ÉGLISE DE NOTRE DAME-DU-PASME
cupé et profané par des fours à salpêtre (1) î nous n'avons aucun indice.
Parmi les tableaux, il faut signaler celui qui se présente à rentrée latérale de l'église : une Vierge tenant son enfant, copie d'un maitre italien. Le cadre est richement découpé. Plus loin, au-dessus du confessionnal , un Cbrist en croix de Técole de Rubens. Plua loin encore, la Vierge allaitant son nbuveau-né pmdant la visite des bergers, et d'une main pudique se couvrant la poitrine. Mais une retouche mal inspirée a voilé le sein de la pieuse mère dont le geste ne garde plus sa raiison d*étre.
Puis, autour des basses nefs et aux autels latéraux, des cadres ovales où l'on remarque sainte Thérèse, saint François de Sales, sainte Marie-Madeleinei saint Louis, roi de France, sainte Cécile, Tarchet en main, saint Jean l'évangéliste, la Vierge et son Enfant, sainte Geneviève filant sa quenouille, saint Jean-Baptiste et TAgneau de Dieu. Ce ne sont que des copies, plusieurs ont du mérite.
Le chemin de croix en plastique et bois bronxé a été érigé le 6 novembre 1853. Le relief en est très frappant et les scènes de la Passion bien composées favorisent l'émotion religieuse.
De même une sainte Face avec son encadrement de prix en chêne sculpté..
. Cinq fenêtres seulement sont garnies de vitraux peints : troM
fl) Ce» fours à salpêtre dtaient établis, l'un sur l'omplacement du maitre- •Utel, l'autre dans la chapelle Saint-Jacques. Les débris du premier sont caché* toiM remmarehement du unctuaire ainsi que des reste* de •tatues en pierre trouvi'^f"; <; us ! ancien pTviL;ccn 1807. Ces statues mutile'eis avaient des traces de peintures et de dorures. On pouvait encore reconnaître un aaint Michel, uoe sainte Elisabeth de Hong rie, une sainte Catherine, nn saint Roch. (Registre paroissial de 1867. 'i
11 est question de la chapelle Saint-Jacques dans un mémoire présenté par Guillaume Aumont menuisier à Tréon pourtravaux exécutés dans l'église et qui se montaient à la somme de 18<> livres. Les registres de la paroisse n'en lont pas d'autre mention. Faisait-elle face à celle de l'enfsnt Jésus?
L'établissement des fours à salpêtre a sans doute préservé l'église d'une autre profanation ; car, d'après la note suivante, Tautel de la déesse Raison aurait (?tc< élevé en dehors de la ville
* £n 1803. avec une quête faite dans la ville, on a fait faire le Calvaire qui « existe aujourd'hui. La place en avait été profanée* par l'autel de la prë- « tendue Raison de 1 anarchie républicaine qb'on j avait dressé auparat vant. * (L'abbé Roger.)
DE CBATBA.mi£UF KN TBTMBRAIS
dans le sanctuaire, TAssomptiont saint Joseph et sainte Anne. La facture de l'Assomption laisse beaucoup à désii^r.
A la chapelle de la Vierge, un quadrilobe encadré de grisaille offre aux regards la scène de la Présentation de Marie : œuvre soignée et d'un dessin touchant de l'artiste chartrain M. Lorin.
A la chapelle du Sacré«Cœur, c'est le crucifiement surmonté de la figure du Père Éternel et de la colombe symbolique. Aux pieds de Notre-Seigneur, Longin donnant le coup de lance, la sainte Vierge, sainte Madeleine, saint Jean TEvangéltste, le Pape qui tient la croix k triple branche et le calice, la Synagogue avec sa couronne qui tombe et son sceptre qui se brise, la Gentilité figurée par un Arabe et une pauvre servante forment un groupe bien vivant. C'est superbe de coloris, mais un peu complexe comme tableau pour l'esprit des simples fidèles.
M0BIL1£R DE L ÉGLISB
Les stalles du clergé agrémentées de moulures en application, les grilles en bois découpé qui sont à rentrée du chœur et des deux chapelles principales, les sièges fixes des clercs datent de 1840 et 1841 ; c'est l'œuvre d'un ancien vicaire de la paroisse, M. l'abbé Benoist qui témoigna d'un réel talent dans tous ces travaux. Un ancien patron de menuiserie, M. Lucas» marguillier» lui prétait son concours.
lia plupart des bancs remontent à l'année 1808 et se recommandent uniquement par leur propreté. La pénurie des débuts ne permettait pas d'y apporter plus de luxe : mais on avait visé au solide, car les restaurations exécutées depuis cette époque ne furent jamais importantes, sauf pour les parquets qu'on a renouvelés.
