‹ Archives du diocèse de Chartres (volume 3)Chapitre 47 sur 55 · Marolles · texte numérisé non relu

Marolles

MaroUes est un hameau dont la population est presque égale à celle du chef-lieu de la commune.

Il est traversé par la route nationale n* 12 de Paris a Brest.

Dans le Cartulaire de Coulombs, il est mentionné sous le nom de Maroliœ dont Tétymologie nous indique la situation primitive de ce lieu Mara (palus, lacus, stagnum) Mar, Mœre dont nous avons (ail mare-olea, mis pour olca (osche, ousche), terre labourable entourée de fossés ou de haies.

Nous lisons ce qui suit dans Finventaire de Fabbaye de Coulombs.

« Raoul d'Uou a Hadulphus de Isloudo » fait don à « Fabbaye de Coulombs de la terre et seigneurie de Ma- « rolles avec le cens et la justice <k cum sanguine )s> et de la c( moitié des terres d'autour. — Une charte (ante an. 1102) « nous apprend que ce seigneur s^étant converti prit Fha- (( bit monastique et fit des donations importantes aux « lépreux de Beaulieu-4ès-Chartres. ))

<j[ 15!26. — Les religieux de Coulombs et les chanoines « de Meuug interjettent appel de la saisie du fief de Ma- « rolles, faite par le seigneur de Bû. »

c 1564. — Transaction entre la dame de Marottes et

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« Philippe Petit, acquéreur des bois de Broué, touchant a lesdits bois. j>

Qi 1575. — Aliënation du fiel et de 68 sois de censives a de Maroiles pour les subventions au roy par le clergé, k « condition de le tenir à foy et hommage de Tabbaye de a Coulombs. !>

(( 1660, — Les titres de la fabrique de Broué cona tiennent aussi deux passages concernant Maroiles : legs « d'un demi-arpent de terre situé à Maroiles, au lieu dit u le Palais, d'un bout la sente de Champagne audit Maa roUes, d'autre bout le grand chemin de Paris. »

(( 1680. — Transaction au sujet d'un arpent de terre au « terroir de Broué, lieu dit les Déserts, tenant d'un bout Ci le sentier tendant de Maroiles à Germainville. i>

Voici en quels termes M. Guillaume Maillier parle du hameau de Maroiles dans le vieux Mortuologe :

d Maroiles est aussy fort ancien d'habitation. Le sei- « gneur du lieu, nommé Simon d'Islou. ayant contribué € des premiers au bien de Téglise paroissiale dudict Broué, <c suivant une donation faicte par luy au moines de Couce lombs de la moitié de l'église et de la dixme, (arUe an. « 1102), son village de Maroiles a esté basty avant cette tf donation, ce quy se justifie par les tiltres quy sont aux <K registres et papiers tant de Tabbaye de Coulombs que a du chapitre de Meung, aux traictez où il y a : De Ma- « roliisl de dono Broeti. dont un se commence ainsy : Ego « .Simon de Islou(i).

<K Par ce mot église, on entend, comme il semble, le a droit de patronage pour Maroiles. et par la dixme, celle « dudict lieu i>.

tl) Voir le texte de cette donation, p. 60.

« Soit icy remarqué qu'il y a audict Mai;olIe5 deux fiefs. « un appelé neument (I). l'aultre, de la commuoauté. < Ce Simon d'Islou, seigneur des deux, retint pour soy le « neument et donna audicts moines de Coulombs la « moitié de celuy de la communaulc où il y a moyenne el « basse justice, cens, ventes et dixmes. »

» Lesd. moines, ensuite de ce don, y associèrent, comme « il a esté dict cy-dessus au traité de Broué, les chanoines « et chapitre de Meung. Lesquels abbé, moines de Cou- « lombs et chapitre de Meung perçoivent encore la moi-

ARiioiiues nés Céi.estins (2j

« tié des dixmes, el l'aullre moitié appartient aux PP. Ce-

(( lestins de Paris, seigneurs de la terre dudict Marotles.

« et y ont de plus les foins, pailles el paillons de la moilié

a quy est aux dîcls abbé, moines et chanoines, estant

« mesme iceux obli<rez d'engranger leur moitié de dixme

(Il Kief relevant ilifecteinent du sfignpur, i-nrrespondaiit nii mol ni'tuel iiii-propriétiiirp.

(2) Le sceau en cuivre, i|ui exisli- uiiroie, a élé n'niivt- par M. Maurice Rousseau dans la maison de Louis R}tasse, procureur liseal des

C^lesiins.

Chrminkr ijks Cklkstiss

382 BBOUÉ

a dans la maison seigneuriale desd. PP. Célestins quy « y fournissent la grange. — Plus lesd. sieurs abbé. a moines et chapitre de Meung ont aliéné leur droitz de (( justice, cens et ventes au seigneur d'Annet, à l'excep- « tion du prevosl de Germain ville, sixiesme officier « claustral dud. Coulombs^ quy y perçoit encore pour (K lesd. abbé et moines le quart des ventes de toutz les « biens en fond quy se vendent sur toutz les fiefs de lad. a communauté. »

c Soit icy remarqué que suivant Tassociation quy est « cy devant déclarée, faicte entre lesd. de Coulombs et a de Meung, les droictz de justice et les cens ainsy donnez « par led. seigneur de MaroUes, se perçoivent par l'abbé « et moines de Coulombs sur la moitié de la moitié dud . « fief de la communauté, et la vente de cette moitié est « encore perceue parleurs officiers, lesd. prevotz. quy est (( le quart sur le tout. »

