Orvilliers
Orvilliers est une ferme située a 1500 mètres au sudouest de Broué.
C'était, dans l'origine, un (ief seigneurial auquel un chevalier appelé Urso a donné son nom Ursiim Villare.
Ce dernier mot en indique l'importance primitive : Villare, — Villula vel viculus decem aiit 12 domorum, seajamiliaram — petit bourg composé de 10 ou 12 maisons ou familles, appelé au moyen-âge V illois et Vilois, aujourd'hui hameau.
Ces mots, ville et villiers, jouent un grand rôle dans la formation des noms de Heux en France et appartiennent pour la plupart à l'époque carlovingienne de notre histoire.
Eure-et-Loir en compte 479, savoir : du mot Ville, 72 communes et 3:{2 hameaux : du mot Villiers, 21 communes et 54 hameaux.
En 1552. Orvilliers contenait deux seigneuries appelées Orvilliers-le-Grand et Orvilliers-le-Petit,
Guillaume Maillier le mentionne ainsi :
« Orvillier est une terre et seigneurie dans la paroisse a de Broué, au dedans toutefois des ressortz de la baroo- « nerie et cbastellenie de Chasteau-Neuf-en-Thymerais. « qui a droict de basse et moyenne justice. Droict aussy « de labellionné audict OrviUier. »
Le plus ancien seigneur d'OrviUiers que l'on connaisse est maistre Jean GoifBer.
Certains auteurs ont orthographié son nom CoilBs d'autres ont écrit Coiffiel. Il est certain, par les actes notariés que nous possédons, que ces orthographes sont erronées.
A rmoirirt DBS Letellieh u'Okvillikrs
Le 10 septembre t66ij, noustrouvons dans les archives de la ville de Dreux, comme marraine, haute et puissante dame Anne Marguerite de Vanelle, femme de messire Jean GoiHier. seigneur de Broué. Germainville. Moron> val, La Musse et Orvilliers. conseiller du roy en ses conseils et mestre ordinaire en sa chambre de Comptes à Paris.
La seigneurie d'OrviUiers fut vendue pour -22000 livres, par Jean CoifBer k Jacques Hacqueteau. escuier, sieur de Dixcomont et d'OrviUiers.
j Grand Orvilijers ek 1696.
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Cette vente eut lieu le 14 décembre lfi69.
M. Hacqueteau resta propriétaire d'Orvilliers jusqu'en
Le 28 novembre de la dite année, la seigneurie fut acquise par Jean Letellier « escuier, conseiller secrétaire du « roy. maison, couronne de France et de ses finances ».
Voici le texte de l'aveu fait à ce sujet par le nouveau propriétaire .
(( Du Roy nostre Souverain Seigneur » .
« Nous Jean Letellier . escuier, seigneur d^Oisonville, (( Dassy, la Pie, Champagne, Les Roquarts. des grand et (( petit Orvilliers, et du fief de Valaruen partie, conseiller « secrétaire du Roy, maison, couronne de France, et de ses (( finances, AD VOUONS.... en plain fief par une seule « foy et hommage, rachapt et cheval de service quant le « cas y eschoit suivant la coustume du ROY NOSTRE (( SOUVERAIN SEIGNEUR à cause de son chasteau et (( baronnie de Chasteauneuf en Thimerais, lesd. fiefs. « terres et seigneuries des grand et petit Orvilliers, à nous (( appartenant à cause de l'acquisition que nous en avons « faite de Jacques Hacqueteau, escuier,par contract passé « par devant Gallois et son compagnon, nottaires au châ- <( telet de Paris le vingt-huit novembre l'an mil six cens c< quatre-vingt-quatre, et en vertu de l'adjudication par « décret qui nous en a esté faitte conformément audict (( contract par le sieur Bailly de Chasteauneuf le vingt-sept « mars mil six cens quatre-vidgt-six. »
(( A cause duquel fief, terre et seigneurie du grand Or- « villiers, nous avons droit de justice moyenne et basse, de (( garenne et de chasse. »
ce Laquelle terre et seigneurie du grand Orvilliers con- <( siste en une maison et lieu seigneurial, avec deux paviU
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« Ions aux deuxcostez, cour devant, contenant un arpent « ou environ, fermée de murs, à l'entrée de laquelle cour « sont deux tourelles en une desquelles est une chapelle, dC derrière lequel manoir seigneurial, et en face d'iceluy ce est un grand jardin contenant deux arpents ou envice ron. »
« Item, un bois et garenne, joignant led. jardin, un ce petit canal entre deux, contenant ledit bois sept arpens ce ou environ, sionnez de fossez et de doubles bayes vives, « et joignant de touts bouts et costez aux terres labou-* ce râbles de laditte seigneurie. »
