CATHEDRALE DE BEAUVAIS
ORIGINE de Béthunc est ignorée et les chroniques ecclésiastiques sont les plus anciens documents où il soit fait mention de ce lieu. Ces chroniques nous enseignent que, dans les premières années du VP siècle , l'apôtre St-Vaast prêcha TEvangile à Béthune et y bâtit une église sous l'invocation de la Vierge.
Cette ville était possédée , au X' siècle , par Robert Fasceus, avoué de Saint-Vaast , qui fut la lige de
l'illustre maison de Bëthune. Fasceus fonda la collégiale de Saint- Bai'thélemy en 999 et lui accorda « Vë- » glise de Locon avec la disme de plusieurs sortes de » bestes que l'on nourrissoit en la forest à'Aslone; » une charrue de terre, au lieu nommé Nuet, pour » le labour de quatre hommes ; et une brasserie à » faire la bière, breuvage ordinaire de tout le pays '. »
Les sires de Bëthune sont célèbres. Les annales des croisades et des longues guerres du moyen-âge parlent de leurs brillants exploits. La cour des sires de Bëthune fut long-temps l'une des plus brillantes des pays d'iVrtois et de Flandre ; ils faisaient battre monnaie à leur coin et l'on citait au loin leur puissance. Leur château de Bëthune était flanqué de quatre grosses tours. Ce fut sous sa protection que s'éleva la collégiale de Saint- Barthélémy, desservie par un prévôt et par vingt-quatre chanoines, outre les chapelains. La ville avait cinq portes , et sept tours défendaient son enceinte. Bëthune possédait , en outre , une halle ëchevinale , construction du XIIP siècle ; un beffroi ; une halle aux draps ; plusieurs églises et de nombreux monastères.
11 est question des Échevins de Bëthune dès l'année 1202 ; le document qui en fournit le témoignage fait partie du recueil de Duchesne. L'institution de l'échevinage fut donc antérieure à la première charte communale que Guillaume-le-Roux , sire de Bëthune ,
' (Histoire de la maison de Bëthune , par Ducheske.)
concéda aux habitants le 10 octobre 1210. Voici la traduction de cette charte dont les dispositions sont peu connues : « Que tous ceux à qui le présent écrit » parviendra sachent que moi Guillaume , avoué d'Ar- » ras, sire de Béthune et de Tenremonde, j'ai con- » cédé à mes échevins et bourgeois de Béthune , et à » toute la ville , que jamais ni moi ni mon héritier » ne pourrons les soumettre à la puissance ou à la » loi d'une autre ville, ni abandonner la leur pour » nos dettes ou celles d'autrui , ce que j'ai accordé » à la prière de tous mes hommes de la terre de Bé- » thune telle que je l'ai recueillie de mon père. Je » leur ai aussi concédé tous les pâturages adjacents à » la ville de Béthune , à l'usage de la communauté n des habitants , selon la reconnaissance qu'en feront )) les échevins sous leur serment. Mais le besum de )) Ricard et toute la contenance comprise entre les M fossés dits Jean d' Annezin resteront ma propriété.