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IV. — Climatologie, Météorologie

La température de la commune de Broué est semblable, à peu de chose près, à celle de Paris ; elle est assez variable et humide, mais saine.

Des observations météorologiques, faites depuis plusieurs années, donnent pour terme moyen de la plus grande chaleur 33 degrés centigrades, et du plus grand froid 15 degrés centigrades.

Le baromètre a oscillé entre 730 et 790 millimètres.

11 y a eu annuellement 150 jours de pluie en moyenne et les vents dominants étaient ceux du nord-ouest, du nord et du nord-est.

Voici quelques documents touchant cette question, que

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nous avons puisés dans les écrits laissés par M. Tournois de Bonnevallet.

« Le 18 mars I6(î7, jour de Tinhuniation de M. Gilles « Kgasse, officier pour le roy au haras de Saint-Léger, « il y eut grand froy et grande neige. »

Le cruel hiver de i709 se fit sentir à Broué comme dans toute la France. Il fut suivi d'une misère profonde pour le peuple à cause du manque de récoltes.

Les fermiers plus aisés étaient obligés de fournir de Targent ou des céréales à leurs compatriotes qui ne possédaient plus rien.

Témoins les faits suivants que nous extrayons du livre de comptes de M. Aulet, alors fermier à Badonville.

(( 1709. — Donné à Melville trente-six sols le jour qu'il a est arrivé à Badonville pour avoir du pain », ci. 1' 16*

« Plus, donné au père Marin 37 sols 6 dece niers pour avoir du pain, » ci 1' 17' 6**

a Plus, donné à Melville 15 sols encore pour a avoir du pain, » ci 15'

Plus loin, on lit :

(c J'ayprettéà plusieurs particuliers en Tannée 1709.

(c Premièrement, au cousin Jean Maillier, de MaroUes, « un minot (I) et demy d*orge du prix de 30 livres le oc septier (2), mesure de Houdan. »

ce Donné à Dieuzi, mon batteur, un minot d'orge du <c prix de 28 livres. j>

En 1745, M. Charpentier, curé de Broué, écrit ce qu suit :

a Le 4° jour de juillet 1745, le tonnerre tomba à 5

(1) Le minot est une ancienne mesure de capacité valant un peu plus de 39 litres.

(2) Le setier pour les grains valait 1 hectolitre 50, le setier pour le sel valait 2 hectolitres 08 litres.

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« heures du matin sur le clocher et fit beaucoup de doma mages, ce qui causa pour 500 livres de réparations.

Du 30 mars au 20 avril 1755 a la chaleur a été plus exa cessive que dans la canicule la plus chaude ; elle a été a suivie de tonnerres et de pluyes. »

a Le 1" may 1755 les vignes ont été gelées totalement ce comme le 29 may 1705 et le vin qui valoit 58 à 60 livres « la queue (l), est monté à 1 10 et 120 livres. »

« Le cidre étoit abondant et valoit 32 livres la queue. »

« Au mois d'aoust 1755, les bleds et les avoines ont « germé sur pied ».

a Depuis le P*" septembre jusqu'à la fin de décembre « 1755, il a toujours plu. »

Le 30 juillet I7(v4, à (i heures du soir a il a paru un a orage meslé d'affreux coups de tonnerre et d'éclairs et a degreslequîa fait de grands ravages. »

« Le vendredy 1 1 janvier 1771, il est tombé de la neige flc pendant toute la journée et toute la nuit en telle quan- « tité que de mémoire d'homme on n'en a point vu tant a sur la terre depuis 171 1. »

Jouan, vicaire d'Authon et curé de Sainville écrivait : a Les 2(),27 et 28 janvier 177(), l'hiver fut si rigoureux et le a froid était tellement entré dans les maisons, que la a sueur du bois qui brùloit dans le feu geloit au bout de i< la bûche, sans tomber. »

La même année, la Conie gela, ce qui, dit Simon Debeausse, ne s'était jamais vu.

« Vers le dix ou onze de janvier 1776, écrit M. Tourne nois de Bonnevallet, il tomba une grande quantité de a neige sur terre, qui resta pendant plus de quinze jours, a qui causa un si grand froy qu'on vit des puits gelés, les

(1 ; Futaille qui contenait un muid et demi ou 411 litres 70

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a boissons s écouler dans les celliers, le gibier trouvé « mort dans les champs et Thaleinne se geler dans la «c bouche des personnes et, au rapport de quelques sa- (( vants, l'hiver a été aussy rude que dans les pays les « plus septentrionaux tel que la Laponie. »

« Ce n^est que ver la fin de janvier que la neige cornet mença à fondre, ce qui fit dans les vallée, par le volume a d'eau énorme, un grand ravage dans les biens et a maisons. »

« Le jour de TAssomption de la même année il y a eu « un orage épouvantable accompagné de grel d'une grosce seur inouï qui depuis Germaînville et prenant par le (c bois de Broué à Marolles et Marchezaîs on abattue les « grains sur terre ce qui a été cause que les pauvre on a ramassé une très grande quantité de grain sur terre et « les on soulagé. »

a Les chaleurs ont été excessives et bouillantes, pence dant les mois de may, juin, juillet et aoust 1778. Moîs- <c son abondante. y>

a Le 27 février, mardy gras 1781, il est venu une si « grande tem peste dans notre canton que toutte la cou- (i verture d'église a été très endomagé, dont il a fallu au a moins 1500 thuile pour la racommoder. Dans plusieurs (c endroits la phoudre a renversé des granges et fait (( d'autres dégât si considérable que depuis si long on a n'a jaimais vu une pareille impétuosité de vent. »