En 1856 eut lieu le dallage de la grande nef où les ouvriers découvrirent beaucoup de fosses et d'ossements qui furent laissés en place.
Nous trouvons en effet mention de nombreuses sépultures dans l'intérieur de l'église.
ÉGLISE DE NOTRE-DAJiS-I>D-PASlie
19 avril H'A2, sépulture en l Yglise de X.-D. du Pas de ClKUeauneuf de maître André Croysilles, cure de Châteauncuf depuis le 5 may 1(K>2 : H septembre 1(>17, sépulture dans le chœur de M. Séverin Leblond. vicaire.
f Le jeudy î) febvrier l(i34, a esté inhumé en 1 église de Chateauneuf messire Jacques Chevalier, curé dudit iieu et auparavant curé de Thimer. »> C'est à ce prêtre sans doute que l'on doit la construction de l'église actuelle.
Près de la chapelle du Sacré-Cieur. on voit encore un«^ pierre tombale dont l'inscription est malheureusement eftacee. On y lit une date. 1()42, un nom qu'on croit être Fillon. Rien de plus. Serait-ce la sépulture de .Marie Fillon, épouse de Abel Huet. procureur du roy en l'élection et advocat au parlement de Paris, qui fit baptiser ses enfants en l'église de Chàteauneuf, savoir Jacqueline le 15 juillet 1627 ; François le 2 juillet 16^ et Anthooie le 8 octobre 16'iO. et qui ne paraît plus après \&i2.
Le 25 mai KiSôfut inhumée dans le chi^ur Adrienne Olivier, vivante veuve de defïunt Messire Claude lîoileau, conseiller et procureur du roy tant au bailliage qu'en la maréchaussée de cette ville, << décédée dans l'odeur d'une grande piété et charité envers les pauvre» qui i'ont regrettée comme des enfants font de leur mère ».
De même dans le chœur de l'église furent également inhumés Claude lioilleau, veuve de Jean Antoine de Saint-Denis, sieur du Breuil, etc., le 5 novembre 1678 ; Marie Horeau, veuve de Germain Boudet, sieur de Groslière. le 3 janvier 1684 ; François Claude de Saint-Denis, écuyer avocat, le 3 juin 1685; François Gasteclou, chapelain de la Charité de cette ville, le 3 décembre 1693; Marguerite de Paris, veuve du sieur de Groslière, le 23 mai 1604; François Guyet, curé de Faverolles, le 9 septembre 1724 : Geneviève de Vilette. le 10 mai 172.) et son époux, Jean-Baptiste Pigousse, le 21 juillet 1731 ; Christin Françoisde Gravelle écuyer, le 15 avril 1758 et François^Philippe-Guitlaume de Gravelle écuyer, le 24 février 1 772.
Dans la chapelle du Saint-Hosaire reposent Antoine Cabasse, écuyer, sieur de Sainte-Cécile^ décédé le ii août 1687 ; Marie-
DB CHATBAtmEUF EN THYMBRAIS
Anne-Louise Hegnier, veuve de Jean-Franrois de Thiculin, écuyer. sicur de Saint- Vincent, le 22 juin 1755 et Marie-l'ierre Régnier, écuyer. seigneur de la Saussaye et d'Etheuville, le 11 juillet 1757: Marie-Gelonne de Bonnechose, épouse de Louis Hibot. sieur d'Avnlly, écuver. le 27 février 1761.
Enfin dans l'église reçurent la sépulture Marie de B^etini^^o, femme de Paul Beurrier, sieur de Cougnay, le 5 août iOCyH ; Gabrtel Lepelletier, situr dos F-andes, le 19 octobre 1670 ; Louise Theuvy, femme de M. de Sansavoir, écuyer. sieur de Reignac, le 9 septembre 1724 ; Charles de B cu---^ in chevalier, seigneur de Soret, le 20 décembre 1729; Philippe Cnouen. sieur de la Motte, le 29 septembre 1734; François-Guillaume Dreux, vicaire de de Thimer, maître es-arts et gradué de l'université de Paris, le 27 avril 1741 ; Pierre Richard du Fay, écuyer, seigneur dt» Courtemanche, le 14 mars 1745 et Charli^tte-Marie d'Fpina3% veuve de Charles Marc Antoine de Paris, chevalier, seigneur, de Bois Houvray. le '21 octobre 1772.