« Pour la justice et les cens de cette moitié, lesd. abbé (c et moines les ont, comme dict est, aliénez au seigneur « d'Anet. Et les sieurs chanoines de Meung, en la perce sonne de leur doyen, ont aussy aliéné toutz leurs droicts (( de justice^ cens et ventes aud. seigneur d'Anet, de sorte « que lesd. sieurs^ tant de Coulombs que de Meung ne « possèdent plus aud. MaroUes que la moitié de dixme a aux charges cy dessus d'engranger, etc. et du quart de (( ventes que perçoit led. prevost sur tout ce quy apparie tient audict seigneur d'Anet audict Marolle. y>

« Le bien que lesd. PP. Célestins y ont et par eux « acquis depuis quelque temps est tel :

« Une maison seigneuriale au milieu du village ; 105 « arpents de terre, franche de dixme, avec la moitié des « dixmes audict MaroUes et aux environs, à partager « comme dict est. »

BRoufe 383

a U y a dans lad. maison seigneuriale une chapelle bien « bastie qùy a esté longtemps prophanée par les Hugue- <3C nots quy estoient seigneurs de la terre et quy Tont « vendue aux susd. PP. Célestins. ))

Cette chapelle fut détruite en i 867 . ainsi que la prison par M. Marais qui a fait également combler tous les fossés entourant la propriété.

Il ne reste de Tancienne propriété seigneuriale que le pavillon ci-dessous et les granges.

« Il y avoit du bien et revenu affecté par led. Simon « d'Islou. comme on Ta appris de tradition et par des (( tiltres quy estoient encore entre les mains de M. Nicolas a Duchesne, procureur de seigneurie aud. MaroUes en a I6()0 et Tavait bastie ; les quebs tiltres ont esté celez. On « y lisoit que le sieur curé de Broué y disoit toutz les a vendredis la messe, et il avoit pour ce, de fondation, « la treiziesme tonnelle de vin de toutes les terres quy « sont devers la garenne, planté pour lors en vigne, et le (( tiltre contenoit entre autre clause a quand la vigne est « bien taicte. »

« Cette donation ainsi faicte par led. seigneur de Mafi roUes ausd. moines de Coulombs, il arriva ensuite (( que le vénérable doyen, chanoines et chapitre de Meung « associèrent, comme seigneurs de Broué et Germaince ville, lesd. de Coulombs et en toute moitié à tout ce a qu'ils y possédoient, à la charge que lesd. de Coulombs ce feroient de mesme k leur endroict et dans lesd. lieux: « d'où est venu que Meung a partagé à Marolles et Couc lombs à Broué. »

M. Tournois de Bonnevallet nous expose ainsi qu'il suit La Tente de la seigneurie commune.

« La seigneurie commune de Broué qui appartenoit « au s** doyen de Meung sur Loire et celle de Germain-

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« ville, a été acquise dudît sieur doyen de Meung du con- « sentement du chapitre dudit Meung par M. Ghaillou, « seigneur de Mézières, par acte passé à Orléans le 15 (( mars 1728, et la seigneurie de Germainville qui appar- « tenoit à l'abbaye de Coulombs a pareillement esté ac- « quise par Tabbé et religieux de Coulombs par acte « passé à Nogent le 27 juin 1729, M. de Souche grand (( prévost de France et en 1772, cordon bleu qui étoit « acquéreur du chasteau de Mézières, vendit en 1758 la « terre de Mézières et se réserva les droits seigneuriaux (( de chasse. Il est ainsy seigneur de Broué et de Gerce mainville. »

« Vers le commencement de février 1783, M. Hey, sei- « gneur de Badonvilleet Broué, a échangé avec S. A. S. « le prince d'Anet un fief que M, Rey avait acheté à Bû « qui consiste à 10 arpents et M. le Prince lui adonné la (( seigneurie de Raville consistant toutte en le fief dudit « lieu et une ferme fort peu de chose et le logement et le « bois, de plus, vers le mesme temps. Sa Grandeur lui a « ceddé la seigneurie de MaroUes à lui en propre et tous « ses descendans dans le mesme estât. »

« A la sollicitation de M. Rey. m'ayant donné copie. « j'ay présenté une requeste suppliante a M^^ l'Archevêque « de Paris, régisseur des biens des Célestins de Paris où (( je luy demande pour les pauvres de MaroUes :

« r des aumônes pour lesdits pauvres :

« 2" une maison pour les loger ;

(( IV des sœurs grises pour les gouverner ;

(( V un supplément pour le maistre d'eschole de Broué

« pour montrer gratuitement aux pauvres de MaroUes, le

« tout à prendre sur les revenus des biens de MaroUes

(( appartenant auxdits Célestins. y>

« J*ai eu huit à dix jours après une réponse où M. TAr-

Pavillon des Célbstins.

BHOUÉ ( 775+15 (!,)

BROUÉ 387

« chevêque me mande qu'il aura égard à ma lettre, non « pas k tout, et qu'il n'est pas encore décidé si les biens n des Gélestins seront vendus. »

i< M. Rey a encore^ trois semaines après, envoyé en son « nom une seconde requeste pour appuyer la mienne « sans savoir la réussite. j>

(( Les Gélestins de Paris ont été renvoyés de leur com- « munauté. » (1)

Les biens de MaroUes furent confisqués et vendus comme biens nationaux .

La maison seigneuriale fut acquise par M. Breton, et rachetée en 1866 aux autres héritiers par M. Marais dans la famille de qui elle se trouve encore aujourd'hui.

Les terres ont été morcelées et vendues à un grand nombre de petits propriétaires.

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