« Item, k costé dud. manoir seigneurial et jardin, est ce une basse-cour consistant en une maison pour le ferce mier, colombier à pied, escuries, grange à bled, grange ce à avoine, bergerie, porcherie, vacherie, fournil, remise ce de carrosse, celliers, grande mare à poisson, puits et ce pouUiers, le tout fermé de murs, contenant un arpent, « ou environ. »
ce Item, audevant de la cour dud. manoir seigneurial, et (( de la basse-cour est un grand pasturage fermé de fossez, « et planté d'arbres de différentes e^cces contenant trois ce arpens ou environ, joignant de touts bouts et costez aux « héritages de la seigneurie. »
« Item, une pièce de terre labourable située au bout dud . a bois^ contenant lad. pièce six arpens et demy ou envi-^ ce ron tenant aud. bois d'une part, d'autre part et d'un c< bout aux terres de la paroisse de la Chapelle de Foraince villiers, et d'aultre bout à la pièce cy après. »
ce Item, en une autre pièce de terre labourable contece nant cinquante-six arpents et demy tenant d'une part ce au terroir de lad. par. de la Chapelle d'autre part au ce sentier tendant d'Orvilliers à l'église de Broué, d'un ce bout au chemin tendant de la paroisse de Broué en
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(( celle de la Chapelle Forain villiers, et d'autre bout au pasce turage et bois ci-dessus déclarez. »
oc Item, de la dépendance dud. fief sont, et doivent « estre vingt arpens de terre ou environ détenus et occu- « pez par les héritiers ou ayans cause de Gabriel Dugast « par usurpation qui en a esté faite depuis longtemps sur « led. fief, ce qui est dénoncé à monsieur le Procureur « général du Roy pour se pourvoir contre les usurpa- « teurs et possesseurs s'il ainsi que bien soit. )>
« Et k l'égard du fief du petit Orvilliers il se consiste « en un arpent de terre labourable sur lequel estoit autre- « fois basty le manoir seigneurial dud. fief demoly il y « a long temps, ledit arpent de terre tenant d'un costé led. « bois, et garenne du grand Orvilliers, d'autre costé la « pièce de terre cy-après déclarée.
« Item en cinq arpens de terre labourable plantez (( darbres fruitiers et clos de fossez. tenans d'un costé à « l'arpent cy-dessus déclaré, d'autre costé nous advenant « h cause d'autre héritage à nous appartenant, d'un bout a au pasturage du grand Orvilliers, et d'autre bout à nous a mesme »
« Item en cinq quartiers de terre labourable liors et (( attenant aud. clos tenant d*un costé aux terres du grand « Orvilliers, d'autre costé au sentier tendant d'Orvillîers a {( Broué, d'un bout les réputant Jean Angiboust» et « d'autre bout en pointe. ))
« Lesquelles terres, fiefs et seigneuries, chapelle, niaî- « sons, cours, jardins, colombier, prez. terres, bois, juscr tices et autres droicts seigneuriaux, circonstances et dé- « pendances cy-dessus sont situez dans led. bailliage et or baronnie de Chasteauneuf en Thimerais, paroisse de « Broué. en laquelle la dite baronnie s'estend. nous apte partiennent et dépendent de nous, au moyen des acqui*
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« sitîons que nous en avons faites» ce que nous affirmons « et certifBons véritables, sans néantmoins que cela nous « puisse nuire ny prëjudicier» sauf à y augmenter ou di- « minuer si le cas y esche t, et avons signé de nostre (( seing manuel, fait aposer le cachet de nos armes. Fait (( double à Paris le dix-huitiesme jour du mois de juin « mil six cens quatre-vingt-six. o
Signé : Lktfllikb.
Au bas est écrit :
« Ketenu en la chambre des Comptes le présent adveu « et dénombrement et le semblable d'iceluy duement colce lationné, renvoyé au ballif de Chateauneuf en Thime- « rais ou son lieutenant pour être vérifié suivant et con- « formément à l'expédition de lad. chambre sur ce faite ce « jourd'huy dix-neuviesme juin mil six cent quatre-vingt- « six par nous conseiller du Roy auditeur ordinaire de ses « comptes soussigné. »
Signé : SuBTn,.
Le même acte porte encore les acquits des droits seigneuriaux dus par M. Letellier au seigneur de Badonville et au chapitre de Meung.