La chaire à prêcher en style Louis XV vient, comme le tableau de la Résurrection, de l'abbaye de Saint- Vincent. I,es sculptures rapportées qui entourent la cuve disent peu de chose comparées aux festons qui descendent du baldaquin. Ces guirlandes de roses feuillées en plein bois de chône sont de toute beauté. La croix, au sonunet, est remplacée par le pélican qui donne son sang à ses peiiU.
S Lii plombant la porte royale, le buffet d'orgue est appuyé sur une Liibuae très légère, très élégante, dont les boiseries sont finement ajourées.
De chaque côté du sanctuaire, des crédences Louis XV, celle de gauche surtout, digne d attention pour le caractère distmgué de son style et le fini du détail.
A l'entrécdu ch<eur pcnJ un lUstre Louis XV len cuivre doré, pièce magnihque offerte par un généreux donateur (1 ) : elle ornerait superbement un salon aristocratique, mais il lui manque les proportions voulues pour une grande église. Quatre sirènes jouant
(1) M. Pierre, maire dt- ChÂteauncuf, qui a doaoé égalemeot le tableau placé à l'eatrée de f église.
16 ÉGLiSb: DE CUATtAUNbL'P
du lath et posées dos à dos servent de point d'appui central aux branches qui s'écartent en rayonnant pour supporter les bougies.
La lampe du sanctuaire rappelle le souvenir de M. Tabbé Roger, mort curé de Cbàteauneuf, fin décembre 1829. Il y a fait graver cette inscription :
Ex VOTO DoMJNI PaSIORIS KoGfiH PRO RED1TU RBLIGIONIS ET ORDINIS 1815.
N'oublions pas de mentionner ici le don de Charles Leguay (1), prèii L , ancien cure de ChAteauneuf, qui, par son testament olographe du 30 janvier 1707, léguait à son église sa chapelle composée d un calice en argent, plat et burettes et six ornements complets.
L église devait encore posséder des reliquaires pour renfermer des reliques qui lui avaient été données en ^Ih'A. Voici le procès-verbal de la relation qui en fut faite alors : « L'an ^7o^^, le 15 juillet, avons, les deux paroisses de Chàteauneuf et de Thimert. chacune sous leurs bannières, accompagnées de leur clergé, des frères de In confrérie dudit ChAteauneuf en torches, de dix-huit demoiselles en religieuses chantant des cantiques, de huit anges destinés pour porter les châsses et suivis d'une grande aflluence des peuples, le tambour battant, fait la cérémonie de la translation des reliques des saints martyrs Justin, Jucundin. Réparât et de sainte Vérécunde. en partant proccssionnellement de la chapelle de Saint-Thomas où on chanta solennellement les vêpres, pour nous rendre d'abord dans cette église où en entrant, au son des clociics, on entonna le Te Deum pendant lequel et après l'encensenient. on déposa, du côté de l'Evangile, la cliAsse des reliques de saint Jucundin, et du côté de l'épître celle des reliques de sainte Vérécunde et d où nous partîmes après avoir chanté l'antienne, le verset et l'oraison des saints martyrs et avoir rendu nos devoirs aux samtes reliques, pour nous rendre dans le même ordre dans 1 église de Notre- Dame dudit Chàteauneuf y déposer avec les mêmes cérémonies
(i) Ce prêtre jouissait d'une pension de 8(kj hvrm sur l'évédié de Péri-
piicux itccordér pnr brevet du roy le ïi dt'ccnibr»- IT.M rt de 500 livres sur l'abbayc de Saint-Vinci nt de Metz par brevet du roy du 26 novembre 1732
SCEAU DR U&HVAiS DE CHATEAUNbUK d'après Torigiiial. d'après GAicniKitKg.
FORTERESSE DE CHATEAUNfiUF d'après Le Kuthui'.
SCBA.U DE LA CHATKLLBNIB 1 d^apria l'original.
ÉGLISE DB CHAlIbLUMBOF IM TBYMfiRAtS.
