pour ] Précipité blanc se disreconnaître la présence de Ta- > solvant en partie après cide carbonique libre. . . . ) agitation.
Essai à la teinture alcooliaue J ,, , ,
^ ( Mousse peu abondante, de savon pour reconnaître si ) ,, '^ . , \ petits grumeaux.
I eau est calcaire '
Essai à la teinture de bois j de campèche pour reconnaître / Coloration rouge-jausi elle renferme du bi-carbo- l nàtre.
nate de chaux /
Essai au ferro-cyanure de !
potassium pour reconnaître la ? Nulle, présence de l'oxyde de fer. )
L'approvisonnement de la commune en eau a été de tout temps l'objet de la sollicitude des municipalités.
Les mares communales sont nombreuses. La plupart datent d'un temps immémorial ; d'autres sont d'une époque plus récente et toutes ont subi des agrandissements pour le plus grand bien de la population.
Mare de la Mairie. — Le i*' septembre 1817, le conseil municipal a décidé l'acquisition d'une parcelle de terrain de 2 perches 4 pieds de longueur et 1 perche
I I pieds de largeur ; ce qui fait 3 perches carrées 8 pieds =de superficie.
Cette parcelle était destinée à l'agrandissement de la mare actuellement connue sous le nom de mare de la Mairie.
Le terrain fut vendu par M™'' Bonnet, née Besnard pour le prix de 125 francs.
Le 10 avril 1852 fut dressé le plan ci-dessous, joint à un procès-verbal d'arpentage et d'enquête rédigé par
M. Godefroy, arpenteur, à la requête de la commune et
du sieur Havard.
Mare de lu Mairie.
Après cette enquête, la mare fut de nouveau délimitée, et au mois d'août 1852, les murs d'appui qui la bordent au nord, au sud et à l'ouest étaient construits.
Mare du Jeu de Paume. — Le 25 octobre 1818, la commune de Broué a acquis de M"" François Gueux la mare dite Fleury et le terrain devenu depuis le Jeu de Paume.
La mare du Jeu de Paume fut agrandie en 1836. Le 24 août de la dite année, il fut acheté à cet effet, à M. Montéage, une parcelle de 6' 19' de terre moyennant la somme de 111 francs 42.
Le Mapchis. — C'est en 1822 que fut rétablie ta mare dite du Marchis, à Marotles.
Aux termes d'un acte en date du 25 août de la dite année, il est fait abandon, pour agrandir cette mare, d'une parcelle de terrain par le sieur Loyson et d'une autre par le siegr Metey.
BROUÉ
Mare aux Corneilles. — Par une délibération en date du 31 janvier 1835, le conseil municipal vota la création d une ms^re sur le chemin de Broué à Goussainville, à proximité du village de Broué.
Ce projet ne fut mis à exécution qu'en 1838, époque à laquelle M. Dablin vendit à la commune de Broué une portion de terrain de 12* 38^^ moyennant 175 francs.
Telle fut Torigine de la Mare-aux-Corneilles.
Mare à Rémy Dieuzy. — Par un acte sous seing privé en date du 22 décembre 1839, M. Jean Aube, cultivateur à Bécheret, a vendu à la commune de Broué, pour le prix de 239 francs 25 centimes, un terrain de 8 ares 69 centiares, contenant une mare dite Mare-à-Rémy-Dieuzy.
Mare du Bout-de-MaroUes. — En 1840 survint une contestation entre les communes de Ser ville et de Broué, relativement à la propriété de la mare située à Textrémité de MaroUes vers Dreux.
Dans sa délibération du 20 septembre 1840, le conseil
municipal de Serville revendiqua la propriété de la mare quia été portée sur cette commune par les agents du cadastre.
Le 17 octobre 1840, le plan ci-dessus fut dressé par
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Lesprillier et, dans sa séance du lendemain, le conseil décida de s'opposer aux revendications de la municipalité de Serville et d'épuiser, s'il le fallait, toutes les juridictionspossibles.
Le différend semble en ôtre resté là et les habitants de Marolles continuent à jouir paisiblement de la mare en question.
Mare du Presbytère. — En 1853 fut agrandie la mare du Presbytère.
Par décret impérial du 23 novembre 1 853, la commune de Broué a été autorisée à distraire, à cet effet, une parcelle de terrain de 1 are 68 centiares des dépendances du presbytère.
Autrefois, cette mare avançait jusque sur la route ; un mur d'appui y fut construit, et pour solder les frais d'agrandissement de plusieurs mares communales, la commune contracta un emprunt de 600 francs.
Mare de la Gaularderie. — Le 27 mai 1869, quarante neuf habitants du hameau de Marolles présentèrent au conseil municipal une pétition ayant pour objet l'agrandissement de la mare dite de la Gaularderie.
Le Conseil, dans sa séance du 29 du même mois de mai 1869, faisant droit à la requête des habitants de Marolles, vota l'acquisition de 3 ares 50 centiares de terre à prendre dans une plus grande pièce appartenante M'"® Anceaume, moyennant le prix principal de 300 francs.
Mare du Vieux Chemin. — Le 3 août 1874, une nouvelle parcelle de quatre ares de terrain fut acquise de M. Lauvray pour la somme de 400 francs.
Dans ce terrain fut creusée une mare qui se trouve si*tuée sur le vieux chemin de Paris, à l'extrémité de Marolles, vers Goussainville.
Mare de Bécheret. — Le 10 février 1876, à la demande des habitants du hameau de Bécheret, un terrain de six ares a été vendu par M. de Senarmont, moyennant la somme de 240 francs dans le but d'y établir une mare communale.
Mare Neuve. — Kn 1892, la mare dite du Chemin-de- Germainville, qui se trouvait être dans le milieu du dit chemin, fut transportée en face dans une pièce de terre appartenante M. Egasse, qui consentit à en distraire une parcelle de dix ares seize centiares.
Les mares s'emplissent par les eaux qui coulent le long des chemins.
Il est regrettable qu'elles soient presque toutes contaminées par le purin provenant des cours à fumier.
Le 25 août 1858, le maire de Broué avait pris un arrêté municipal interdisant l'écoulement du purin sur la voie publique, mr.is il est resté depuis longtemps lettre morte *et les animaux domestiques n'ont pour boisson que cette eau dont l'odeur seule, surtout dans les mois d'été, est repoussante.