On y lit :
<( A Monsieur Lk Teijjkr.
(( Nous seigneur de Sainct-Liger^ Broué, Badonville et « autres lieux soubsigné confessons avoir resceu de Jean « Le Tellier, escuyer, seigneur des fiefs du grand et petit « Orvilliers. Dassi et Doisonville, conseiller secrétaire « du Roy, maison et couronne de France et de ses fi-
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a nances, les lots et saisines apartenant à nous à cause de
« nostre dit fief de Broué en ce qui nous en apartient des
ce héritages mentionnez au presant contract de quelles lots
« et ventes nous le tenons quite. Fait à Badon ville le dix-
<{ huict avril mil six cent quatre-vingt-cinq, lo
Signé : G*" Duman8KL-Sai?ît-Liger.
« Jay soubsigné curé de Broué confesse avoir receu « dudit sieur Letellier si devant dénommé au présent con- <( tract les ventes à moy deues à moytié avec M. de Saint- « Liger à prendre s.ur douze arpents de terres situées au a déserts du bois de Broué dont moytié appartient k mes- « sieurs du chapitre de Mungt dont le bail passé pour en (( recepvoir les dicts droits de vente. Dont ce quitte le « dit s' Le Tellier, faict le 2;V may 16SK). »
Signé : Aulet.
Avant de payer les droits susdits^ le sieur Letellier s'était rendu au château de Badonville pour prêter serment de fidélité à son suzerain.
Voici comment se passait cette cérémonie.
Le sieur Jean Le Tellier se transporta au devant de la principale porte et entrée du château de Badonville.
Là, il appela à trois différentes reprises, à haute voix et en ces termes :
(( Monseigneur de Badonville et de Saint-Liger, êtes- (( vous icy, ou gens pour vous qui aient pouvoir de nous (( recevoir en la foy et hommage et serment de fidélité que « nous sommes tenu de vous faire et prêter pour raison « des terres, fiefs et seigneuries des grand et petit OrvU- « liers, leurs circonstances et dépendances ainsy qu'ils
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(( nous sont eschus de Tacquisition que nous en avons « faite de M. Hacqueteau. »
Et le sieur Letellier (( s'estant mis teste nue et un genou « en terre, en un mot en tout devoir de vassal suivant la « coutume de Ghasteauneuf en Thimerais, il dit qu'il fai- « soit et prêtoit audit seigneur de Badonvilfe la foy et « hommage et serment de fidélité qu'il lui doit à cause (c d'iceux fiefs. »
Le 4 septembre 1703, Charles Letellier, fils de Jean^ hérita du domaine d'Orvilliers.
Il eut trois enfants :
r Charles-François Letellier qui devint chanoine de la collégiale de Vernon.
Il hérita du manoir seigneurial le 6 mars 1767 et y joignit^ à titre de droit d'aînesse» la portion de terrain située de chaque côté de l'allée conduisant à Broué^ désignée sous le nom de Vol du Chapon (1).
2* Urbain François Letellier qui hérita de son frère Charles.
3* Jeanne Elisabeth Françoise Letellier.
Urbain LeteUier, ^'^ fils de Charles eut deux enfants :
1" Charles-Louis-Auguste Letellier d'Orvilliers.
2* Marîe-Catherine-Françoise- Yvonne Letellier d'Orvilliers, veuve Gaspard.
Ces deux enfants conservèrent indivisément la propriété d'Orvilliers et le 19 floréal an IX, ils la vendirent k M. Billioux.
M. BîUioux fit démolir le château et défricher le bois.
La statue de la Vierge qui ornait la chapelle d'Orvilliers
(1) Cette mesure était tout à fait arbitraire, car elle comprenait l'étendue qu'un chapon pouvait parcourir en volant sans toucher terre.
a été rapportée procession nellement en l'église de Broué où on la voit encore.
La ferme d'Orvilliers et ses dépendances a été vendue par M. Billîoux a M. Thierrée en 1857.
Elle est aujourd'hui la propriété de M"' Pelletier-Thierrée dont le mari a apporté des améliorations considérables dans les bâtiments d'exploitation, dans la culture des terres et qui a consacré vingUsept années d'intelligente pratique agricole au perfectionnement de la race ovine dans la contrée .
Le colombier fut construit en I .'>()8 et réparé en 1896.
M. Pelletier lit percer un puits dans l'intérieur et élever un réservoir sous la charpente. Il a pu établir aiasi une canalisation d'eau qui transporte ce liquide si nécessaire à la vie. dans toutes les parties de la ferme.