CHATBAUNBOP
d'apria GaiomiAmm.
iCLlSB DE MOTRfc-DAMB^DU'PÂSMB
les reliques des saints Justin et Réparai. Signé : Leprinxe, vicaire, l'abbé DESMAUfc r/. Vf Al\ curé, PÉAN. >>
« Ct'S reliques tirées du cimetière de Sainte -Priscille etdonru'es par M" le cardinal Guadai;nv. évèque H** l usouliim et x icaire général de S. S., et les dites saintes rt i<i!ii s seront et demeureront désormais exposûes dans l'église paroissiale de ChAteauneuf à la vénération des fidèles ainsi que celles de saint Jucunde et de sainte Vérécunde dans l'église de Thimert.
LsvASSORT, curé.
Clochbs
On en comptait 3 avant la Révolution Celles que le beflfroi de la tour possède aujourd'hui datent du siècle dernier, »» Voici les procès-verbaux de leur baptême.
i. — L an mil nuit cent neuf, le quatrième jDur de mai, par nous Pierre Nocl Roger, curé de cette paroisse, a été bénie la cloche de cette église sous le.s noms de Jr,iniu-l-'r;iiu;nise. Le parrain a été M. François Philippe Croisnu Desmaisons, officier de la ci-devant élection de cette ville : la marraine. D' Jeanne- Nicole Blochet, épouse de feu sieur Louis Clouet, procureur du Roy de la ci-devant muitnse.
Ladite cloche a été reconnue peser douze cent livres. Le tout fait et constaté en présence de MM. Antoine P'orest, juge de paix du canton de ChAteauneuf et premier marL,'uillier de cette éc^lise, Louis Cahanin et Guillaume t oucher ausssi marguillici s, tous de cette Ville et paroisse qui. avec M, Louis Hurel, vicaire de cette paroisse, et nous Pierre Noél Roger, curé, ont signé le présent acte les jour et an que dessus à Chàteauneuf.
f. Blochet, v. Clouet. Ror.Fri, Croisnu Desmaison-s curé de C/iâ/"'.
Cette cloche, la seule qui était restée à la paroisse, pesait H15 livres ; elle fut cassée en 18)8 D oà nécessité de la refondre (1), elle pèse aujourd hui 1217 livres.
(1) En 1859. quand on voulut agrandir le presbytère, en creusant les fondations do lii ctiif^ifn», on mit au jour des scories d'airain et diHc'rents indices montrant qu'en cet endroit, à une époque inconnue, il jr avait eu fonte de cloche».
I>S CHATEAUMBUr EN THYMERAIS
Elle porte l'inscription suivante :
« En avril 1809, j*ai été bénite par M. Pierre-Nocl Roger curé. J'ai été nommée Jeanne-Françoise par M. François Philippe Croisnu Desmaison et M"" JeaDne'Nicole Blochet. V'" de M.Qouet M. Jean-Jacques Moisy maire, MM. Antoine Forest, Louis Cahanin et Guillaume Foucher, marguilliers.
Les Thériot frères m ont faite. Christ en Croix, Viciée mère sceptre à la maîn et sainte Jeanne de Valois.
2 — L*an mil huit cent vingt- cinq, le treize d4cembre, par nous, Pierre>Noël Roger, curé de Chàteauneuf soussigné a été bénie sous le nom de Owoline la 2^ cloche du clocher. Elle a été faite à Paris par le s' Osmond Dubois, maître fondeur au Grelot d*or, rue Saint-Martin , n»47. laquelle a été reconnue avoir le poids de huit cent trente-six hvrcs qu'il a fournie, à 33 sols la livre. Il a aussi fait et fourni le battant pesant 25 livres au même prix que le métal. Le parrain a été Nicolas-Théodore \' ictor Martin, jeune, maire de cette ville. La marraine D« Françoise-Julitte Clouet Desperruches, épouse de M' Jean-Fiaptiste le Pelletier la Ridouiierie. Ladite cloche a été payée amsi qu'il suit : par M"" feue Anne Elisabeth Rousseau, de M' Croisnu Desmaisons par les mains de M' Mathon, son neveu, la somme de huit cents francs : par M. Roger, curé de cette paroisse ci-dessus nommé la somme de cinq cents francs, et le restant ainsi que tous les frais pour le placement de ladite cloche, avec les deniers de la Fabrique. Le tout arrêté par M" Favé, Martm et Lucas marguilliers en charge Et M' le curé ainsi que M' Mathon, président du conseil, ont signé le présent procès-verbal
Martin, fils aisné, Lucas, Mathon, Përdkeau Favà, RoGKR, adjoint, curé de Chàieauneaf.