(( Ny dans l'histoire ny dans les siècle les plus reculés u on vy jamais une année si remarquable que l'année (C de 1783. »

a Ver janvier arriva le fameux tremblement de terre ce qui a rendu toutte la province de Naples dans une sol- « litude aussy triste que la fin du monde. »

ce Mais le plus remarquable phénomène est celuy qui

« parut à la fin de may. On vit du côté de llaville à 'i « heures du soir paroître plusieurs longues bandes de lu- « mière qui ont été visible pendant plusieur jour avec « une claireté capable dy lire à sa lueur. Enfin depuis la « fin de may jusque presque la mi-d'aoùst, le soleil sans « interruption a été enveloppé d'un brouillard sec si épais « que apeinne pouvoit-on voir un homme à 20 pas. Les « jour étaient obscurcieet les nuits clairvoiante. Ce brouil- « lard ne mouilloit point pendant cette obscurité du so- « leil ; on n'entendoient que maladies et morts inombra- « bleraent. Cependant l'année a été féconde en grains cr excepté le vin et les fruits fort rares. »

a Aujourd'huy raercredy. II" jour de février 1784, la a neige depuis le commencement de décembre n'a pas « cessé de paroistre, mais depuis une espèce de dégel « de la ray-janvier, la neige a tombé avec tant d'a- « bondance qu'il y en a 2 pieds sur la terre. Jamais « homme vivant n'en a tant vu, car il y a des endroits où « il y en a 6, 8 et même 10 pieds de hauteur. »

« Depuis le dégel et la fonte des neiges, arrivés le 23 « février 1784, il n'est tombé delà pluie que la nuit du « mercredy 7 juillet et le jeudy 8 toute la journée. Depuis « ce temps-là, il n'a plu que le dimanche 22 aoust. »

« Les chaleurs ont été bouillantes et excessives ; la « moisson précoce et prématurée : il a fallu arracher les a blés tr.nt ils étaient petits et les avoines aussy. »

« La récolte du bled a encore été passable, mais il n'y « a pas eu de mars et la disette de paille a fait monter le « foin à un prix exhorbitant. Les laboureurs ont diminué « le nombre de leurs bestiaux et les ont vendus à bas prix. » « En 1785, la moisson a été pluvieuse à tel point que a les bleds n'ont pu être coupez et ont été crochetez « comme des pois. »

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a Le mardy 31 octobre 1786, il a neigé tout la journée « comme en 1640. »

Le 24 juillet 1808, au cours d'un violent orage qui a éclaté sur la commune de Broué, la foudre a frappé le clocher de l'église du côté du couchant et y a fait des dégâts assez considérables (1).

Au mois de juin 1839, toutes les récoltes furent détruites par la grêle. Les dégâts furent estimés à 102 826 francs 86 centimes et la commune reçut un secours de 3476 francs.

La sécheresse a toujours été un fléau pour les habitants de la commune de Broué à cause du manque d'eau.

Un arrêté municipal du 29 thermidor an VIII, pris sur la demande des cultivateurs, interdisait de lever les avoines avant dix jours.

En 1858, la commune ayant eu à subir une nouvelle sécheresse, le maire dut prendre l'arrêté suivant :

« Le Maire de la commune de Broué.

ce Vu les dispositions de la loi des 16 et 24 août 1790 et a celles des lois des 28 septembre et 6 octobre 1791 et « celles de la loi du 18 juillet 1837.

ce Considérant que par suite d'une longue sécheresse ce les mares publiques de la commune de Broué sont « presque entièrement à sec, et qu'il est urgent de prendre « des mesures de sûreté dans la crainte qu'il ne sur- « vienne quelqu'incendie. »

Arrête :

a Art. l®^ — Tout habitant de la commune de Broué a est tenu de placera là porte extérieure de sa maison, un ce vase plein d eau de la capacité de deux hectolitres et de « l'entretenir ainsi tant que durera la sécheresse. »

(1) Lettre dr M, Dajçron à sim (ils Guillaume, soldat en P^spagne.

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« Art. '2. — Ces vases seront remplis et renouvelés a avec de Teau tirée des puits ou des mares particulières. »

a Art. 3. — Le garde-champètre est chargé de lexécua tien du présent arrêté qui sera soumis à l'approbation a de M. le Préfet. »

A Broué, le 10 août 1858.

Le Maire, Signé : A. Legrand.

Plusieurs fois encore depuis cette époque, quand la sécheresse se faisait trop vivement sentir, les maires prirent des arrêtés interdisant l'emploi de Teaudes mares à d'autres usages que celui de labreuvement des bestiaux.

Le village de Broué, probablement à cause de sa proéminence au-dessus de la plaine environnante, semble être assez souvent touché par le feu du ciel.

Indépendamment des cas énoncés ci-dessus, on cite la chute de la foudre sur un arbre du Jeu de Paume, sur la grange de M. E. Egasse, sur celle de M. Bcauvais et enfin en 18î)5 sur la meule de grain de M. Louis Egasse, qui fut entièrement consumée.

Toutes les fois, cependant, les dégâts ont été j)urement matériels et on ne cite aucun accident de personnes.

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