DU GROUPE DES TAPEIMTES
DE LA 1-ASIILLE DES CEKAMBYCIDES (LONGICOKXES).
1" Avril 18Ô7.
l. PARTIE HISTORIQUE.
Le genre Tapeina fut fondé par Serville, en 1825, dans l'Encyclopédie méthodique, T. 10, p. 545. Cet entomologiste en décrivit quatre espèces, savoir : T. dispar, bicolnr, coronula el liica. il en signala également une cinquième sous le nom de planifions, existant dans la collection Dejean.
En 1832, M. Gray appela ce genre, mais sans en donner les caractères, du nom iV Eunjceplnhis, dans le Règne animal anglais. Vol. 15, p. 119. Je ne puis donc le citer ici que sous J)énéficc d'inventaire. 11 figura aussi une espèce à huiuelle il imposa le nom de Xigcr (loc. cit. pi. (55, fig. 5), mais également sans la décrire.
Le comte Dejean, dans son catalogue, signale deu\ espèces seulement, les 'J'apeina dispar vl plunifrons.
Sur les quatre espèces créées par Serville , deux seulement me paraissent être distinctes. T. bicnlor n'est que la ? de 7. dispar. et T. picea est évidemment le petit développement de 7'. cnvnnata. V Eiirycfphulus nign\ Gray, est identique avec cette dernière. Je décris aujourdliui deux espèces nouvelles de Tnfieina, dont l'une est originaire du Mexi([ue, l'autre de Cayenne.
hO ARCHlVliS
La plaque céplialodosmique des Tapeina s , dont on ne connaît point l'usage, est le caractère le plus important de ces insectes. Or celle-ci variant de forme dans chaque espèce, et étant le seul caractère véritablement saillant qui les distingue, il est regrettable que Serville n'ait pas donné aux espèces qu'il a décrites des noms plus significatifs.
Un autre caractère , presque aussi remarquable , est le point d'insertion des antennes chez les c? , qui se trouve à la surface interne de la plaque céphalodesniique, environ à distance égale entre les yeux et l'extrémité de la première, tandis qu'elle a lieu d'une manière normale chez les ? . Il résulte de cette conformation, que les yeux des c? sont entiers, arrondis, et ceux des $ échancrés. Cette différence dans l'insertion des antennes, qui change ainsi la conformation des yeux chez les deux sexes, est excessivement curieuse, d'autant plus que c'est rarement un caractère sexuel.
La forme déprimée et aplatie des Tapeinites ferait croire qu'elles vivent sous les écorces, comme les Cumjus, les Parandra,
etc ; il n'en est cependant pas ainsi. D'après M. Chabrillac,
qui a pris un grand nombre de ces insectes sur les hauteurs qui dominent Rio-Janeiro , toutes les espèces sont assez agiles, vivent sur les feuilles d'arbre dont elles se nourrissent, se tiennent au-dessous de celles-ci pendant la journée, et ne volent que la nuit. On les prend au mois de février, à l'époque où la plupart des Coléoptères commencent à disparaître.
il serait difficile, dans l'état actuel de la classification des Cérambycides , d'assigner aux Tapeinites une place autre que parmi les Lamiites.
J'ai pu étudier plus de cinquante individus de ces insectes dans les collections de MM. le comte de Muiszech, Ciiabrillac, Buquet et dans la mienne.
lîMOMOJ.OGIQlJES. !\l