Voici l'inscription qu'elle porte :
« L an ISITi, j ai été bénie par Pierre-Noël Roger, curé de Chàteauneuf, et nommée Caroline par Nicolas-Théodore-Victor
Ê6LTSB DE WOTIIB-DAMB'DU>PAS»tE
Martin, maire (ie la ville, et Françoise .Fulie, f' Clouet des Perruches, marraine, épouse de Jean-Raptiste-A' le Pelletier la Bidouderie, assistée de M" Favé. Lucas, Martin, aisné.
J*ai été fnite par Osmond, maître fondeur à Paris.
4 fleurs de lis. Le Christ en croix, la Vierge-mère avec sceptre et diadème, saint Nicolas, saint François d'Assise, tenant le livre de sa règle et un chapelet.
Sacristies.
La plus grande, élevée en 1629, agrandie en 1817 est au nord. Elle a pour principal mérite d'être vaste et de posséder une porte massive remontant à l'époque première de Ja constructioni qui ouvre, à l'extérieur, sur le cimetière.
Celle des enfants de chœur (1). plus petite, se trouve au midi, engagée dans l'angle formé par le sanctuaire et le chevet de la chapelle de la Vierge. Eclairée par deux grisailles, elle est toute tapissée de placards pour recevoir le linge et les fleurs, avec une entrée donnant sur la rue. *
.Du côté opposé, l'espace correspondant est occupé par un appenti fermé où l'on abrite le matériel de l'église.
£XTÉRIBUR DU MONUMENT.
Les murs sont construits en moellons de silex et coupés, à intervalles égaux, par des cordons en brique. Les contreforts peu saillants offinent des assises alternées de grison ferrugineux.
Une suite de cinq pignons se profile, <l*un côté, en bordure sur la rue, de Tautre aur le cimetière. Chacun d'eux est percé d'une fenêtre large, haute, spacieuse par où le jour pénètre abondamment.
Le constructeur paraît avoir eu souci d'agrémenter davantage la façade qui s'étend le long de la voie publique. Témoins les dessins variés de la maçonnerie, les pieds-droits de la petite porte d'entrée, son cintre surbaissé en anse de panier, et les
(1) Elle date de ISâT-ISOB et Ait construite par M. Coince en mime temps i^iM r«b«i<te.
DB CHATBAONEDF BN TBTHBUAIS
ouvertures aujourd'hui aveuglées qui permettaient d'éclairer les combles de chaque fronton. Rien de tel sur le cimetière.
La tour, depuis qu elle existe, ajoute encore un charme pour l'oeii. par la régularité de sa construction, par Theureus mélange de la pierre et de la brique, par son élancement et ses proportions harmonieuses. Elle est nettement ogivale.
Sur le devant, à Touest, figurent les armes de la ville, mais non surmontées de la couronne urbaine. Le curé constructeur voulut ainsi fair« connaître « que ce n'était ni par les soins, ni avec le concours pécuniaire de la municipalité que Tœuvre avait été menée À bien. » (Registre paroissial, note de M. Coince, 1865.)
Cet écusson d'ailleurs se rapproche d'une manière sensible des armoiries adoptées officiellement par la cbAtellenie de ChAteauneuf, elles-mêmes inspirées par celles des anciens seigneurs. En effet' Técusson de Gervais de ChAteauneuf, pendant à une charte . de 1221, conservé aux archives nationales et dessiné par Gaignières (Mss. 5185. *. p. 184), représente une curieuse forteresse composée d'un donjon central c»itouré d'un rempart crénelé soutenu par des tourelles. En avant une porte accostée de deux tours donnait entrée dans l'enceinte.
Le 3* modèle est la copie, un peu trop infidèle, publiée dans l'almanach Le Botrou,
Le sceau de la chAtellente, daté de 1485, reproduit cette porte surmontée de Técusson de France entre les deux tours.
ClUBTlèllB.
Le cimetière est encore attenant à l'église, ce qui favorise le culte des paroissiens pour leurs morts. Au milieu des monuments somptueux qui s'y multiplient, on a peine à découvrir la tombe de M. l'abbé Roger. Elle est surmontée d'une modeste croix de pierre, de deux pieds de haut, sur laquelle est gravé son nom. Vu les immenses services qu'il a rendus au pays pendant près de trente années à la suite du Concordat, il méritait une sépulture plus honorable.
On pénétrait autrefois du cimetière dans Téglise par une porte iatérale murée depuis longtemps, auprès de laquelle, à Tinté»